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La Zlecaf, une opportunité réelle — mais pas encore un marché intégré

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Par Andreu Iranzo Navarro

    Par Andreu Iranzo Navarro

    Ce que révèle l’expérience des PME tunisiennes

    La Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) est présentée comme la grande transformation commerciale du continent. Les chiffres globaux sont encourageants : le commerce intra-africain a progressé de 12,4% en 2024, atteignant 220 milliards de dollars selon Afreximbank. Cette dynamique s’inscrit dans une ambition plus large, portée par l’Agenda 2063 de l’Union africaine, qui vise à faire de l’intégration économique un levier structurant du développement du continent. Mais pour une PME tunisienne qui cherche à exporter vers l’Afrique subsaharienne, cette dynamique se heurte à des réalités concrètes qui ne disparaissent pas avec la signature d’un accord commercial. La Zlecaf crée un cadre — elle ne crée pas encore un marché. Dans les faits, l’accès aux marchés africains reste aujourd’hui plus complexe pour une PME tunisienne que l’accès au marché européen — malgré la proximité géographique et les ambitions d’intégration continentale affichées.

    La Tunisie en offre un exemple instructif. À l’interface entre l’Europe et l’Afrique, son économie est bien positionnée géographiquement — mais cette position ne se traduit pas encore en stratégie commerciale structurée vers le continent. Avec 1,6 milliard de dinars d’échanges avec l’Afrique subsaharienne en 2024 et un excédent commercial en sa faveur, le pays est loin d’être absent. Le Cepex estime pourtant que le potentiel inexploité représente encore 520 millions de dollars supplémentaires par an. La Tunisie figure parmi les premiers pays africains à utiliser activement les certificats d’origine Zlecaf — 275 opérations d’exportation à ce jour. Ce sont des signaux positifs. Mais ils décrivent un potentiel en cours d’activation, pas encore une intégration effective.

    Les trois frictions que les accords ne résolvent pas

    Ce secteur illustre une tension plus large, qui concerne l’ensemble du tissu exportateur tunisien. Prenons le cas d’une PME du secteur des composants automobiles basée à Sfax. La Tunisie est le deuxième pays africain dans ce secteur, avec 280 entreprises actives, 120.000 emplois et 3,9 milliards d’euros d’exportations en 2025 — quasi-exclusivement vers l’Europe. Orientée vers des marchés africains, cette même PME se heurte immédiatement à trois obstacles que l’accord commercial ne résout pas directement.

    Le premier est le paiement. Les systèmes de règlement transfrontalier restent lents, coûteux et peu fiables pour les transactions courantes. Les délais de règlement peuvent s’étendre sur plusieurs semaines, augmentant les risques pour des entreprises qui disposent de marges financières limitées. Le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), lancé avec le soutien d’Afreximbank, commence à changer la donne — mais sa couverture reste partielle et son adoption inégale selon les marchés.

    Le deuxième est la logistique. Les exportations tunisiennes vers l’Afrique subsaharienne représentent 3,5% du total national. Ce chiffre reflète une réalité infrastructurelle : les liaisons directes entre la Tunisie et les marchés d’Afrique de l’Ouest restent insuffisantes. Les coûts de transport, souvent élevés et peu prévisibles, ainsi que les ruptures de charge, limitent la compétitivité des entreprises tunisiennes sur ces marchés. La concentration sur quelques marchés — Sénégal (17,5%), Côte d’Ivoire (13,2%), Cameroun (7,8%) — révèle la contrainte logistique autant qu’elle reflète une stratégie.

    Le troisième est le financement. La brèche de financement commercial en Afrique est estimée à 100 milliards de dollars par an — elle touche d’abord les PME, qui n’ont ni la taille ni la présence locale pour accéder facilement aux mécanismes existants. L’accès au crédit export reste limité, et les instruments de garantie, bien que présents, demeurent souvent complexes à mobiliser pour des structures intermédiaires. Ces contraintes ne sont pas marginales : elles structurent encore les choix d’orientation des entreprises tunisiennes, qui continuent logiquement de privilégier les marchés européens, mieux balisés et mieux financés.

    Ce que cela implique pour la stratégie tunisienne

    La CNUCED estime que la mise en œuvre effective de l’AfCFTA pourrait presque doubler les exportations tunisiennes vers le reste de l’Afrique d’ici 2035. Ces frictions ne remettent pas en cause la pertinence de la Zlecaf— elles en définissent les conditions d’efficacité réelle. Il ne s’agit pas d’ouvrir de nouveaux marchés — ils sont déjà ouverts sur le papier — mais de rendre ceux qui existent réellement accessibles : en sécurisant les règlements, en structurant la logistique, en adaptant les instruments de financement aux réalités des PME exportatrices.

    Pour la Tunisie, cela implique de renforcer la lisibilité et la cohérence de sa stratégie africaine. Au-delà des actions de promotion ponctuelles, l’enjeu est de structurer une présence économique durable sur certains marchés prioritaires, en s’appuyant sur des relais locaux et des dispositifs d’accompagnement adaptés. Cela suppose également de mieux articuler les instruments nationaux avec les mécanismes régionaux existants, notamment ceux portés par Afreximbank et dans le cadre de la Zlecaf.

    Dans ce contexte, l’efficacité de la Zlecaf dépendra aussi de la capacité des partenaires européens à adapter leurs instruments — notamment en matière de financement commercial et de connectivité — à une logique d’intégration africaine en construction.

    Ce potentiel ne se concrétisera pas automatiquement. Il suppose que les acteurs économiques disposent des conditions opérationnelles pour exploiter le cadre que les gouvernements ont mis en place. Le potentiel existe, les outils commencent à exister. Ce qui manque encore, c’est la jonction entre les deux. Sans cette articulation, l’intégration africaine restera partielle — et l’intégration méditerranéenne, incomplète. Elle dépendra désormais de la capacité des acteurs publics — en Tunisie, au niveau régional et chez ses partenaires européens — à transformer un cadre juridique en conditions économiques réelles.

    BIO EXPRESS

    Andreu Iranzo Navarro est économiste, spécialiste des questions européennes. Ancien Directeur général des Fonds européens à la Generalitat Valenciana, il est aujourd’hui responsable de l’analyse et des études au sein de REDIT – Red de Institutos Tecnológicos de la Comunitat Valenciana. Formé au Collège d’Europe et à l’Université de Valence, il est également membre de l’Union des fédéralistes européens (UEF) et de la coopérative espagnole Reconsidera, et travaille sur les enjeux d’intégration économique dans l’espace euro-méditerranéen.

    Cet article est une tribune, rédigée par un auteur extérieur au journal et dont le point de vue n’engage pas la rédaction.

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    7 commentaires

    1. jamel.tazarki

      Répondre
      21 avril 2026 | 21h52

      C’est quoi, les certificats d’origine zlecaf?
      Réponse: Le certificat d’origine ZLECAf (Zone de Libre-Échange Continentale Africaine) est un document douanier officiel qui prouve que les marchandises échangées entre pays membres ont été produites ou transformées substantiellement en Afrique. Il est indispensable pour bénéficier de la suppression ou de la réduction progressive des droits de douane au sein du continent.

      1. Fonctionnement et Utilité : Le certificat sert de « passeport » pour les marchandises afin de leur accorder un tarif préférentiel. Il atteste que le produit remplit les critères définis par les règles d’origine de l’accord (Annexe 2 du Protocole sur le commerce des marchandises).

      2. Comment l’obtenir ?
      Bien que les procédures puissent varier légèrement selon les États membres, les étapes générales sont les suivantes :
      – Autorités émettrices : En général, il est délivré par les Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI) ou les administrations douanières nationales.
      – Dépôt de la demande : L’exportateur doit soumettre un dossier prouvant l’origine des composants et le processus de fabrication.
      – Digitalisation : De plus en plus de pays (comme le Maroc ou la Tunisie) mettent en œuvre des systèmes de certification électronique pour accélérer le processus.
      – Validité : Le certificat est généralement valide pendant 12 mois à compter de sa date de délivrance.

      3. Exigences Clés
      – Transformation substantielle : Le produit ne doit pas seulement être transbordé, mais doit avoir subi une transformation réelle dans un pays membre.
      – Visa de conformité : Le document doit être authentifié par un visa des autorités compétentes pour être accepté à l’importation.

      4. Différence entre CO et DO
      Deux types de preuves d’origine coexistent souvent dans les textes :
      – Certificat d’Origine (CO) : Formulaire officiel visé par les autorités.
      – Déclaration d’Origine (DO) : Mention portée directement sur la facture par l’exportateur (souvent réservée aux « exportateurs agréés » ou pour de petits envois).
      –>
      Pour entamer une démarche d’exportation sous ce régime, il est conseillé de consulter le portail des douanes de la Tunisie ou de contacter la Chambre de Commerce locale pour obtenir le modèle de formulaire spécifique.

      Fazit: tout est sur le Web. Il suffit de savoir lire!

      Dr. Jamel Tazarki, Mathématicien

    2. jamel.tazarki

      Répondre
      21 avril 2026 | 21h43

      C’est quoi le CNUCED?
      Réponse: La CNUCED (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement) est l’organe principal des Nations Unies chargé des questions de commerce, d’investissement et de développement. Créée en 1964 et basée à Genève, elle a pour mission d’aider les pays en développement à s’intégrer de manière équitable dans l’économie mondiale.
      Missions principales. La CNUCED agit à travers trois fonctions clés :
      – Analyse et recherche : Elle produit des rapports de référence (comme le Rapport sur l’investissement dans le monde) pour orienter les politiques économiques.
      – Consensus : Elle sert de forum où les gouvernements débattent pour trouver des accords sur le commerce et le développement.
      – Assistance technique : Elle apporte un soutien concret aux pays, par exemple pour moderniser leurs douanes ou gérer leur dette extérieure.

      – Liens avec la ZLECAf: La CNUCED joue un rôle de soutien technique majeur pour la mise en œuvre de la ZLECAf (discutée précédemment). Elle aide notamment les pays africains à harmoniser leurs règles commerciales et à supprimer les barrières non tarifaires pour faciliter les échanges sur le continent.
      –>
      – Le portail d’information commerciale : La CNUCED aide de nombreux pays africains à mettre en ligne des plateformes détaillant chaque étape (documents, coûts, délais) pour exporter avec le certificat d’origine ZLECAf.
      – Les barrières non tarifaires : Ils ont créé un site spécifique (tradebarriers.africa) où on peut signaler tout problème rencontré à une frontière africaine.

    3. jamel.tazarki

      Répondre
      21 avril 2026 | 21h38

      Guide d’exportation spécifique pour la Tunisie:
      En Tunisie, la mise en œuvre de la ZLECAf est effective depuis janvier 2023. Le pays fait d’ailleurs partie des 8 premières nations à avoir lancé l’initiative de « Commerce Guidé », facilitant les échanges réels sous ce régime.

      1. Où obtenir le certificat en Tunisie ?
      – Le certificat d’origine ZLECAf est le document indispensable pour prouver que vos produits sont tunisiens et bénéficier de réductions de droits de douane.
      – Autorité émettrice : En Tunisie, ce sont les Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI) qui délivrent ce certificat.
      – Point de départ : La Chambre de Commerce et d’Industrie de Tunis (CCIT) a été la première à le mettre en application, avant sa généralisation aux autres chambres régionales comme la CCI de Sfax.

      2. Procédures et Outils Utiles
      Pour réussir vos exportations depuis la Tunisie, plusieurs ressources officielles sont à votre disposition:
      – Manuel des Procédures : La Douane Tunisienne met à disposition un Manuel des procédures à l’export qui détaille les phases de dédouanement.
      – Règles d’Origine : Un manuel spécifique sur les Règles d’Origine ZLECAf et COMESA a été élaboré pour aider les entreprises tunisiennes à comprendre les critères de transformation substantielle requis.
      – Portail « Africa Trade Agreements » : La Tunisie a lancé le portail africatradeagreements.tn qui regroupe les textes des accords, les guides pratiques et les opportunités sur les marchés africains.

      3. Les avantages pour les exportateurs tunisiens
      Selon la CNUCED, la Tunisie est l’un des pays qui devrait le plus bénéficier de cet accord, avec une croissance potentielle de ses exportations vers l’Afrique estimée à +54%.
      – Les secteurs les plus porteurs sont l’industrie (+74% de potentiel), l’agriculture et les industries agroalimentaires (+21%)

    4. jamel.tazarki

      Répondre
      21 avril 2026 | 21h34

      Guide d’exportation spécifique pour le Maroc:
      Le Maroc a franchi une étape décisive dans l’application de la ZLECAf en lançant, le 24 juin 2024, la dématérialisation complète des demandes de certificat d’origine pour les exportateurs marocains.

      1. Où obtenir le certificat au Maroc ?
      – Contrairement à d’autres accords où les chambres de commerce interviennent, le certificat d’origine ZLECAf est géré par l’administration douanière.
      – Autorité émettrice : L’Administration des Douanes et Impôts Indirects (ADII).
      – Plateforme de gestion : La demande s’effectue directement via le système informatique de dédouanement BADR (Base Automatisée des Douanes en Réseau).
      – Tarification : Un tarif symbolique de 3 dirhams par imprimé a été adopté pour le certificat d’origine ZLECAf.

      2. Procédure pour les exportateurs marocains
      La procédure est désormais simplifiée pour encourager les entreprises à viser les marchés africains:
      – Saisie en ligne : L’exportateur (ou son représentant) saisit les informations requises directement sur le système BADR lors de la déclaration d’exportation.
      -Édition du document : Une fois les données validées dans le système, elles sont rapportées sur le formulaire physique conforme au modèle de la ZLECAf.
      – Visa douanier : Le certificat est présenté au bureau d’exportation pour le contrôle d’usage et le visa final avant validation sur système.

      3. Opportunités et secteurs clés selon la CNUCED
      La CNUCED considère le Maroc comme un pilier de l’intégration régionale grâce à la diversification de son économie.
      – Secteurs de pointe : L’automobile, les engrais (via l’OCP), les services financiers et l’agroalimentaire sont identifiés comme les secteurs ayant le plus fort potentiel de croissance sur le continent.
      – Facilitation : La dématérialisation réduit les délais de passage aux frontières et améliore la traçabilité, renforçant la compétitivité du « Made in Morocco ».

      Pour toute assistance technique sur les règles d’origine, on peut consulter le portail de l’ASMEX (Association Marocaine des Exportateurs) qui accompagne activement les entreprises dans cette transition.

    5. jamel.tazarki

      Répondre
      21 avril 2026 | 21h29

      L’industrie automobile :

      L’industrie automobile est l’un des secteurs stratégiques de la ZLECAf, particulièrement pour le Maroc qui s’est imposé comme un hub industriel continental. Un accord majeur sur les règles d’origine spécifiques à l’automobile a été adopté en février 2026 pour harmoniser la définition du « Made in Africa ».

      1. La règle d’origine : le seuil des 40 %
      Pour qu’un véhicule bénéficie de l’exonération des droits de douane entre pays membres, il doit désormais respecter un critère strict de transformation substantielle :
      – Contenu local minimum : Au moins 40 % de la valeur ajoutée du véhicule doit provenir du continent africain.
      – Plafond d’intrants importés : La valeur des composants importés hors Afrique (ex: moteurs ou électronique venant d’Europe ou d’Asie) ne peut excéder 60 % du prix départ usine.
      – Évolution : Ce plafond de 60 % d’intrants étrangers pourrait être réduit à 50 % d’ici cinq ans afin d’encourager la création d’une chaîne d’approvisionnement 100 % africaine.

      2. Impact pour le Maroc et la Tunisie
      – Au Maroc : Le pays est considéré comme l’un des plus grands bénéficiaires de cet accord grâce à son écosystème déjà structuré (Renault, Stellantis et des centaines d’équipementiers). Le Maroc peut désormais exporter ses véhicules vers des marchés comme l’Égypte, l’Afrique du Sud ou le Nigeria avec un avantage concurrentiel massif par rapport aux marques importées d’autres continents.
      – En Tunisie : Le secteur des composants (câblage, électronique, mécanique) profite de la règle du cumul d’origine. Cela signifie que les pièces fabriquées en Tunisie et intégrées dans un véhicule assemblé au Maroc sont comptabilisées comme « originaires » pour atteindre les 40 % requis.

      3. Les étapes pour l’exportateur
      3.1 ) Vérifier le code SH : Identifiez précisément votre produit dans les catégories SH 8701 à 8716.
      3.2) Calculer la valeur ajoutée : Assurez-vous que le coût des matières non originaires ne dépasse pas le seuil autorisé selon la formule de la valeur ajoutée régionale.
      3.3) Utiliser le portail dédié : Au Maroc, passez par le système BADR des Douanes pour obtenir votre certificat d’origine ZLECAf électronique. En Tunisie, contactez les Chambres de Commerce (CCI)

    6. jamel.tazarki

      Répondre
      21 avril 2026 | 21h23

      – les échanges de services au sein de la ZLECAf sont régis par le Protocole sur le commerce des services.

      1. La ZLECAf a identifié cinq secteurs de services où les barrières (visas, licences, transferts de capitaux) doivent être levées en priorité :
      Services fournis aux entreprises (Ingénierie automobile, conseil, R&D).
      Communications (Logiciels, solutions informatiques pour véhicules).
      Services financiers (Assurances, leasing).
      Tourisme.
      Transports (Logistique, fret).

      2. Comment « prouver » l’origine d’un service ?
      – Il n’y a pas de douane pour un logiciel ou un plan d’ingénierie, donc la règle repose sur la nationalité du prestataire :
      – Personne physique : Le prestataire doit être ressortissant d’un État membre (ex: un ingénieur tunisien en mission au Sénégal).
      – Personne morale (Entreprise) : L’entreprise doit être constituée selon les lois d’un État membre et y avoir son siège social ou ses activités principales (ex: un bureau d’études marocain vendant une licence logicielle à une usine au Nigeria).

      3. Les avantages concrets
      Grâce à ce protocole, un prestataire tunisien ou marocain peut :
      – Éviter la discrimination : Être traité de la même manière qu’un prestataire local dans le pays africain client.
      – Facilité de mouvement : Bénéficier de procédures simplifiées pour les visas d’affaires ou les permis de travail temporaires.
      – Reconnaissance des diplômes : Un travail est en cours pour que les qualifications des ingénieurs et techniciens soient reconnues mutuellement entre les pays signataires.

      4. Cas pratique : Ingénierie Automobile
      Si une entreprise marocaine conçoit un système de gestion de flotte pour un transporteur kényan :
      – Elle facture ses services sans les taxes discriminatoires qui frappaient auparavant les prestataires étrangers.
      – Elle peut détacher ses experts à Nairobi avec des formalités allégées.
      – Le paiement et le transfert de devises sont facilités par le système PAPSS (Pan-African Payment and Settlement System) soutenu par la ZLECAf.

    7. jamel.tazarki

      Répondre
      21 avril 2026 | 21h16

      Le système de paiement PAPSS:
      Le PAPSS (Pan-African Payment and Settlement System) est une infrastructure financière révolutionnaire lancée par Afreximbank et l’Union Africaine pour permettre le règlement instantané des transactions commerciales en monnaies locales à travers tout le continent.

      1. Comment ça fonctionne ?
      – Le système élimine le besoin de passer par des devises tierces (comme le Dollar ou l’Euro) et des banques correspondantes hors d’Afrique.
      – Paiement en monnaie locale : Un acheteur en Tunisie paie en Dinars tunisiens via sa banque.
      – Traitement instantané : Le PAPSS valide la transaction en temps réel (souvent en moins de 120 secondes).
      – Réception en monnaie locale : Le vendeur, par exemple au Nigeria, reçoit le montant directement en Nairas sur son compte.
      – Règlement net : Les banques centrales ne règlent que le solde net des transactions à la fin de la journée, ce qui préserve les réserves de devises étrangères du pays.

      2. Situation au Maroc et en Tunisie
      – Les deux pays sont désormais pleinement intégrés au système pour soutenir leurs exportations vers le reste de l’Afrique :
      – Tunisie : La Banque Centrale de Tunisie (BCT) a officiellement adhéré au PAPSS en février 2024. Elle utilise le modèle de règlement bancaire commercial pour faciliter les flux avec ses partenaires africains.
      – Maroc : Bank Al-Maghrib a rejoint le réseau le 7 juillet 2025, faisant du Maroc le 17ème pays membre. Cette adhésion permet aux entreprises marocaines d’utiliser le Dirham pour leurs échanges continentaux sans dépendre du dollar.

      3. Avantages pour les entreprises
      – Économies massives : On estime que le PAPSS permet d’économiser environ 5 milliards de dollars par an en frais de transaction et de change à l’échelle du continent.
      – Rapidité : Le passage de plusieurs jours (via le système bancaire classique) à un règlement quasi instantané améliore considérablement le fonds de roulement des PME.
      – Souveraineté : Réduction de la dépendance aux devises fortes et renforcement des monnaies africaines.

      Le PAPSS est le complément financier indispensable de la ZLECAf pour transformer le commerce de marchandises et de services en une réalité fluide.

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