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« Il n’y a pas d’alternative » : Zouhair Maghzaoui appelle à se rallier au Mouvement Echaâb

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Par Nadya Jennene

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Invité sur les ondes de Diwan FM vendredi 17 avril 2026, le secrétaire général de Mouvement Echaâb, Zouhair Maghzaoui, a critiqué les formations politiques, a plaidé pour une restructuration du champ partisan et a mis en garde contre les fragilités socio-économiques, tout en esquissant les contours d’un projet qu’il revendique comme profondément démocratique et social.

Le politicien a dénoncé ce qu’il considère comme une forme d’hypocrisie politique s’étonnant de voir certains partis donner des leçons de démocratie alors même qu’ils n’auraient, selon lui, jamais tenu de congrès ni renouvelé leurs structures internes. À son sens, il est presque risible de voir de telles formations accuser d’autres acteurs de soutenir une dérive autoritaire. 

Revenant sur son propre parcours militant, il a affirmé n’avoir jamais soutenu une quelconque dictature, insistant sur l’engagement historique de son mouvement en faveur des principes démocratiques, « en paroles comme en actes ».

Dans ce cadre, il a dressé une distinction nette entre ce qu’il appelle les « véritables batailles démocratiques » et celles qu’il assimile à des entreprises de déstabilisation des États. Pour lui, certaines forces, parfois soutenues de l’étranger, prétendent défendre la démocratie alors qu’elles ne disposent ni de légitimité électorale ni de structures représentatives, comme des syndicats ou des institutions internes solides. « Ceux qui s’attaquent aux États ne peuvent pas se prévaloir de la défense de la démocratie », a-t-il résumé.

Le dirigeant du Mouvement Echaâb a, dans ce contexte, annoncé la tenue prochaine d’un congrès qu’il promet « d’envergure ». Ce rendez-vous politique, qui se veut ouvert, s’inscrit dans une volonté affichée de dialogue avec l’ensemble des sensibilités, notamment au sein de la mouvance nationaliste tunisienne. Zouhair Maghzaoui a insisté sur l’ouverture de son parti, rappelant que des expériences diverses ont déjà été intégrées, que ce soit au sein du bureau politique ou du Parlement.

 Il a également affirmé que son mouvement entend jouer un rôle actif dans les mois à venir pour rassembler les différentes composantes partageant un socle idéologique commun.

Dans ce sens, il a lancé un appel direct aux militants et sympathisants du courant nationaliste à rejoindre le Mouvement Echaâb, estimant qu’il n’existerait pas d’alternative viable en dehors de cette structure pour porter ce projet. Selon lui, l’unité est une condition indispensable pour défendre des causes telles que la justice sociale, la démocratie, la cause palestinienne ou encore l’unité arabe. Il a toutefois reconnu l’existence d’erreurs internes, appelant à les corriger collectivement à travers le débat et la concertation.

Évoquant le contexte politique général, Zouhair Maghzaoui a critiqué la fragmentation du paysage partisan tunisien, dénonçant des formations réduites à des espaces d’expression virtuelle sans ancrage réel. Il a rappelé que son mouvement s’inscrivait dans une tradition militante ancienne, marquée par des sacrifices avant et après la révolution, certains de ses membres ayant connu la prison ou risqué leur vie pour leurs convictions.

Le responsable politique a insisté sur la centralité de ces enjeux dans le projet de son parti, annonçant que le congrès à venir comportera une importante dimension programmatique, notamment à travers l’élaboration de documents détaillés sur les politiques économiques et sociales.

Dresssant un tableau préoccupant de la situation nationale, il a évoqué des difficultés à tous les niveaux, appelant les autorités à ouvrir un débat franc sur ces questions. Il a notamment soulevé le dossier énergétique, s’interrogeant sur les perspectives d’approvisionnement en gaz à l’horizon 2030 et sur les relations énergétiques avec l’Algérie. Il a regretté un manque de visibilité et de communication sur ces sujets stratégiques, tout en appelant à anticiper les transitions vers des énergies alternatives.

Il a également défendu une conception exigeante de l’État social, affirmant que celui-ci ne saurait se réduire à des slogans. Pour lui, garantir des services publics de qualité — santé, éducation, transport — constitue une condition sine qua non d’un véritable progrès démocratique. Il a également critiqué la marchandisation de ces secteurs, estimant que certaines orientations politiques considèrent ces services comme des biens à vendre, en contradiction avec sa vision.

Zouhair Maghzaoui a par ailleurs exprimé ses inquiétudes quant à l’absence d’instances clés telles que le Conseil supérieur de la magistrature pleinement fonctionnel ou encore la Cour constitutionnelle. Selon lui, ces lacunes fragilisent la confiance des citoyens dans la justice et dans l’État de droit. Il a appelé le président de la République à veiller à la mise en place de ces institutions, estimant que ceux qui s’y opposent ne servent ni l’intérêt du chef de l’État ni celui du pays.

Abordant la question de la gouvernance, il a plaidé pour une clarification des politiques publiques, qu’il juge aujourd’hui insuffisamment définies. Il a critiqué une gestion qu’il qualifie de conjoncturelle, illustrée par des interventions ponctuelles sur les prix de certains produits sans traitement structurel des causes. Pour lui, une véritable politique publique suppose une vision cohérente, portée par des compétences politiques et techniques capables de traduire les orientations en actions concrètes.

N.J

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