Le député Chafik Zaâfouri a défendu, vendredi 17 avril 2026 sur Express FM, sa proposition de loi visant à introduire l’anglais dès la deuxième année de l’enseignement primaire, estimant qu’il s’agit d’un levier essentiel pour adapter l’école tunisienne aux mutations du monde.
Une nécessité dictée par les mutations globales
Chafik Zaâfouri a justifié cette initiative par les transformations rapides que connaissent les domaines de la connaissance, de la technologie et de l’économie à l’échelle mondiale. Il a rappelé que l’anglais s’impose aujourd’hui comme la langue dominante dans la recherche scientifique, l’enseignement supérieur et les échanges internationaux.
Selon lui, près de 80% des publications scientifiques sont rédigées en anglais, ce qui rend sa maîtrise incontournable. « Le Tunisien est compétent, mais il lui manque l’outil linguistique pour interagir efficacement à l’international », a-t-il expliqué, pointant un déficit particulièrement visible dans les milieux professionnels.
Introduire l’anglais plus tôt pour corriger les écarts
Le député a indiqué que le choix de la deuxième année primaire n’est pas figé. Des propositions ont même été avancées pour initier les enfants à l’anglais dès le préscolaire, afin de bâtir des bases solides dès le plus jeune âge.
Il a également insisté sur la question de l’égalité des chances. Pour lui, l’introduction précoce de l’anglais dans le public permettrait de réduire l’écart avec les établissements privés, déjà engagés dans cette voie depuis plusieurs années.
Une mise en œuvre progressive pour éviter la surcharge
Face aux inquiétudes liées à un éventuel « désordre linguistique », Chafik Zaâfouri a assuré que la réforme serait appliquée de manière progressive. Le texte prévoit un déploiement graduel, accompagné de mécanismes d’encadrement pour éviter toute perturbation dans l’apprentissage des élèves.
La formation des enseignants fait également partie intégrante du projet. Le député a précisé que des dispositions sont prévues dans la loi pour accompagner cette transition, notamment à travers des programmes de formation adaptés.
Une réforme de long terme
Chafik Zaâfouri a insisté sur la portée stratégique de cette initiative. « Une loi n’est pas faite pour un an ou deux, mais pour plusieurs décennies », a-t-il affirmé, soulignant que cette réforme vise des résultats à long terme, notamment en matière de compétitivité et d’employabilité.
Il a par ailleurs tenu à préciser que cette orientation ne remet pas en cause la place de la langue arabe, qu’il considère comme la langue première. Les autres langues, selon lui, doivent être adoptées en fonction de l’intérêt national et des besoins du pays.
Un enjeu pour l’emploi et l’ouverture internationale
Pour le député, la maîtrise de l’anglais représente un atout déterminant pour l’insertion professionnelle des jeunes Tunisiens, notamment sur le marché du travail international.
Il a également appelé à une réforme globale du système éducatif, évoquant d’autres priorités, dont un projet relatif à la sécurité dans le milieu scolaire. Il a notamment cité les problématiques de drogue, de harcèlement et de dérives numériques, appelant à accélérer l’examen de ce texte.
Enfin, interrogé sur les ressources humaines disponibles, il a reconnu que le nombre d’enseignants spécialisés pourrait être insuffisant à ce stade, tout en insistant sur la nécessité d’anticiper et de préparer cette évolution par des efforts de formation et une volonté politique affirmée.
M.B.Z










