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Condamné en Tunisie, acquitté en Suisse : le cas Khayam Turki interroge

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Par Maya Bouallégui

    KhayamTurki a été condamné, lundi 20 avril 2026, à quatorze ans de prison assortis d’une lourde amende, par la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière près le tribunal de première instance de Tunis, dans une affaire de blanchiment d’argent et d’escroquerie.

    Cette décision intervient alors que l’intéressé purge déjà une peine de 35 ans de prison prononcée en appel dans le cadre de l’affaire dite de « complot contre la sûreté de l’État ».

    Une affaire déjà examinée à l’étranger

    Mais au-delà du verdict, la défense soulève un point de fond qui pourrait profondément fragiliser la cohérence de la procédure. Dans une publication Facebook diffusée après l’annonce du jugement, son avocat, Abdelaziz Essid, a tenu à rétablir ce qu’il présente comme des faits déjà tranchés par la justice suisse.

    Il affirme que le dossier évoqué a été examiné depuis un certain temps par les autorités helvétiques, qui ont finalement prononcé un acquittement total de Khayam Turki, ordonné la levée du gel de ses comptes bancaires, et même accordé une indemnisation à son client.

    Selon l’avocat, « le dossier a été définitivement clos par la justice suisse », contredisant ainsi les informations selon lesquelles une procédure serait encore en cours dans ce pays. Il insiste également sur le fait que ces éléments sont « documentés et officiels », ajoutant avoir suivi l’affaire depuis son déclenchement jusqu’à son issue.

    Le principe du non bis in idem en question

    Si ces déclarations sont confirmées, elles posent une question juridique majeure : celle du respect du principe fondamental du non bis in idem, selon lequel nul ne peut être poursuivi ou condamné deux fois pour les mêmes faits.

    Ce principe, pilier du droit pénal moderne, vise à garantir la sécurité juridique des individus en empêchant la répétition des poursuites pour une même affaire, y compris lorsque celle-ci a déjà été jugée par une juridiction étrangère compétente.

    Dans ce contexte, la condamnation de Khayam Turki dans une affaire que sa défense affirme déjà tranchée à l’étranger risque d’alimenter les interrogations sur la cohérence des décisions judiciaires et sur la prise en compte des jugements internationaux.

    Elle intervient par ailleurs dans un climat marqué par une série de poursuites visant des figures politiques ou perçues comme telles, ce qui renforce l’attention portée à ces dossiers et aux garanties fondamentales du procès équitable.

    Au-delà du cas individuel, c’est donc une question essentielle qui se pose : celle de savoir si une décision judiciaire étrangère, définitive et favorable à un justiciable, peut être ignorée sans remettre en cause l’un des principes les plus élémentaires de la justice.

    M.B.

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