La commission de l’éducation, de la formation professionnelle, de la recherche scientifique, de la jeunesse et des sports relevant de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a tenu, jeudi 16 avril 2026, une séance d’audition consacrée à deux propositions de loi portant respectivement sur l’organisation des établissements éducatifs privés et sur le renforcement de l’usage de la langue anglaise en Tunisie.
La réunion s’est déroulée en présence du président de la commission, Abderrazek Aouidat, ainsi que de plusieurs députés et représentants des parties à l’initiative des deux textes.
Vers un nouveau cadre pour les établissements privés
Lors de la première partie de la séance, les initiateurs de la proposition de loi relative aux établissements éducatifs privés ont plaidé pour l’abrogation du décret n°486 de 2008, jugé inadapté aux évolutions du secteur.
Ils ont souligné la croissance rapide du nombre d’établissements privés ces dernières années, estimant nécessaire de mettre en place un cadre législatif garantissant une concurrence équitable, une meilleure qualité de l’enseignement et un climat favorable à l’investissement.
Le texte prévoit notamment une révision des procédures d’octroi et de retrait des autorisations, ainsi qu’une refonte du régime des sanctions et des conditions d’accès aux postes de direction.
Des réserves sur la régulation et les conditions de travail
Les députés ont, de leur côté, mis en avant plusieurs dysfonctionnements, notamment les lacunes du système de contrôle. Ils ont appelé à la création d’une instance de régulation unifiée, à la digitalisation du secteur et à un renforcement de la transparence.
Plusieurs interventions ont également insisté sur la nécessité d’encadrer les modalités de recrutement des enseignants dans le privé, afin de garantir l’égalité des droits avec leurs homologues du public et de limiter la précarité.
D’autres propositions ont porté sur la prise en compte des élèves en situation de handicap ou en difficulté d’apprentissage, ainsi que sur la révision de certaines dispositions, notamment celles relatives aux sanctions et à l’âge maximal des directeurs d’établissements.
L’anglais au cœur des débats
La seconde partie de la séance a été consacrée à une proposition de loi visant à renforcer l’usage de la langue anglaise en Tunisie, dans un contexte marqué par les mutations globales dans les domaines du savoir, de la technologie et de l’économie.
Les porteurs du projet ont précisé que leur initiative ne remet pas en cause le statut de l’arabe comme langue officielle, mais vise à accompagner l’ouverture du pays à l’international et à améliorer les compétences linguistiques des jeunes, notamment dans les domaines scientifiques et numériques.
Le texte propose une mise en œuvre progressive, à travers une stratégie nationale appuyée par un mécanisme de suivi et d’évaluation.
Entre adhésion et contraintes
Si plusieurs députés ont salué l’orientation du projet, considérant l’anglais comme une langue incontournable du savoir, des réserves ont été exprimées quant à sa faisabilité.
Parmi les défis soulevés figurent le manque de ressources humaines qualifiées, les coûts liés à la formation des enseignants, à la révision des programmes et à la production de supports pédagogiques adaptés.
Le président de la commission a, pour sa part, insisté sur l’importance de maintenir l’enseignement des matières scientifiques en langue arabe, qu’il considère comme un choix stratégique lié à l’identité nationale et à la souveraineté culturelle.
Enfin, plusieurs députés ont plaidé pour une meilleure articulation de cette initiative avec la loi d’orientation de l’éducation de 2002, afin d’assurer la cohérence du cadre législatif.
Les initiateurs des deux propositions ont affirmé leur ouverture aux amendements en vue d’améliorer les textes.
S.H











2 commentaires
Tunisino
Il faut plutôt importer la culture anglophone que d’appuyer l’anglais, une culture d’audace, de vision, et de discipline. L’anglais n’aidera en rien avec une culture lâche, bête, et moue.
zaghouan2040
L’adoption et la diffusion de l’anglais comme langue des affaires et de recherche innovation est une nécessité absolue
Absolue,et urgente
Dieu sait si j’apprécie la langue et.la civilisationnel françaises
Mais la langue française est parlée par …des Français
Et les Français de 2027, tout particulièrement les Français dits de souche,sont tout sauf nos amis
Le complexe de supériorité qui habite l’immense majorité ces Français est un obstacle décisif au maintien du fait français en Tunisie, présence par ailleurs bien amoindrie
Enseigner a nos enfants le Français comme langue d’affaires et de recherche scientifique,c’est les condamner a perpétuer la malédiction du lien post colonial entre un pays méditerranéen a la civilisation tri millénaire et une puissance supremaciste considérablement affaiblie et decredibilisee,dont la population y compris son elite ne peut se défaire d’un impense colonialiste absolument innaceptable vis a vis de notre peuple et de notre Nation
Ne croyez pas que j’affabule: j’ai eu récemment l’occasion de participer a une manifestation co-organisee par la chambre tuniso- française de commerce
Plusieurs potentiels investisseurs français et représentants de multinationales françaises implantées en Tunisie étaient présents
Rien a faire: toujours aussi arrogants, méprisants et pleins de préjugés imbéciles
On ne s’en sortira pas: on ne peut pas s’entendre avec ces gens-là