De récentes inquiétudes sanitaires ont été soulevées sur Facebook autour de l’usage courant de certains désodorisants d’intérieur. Des observations et rapports pointent vers le fait que ces produits peuvent contenir des substances chimiques non déclarées ou mal identifiées sur les étiquettes, ce qui pose des questions légitimes sur leurs effets possibles sur la santé humaine au fil du temps. Le cœur de la préoccupation est que l’air intérieur dans lequel nous vivons la majeure partie du temps peut être infecté par des sources extérieures, et par des produits que nous utilisons soi-disant pour « rafraîchir » l’air .

Face à ces interrogations, il est important d’expliquer quelles sont les principales substances chimiques potentiellement dangereuses associées aux désodorisants d’air, pourquoi elles posent problème, et ce que les données scientifiques nous apprennent. Les substances les plus souvent mises en cause dans les désodorisants d’air sont d’abord les composés organiques volatils (COV), qui s’évaporent facilement et polluent l’air intérieur. Parmi eux, on retrouve notamment le formaldéhyde, connu pour être irritant et classé cancérogène, ainsi que le benzène, également cancérogène. Beaucoup de produits contiennent aussi des terpènes comme le limonène ou l’alpha-pinène, utilisés pour donner une odeur de citron ou de pin, mais qui peuvent réagir avec l’ozone et produire des polluants secondaires dangereux. On retrouve également des phtalates, parfois utilisés pour fixer les parfums et prolonger leur durée, et qui sont suspectés d’être des perturbateurs endocriniens. Certains désodorisants peuvent aussi contenir des muscs synthétiques, du glycol et des solvants irritants, ainsi que des conservateurs allergènes. Enfin, certains sprays libèrent des particules fines et des substances parfumées complexes dont la composition exacte n’est pas toujours indiquée sur l’étiquette, ce qui rend leur inhalation répétée potentiellement problématique, surtout dans des espaces fermés.
Ces composés peuvent aussi réagir avec d’autres éléments présents dans l’air intérieur pour former des polluants secondaires encore plus nocifs. Par exemple, les terpènes, qui sont des composants aromatiques souvent issus des parfums, peuvent, en présence d’ozone, produire du formaldéhyde ou des particules ultrafines respirables. De nombreuses études ont montré que les désodorisants n’émettent pas seulement leurs ingrédients annoncés, mais aussi un mélange complexe de COV dont certains ne sont pas indiqués sur les emballages, ce qui rend difficile pour le consommateur de savoir exactement ce qu’il inhale.
Sur le plan clinique, l’exposition à ces émissions peut se traduire, surtout chez les personnes sensibles, par une irritation des voies respiratoires, l’aggravation de l’asthme, des réactions allergiques, des céphalées ou des sensations de vertiges. Une enquête publiée a révélé que plus de la moitié des personnes interrogées rapportaient des symptômes comme des réactions allergiques ou une irritation respiratoire après utilisation fréquente de sprays parfumés à la maison.
Les statistiques de santé publique globales renforcent l’importance de prendre au sérieux la qualité de l’air intérieur, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la pollution de l’air intérieur est responsable de 2,9 à 3,2 millions de décès prématurés chaque année à l’échelle mondiale, bien que cela concerne une gamme de polluants et de sources plus large que les seuls désodorisants. Cela montre combien l’air que nous respirons chez nous influence notre santé sur le long terme.
Ainsi, même si l’inhalation occasionnelle de désodorisants n’est pas nécessairement dangereuse à court terme, leur utilisation répétée et prolongée peut contribuer à une exposition cumulée à des substances potentiellement nocives, en particulier dans des espaces mal ventilés. Les preuves scientifiques indiquent que ces produits libèrent des COV et d’autres composés qui peuvent irriter les voies respiratoires, aggraver des conditions existantes comme l’asthme, et potentiellement augmenter des risques sanitaires à long terme.
R.A.












