Une vive polémique a éclaté à la suite des déclarations du député Abdelkader Ben Zineb, qui a affirmé avoir reçu un appel téléphonique de la gouverneure de Nabeul, contenant, selon lui, des propos menaçants, après ses critiques concernant l’acquisition d’un nouveau véhicule de fonction par le gouvernorat.
Intervenant lors de la séance plénière, le parlementaire a dénoncé ce qu’il qualifie de « précédent inédit », s’adressant directement au président Kaïs Saïed et au ministre de l’Intérieur pour signaler ce qu’il considère comme une atteinte grave au rôle de contrôle des élus.
Critique sur l’achat d’un véhicule en période d’austérité
Au cœur de l’affaire, les critiques formulées par le député sur l’achat, par la gouverneure, d’un véhicule d’une valeur de 180 mille dinars, alors que, selon lui, le gouvernorat dispose déjà de trois voitures administratives.
Le député a replacé cette acquisition dans un contexte qu’il juge marqué par la rigueur budgétaire et les restrictions financières, estimant que cette dépense soulève des interrogations sur la gestion des ressources publiques.
Des accusations de menaces personnelles
Mais l’affaire a pris une tournure plus grave avec les accusations portées par le député, qui affirme avoir reçu un appel nocturne de la gouverneure au cours duquel elle aurait proféré des invocations hostiles à son encontre ainsi qu’à l’égard de ses enfants, en réaction à ses critiques.
Des accusations particulièrement lourdes, le député dénonçant une situation où, selon ses propos, un représentant du peuple se retrouve visé pour avoir exercé sa mission de contrôle et de critique.
Interpellation du pouvoir exécutif
Dans son intervention, Abdelkader Ben Zineb a directement interpellé le chef de l’État et le ministre de l’Intérieur, appelant à un examen de ce qu’il présente comme un dérapage institutionnel.
Il a également élargi son propos à une critique plus générale du fonctionnement institutionnel, estimant que les prérogatives des députés seraient, selon lui, de plus en plus limitées.
Une affaire susceptible de provoquer des réactions
À ce stade, aucune réaction officielle de la gouverneure de Nabeul ni du ministère de l’Intérieur n’avait été rendue publique concernant ces accusations.
Si les faits rapportés étaient confirmés, cette affaire pourrait relancer le débat sur les rapports entre administration régionale et représentants élus, ainsi que sur les mécanismes de contrôle de l’action des gouverneurs.
S.H










