Le Parti destourien libre (PDL) a annoncé, dimanche 19 avril 2026, le lancement officiel des activités de son École de formation des cadres partisans, dans un message politique visant à afficher la continuité du parti malgré l’absence de sa présidente, Abir Moussi, actuellement détenue.
Diffusé sur la page officielle d’Abir Moussi, l’événement, présenté comme l’ouverture de l’année de formation politique du parti, a réuni des responsables du bureau politique, du conseil scientifique de l’école et plusieurs structures régionales du PDL.
Un lancement sous le signe de la fidélité à Abir Moussi
Dès l’ouverture, les intervenants ont insisté sur la portée symbolique de cette initiative, présentée comme une réponse à ce qu’ils considèrent comme une tentative de paralyser le parti à travers l’absence forcée de sa dirigeante.
Les responsables du PDL ont multiplié les messages de soutien à Abir Moussi, affirmant que son absence physique n’empêche ni le fonctionnement du parti ni la poursuite de ses activités. « Le parti est debout, structuré et le combat continue », ont-ils martelé, en présentant le démarrage de l’école comme une démonstration de cohésion organisationnelle.
Former les cadres et structurer le parti
Le programme annoncé prévoit un parcours de formation articulé autour de plusieurs axes : enseignement théorique, formation pratique et parcours spécifique destiné aux jeunes militants.
Le premier cours a porté sur le système politique interne et le règlement du parti, avec un accent sur les obligations des adhérents, le fonctionnement des structures centrales, régionales et locales, ainsi que les mécanismes d’encadrement interne.
Les promoteurs du projet ont indiqué que plusieurs universités partisanes régionales, notamment celles du Manar, de Bizerte et de Siliana, ont déjà exprimé leur disponibilité pour intégrer cette première vague de formation, tandis que d’autres structures rejoindraient progressivement le dispositif.
Miser sur la jeunesse et combattre la désaffection politique
L’un des axes centraux des interventions a porté sur la jeunesse, présentée comme une priorité stratégique pour le parti.
Les responsables du PDL ont longuement évoqué la crise de confiance entre les jeunes et le politique depuis 2011, estimant que l’un des objectifs de cette école est précisément de restaurer l’intérêt pour l’engagement partisan, à travers la formation, la transmission doctrinale et l’apprentissage des outils du militantisme contemporain, y compris les réseaux sociaux.
Les intervenants ont également insisté sur la nécessité de former une nouvelle génération de cadres capables, selon eux, de porter le projet politique du parti et d’assurer sa continuité.
Un discours axé sur l’institutionnalisation
Au-delà de la formation, l’initiative a été présentée comme une étape dans le renforcement du caractère institutionnel du parti.
Les responsables ont mis en avant l’idée d’un « parti de structures et de institutions », en soulignant que cette école doit devenir un espace de production politique, de formation idéologique et de préparation de futurs responsables.
Le projet a également été présenté comme l’ouverture d’« une nouvelle phase », centrée sur le renforcement de l’action partisane organisée et la consolidation de l’architecture interne du PDL.
Un message politique autant qu’organisationnel
Au-delà de sa dimension pédagogique, le lancement de cette école apparaît comme un acte politique destiné à réaffirmer la survie et la discipline du parti dans un contexte marqué par l’absence de sa présidente.
À travers cette initiative, le PDL cherche visiblement à projeter l’image d’une formation structurée, capable de maintenir son activité, de renouveler ses cadres et de préparer l’avenir, tout en faisant de la situation d’Abir Moussi un élément central de sa mobilisation politique.
S.H










