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Scandale au Parlement : la Société de sexologie pointe une banalisation du viol dans le débat public 

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Par Nadya Jennene

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La Société tunisienne de sexologie clinique (STSC) a vivement réagi aux déclarations du député Tarak Mahdi, tenues lors d’une plénière à l’Assemblée des représentants du peuple, dénonçant des propos jugés inappropriés et porteurs d’une dangereuse banalisation des violences sexuelles.

Dans un communiqué rendu public le 14 avril 2026, la société savante a exprimé sa « vive indignation » face à des déclarations évoquant les violences sexuelles « sur un ton léger », estimant qu’elles portent atteinte à la gravité du viol en tant que crime et à la dignité des victimes.

Tarak Mahdi est intervenu lors de la plénière du lundi 13 avril 2026, en réaction à une réponse du ministre de l’Intérieur Khaled Nouri concernant la gestion de l’afflux de migrants subsahariens. Le ministre avait évoqué les critiques visant son département, notamment des accusations de violences et de viols de femmes africaines imputées à certains agents sécuritaires par des organisations internationales.

Réagissant à ces éléments, le député a déclaré : « Ces gens-là doivent partir coûte que coûte. Toutes les lignes rouges ont été dépassées », avant d’ajouter une phrase qui a suscité une vive polémique : « Qu’une Africaine soit violée, cela ne peut pas arriver. En Tunisie, on a la beauté. Nous ne manquons de rien. Nous avons tout ».

La STSC a souligné que de tels propos « participent à la banalisation du viol, crime grave portant atteinte à l’intégrité physique et psychique des victimes », tout en véhiculant « des stéréotypes à la fois sexistes et racistes, contraires aux principes fondamentaux de dignité, d’égalité et de respect des droits humains ».

Rappelant son rôle de société savante engagée dans la promotion de la santé sexuelle et des droits humains, l’organisation a insisté sur la nécessité d’une condamnation « sans ambiguïté ni relativisation » de toute forme de violence sexuelle. Elle a appelé également à une « responsabilité accrue dans le discours public » et a réaffirmé son engagement en faveur d’une éducation fondée sur le respect, le consentement et l’égalité.

L’appels de la STSC a trouvé un écho au sein d’une sphère politique restreinte. Parmi les rares personnalités à s’exprimer sur la question figure le député et président de la Commission des droits et des libertés, Thabet El Abed. Ce dernier a fermement condamné les déclarations de son collègue, les qualifiant de « précédent grave ». 

Dans une publication sur sa page officielle, il a estimé que ces propos comportaient implicitement des justifications de crimes de viol et reposaient sur des fondements racistes « flagrants ». Il a averti que la commission qu’il préside ne resterait pas passive face à de telles dérives, annonçant qu’elle examinera les mécanismes juridiques et constitutionnels à même de protéger l’espace public contre toute incitation à la haine et à la violence.

La réaction du Parlement a, elle, été toute autre.  Le président de l’Assemblée des représentants du peuple, Brahim Bouderbala, a tenté d’apaiser la controverse en rappelant que les déclarations incriminées n’engagent pas l’institution parlementaire. 

Sans annoncer de mesures disciplinaires, il a tenu un discours empreint de solennité, invoquant les « constantes immuables » du peuple tunisien fondées sur la dignité humaine et les valeurs universelles des droits de l’homme. Il a réaffirmé l’attachement historique de la Tunisie à l’égalité entre les femmes et les hommes, ainsi que son rejet de toute discrimination fondée sur les préjugés. 

Le président de l’ARP a enfin insisté sur l’appartenance « pleine et entière » de la Tunisie au continent africain, rappelant que les « frères africains sont les bienvenus en Tunisie », dans un effort de recentrage institutionnel face à la polémique. 

N.J

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