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Croissance revue à la baisse et facture énergétique explosive : Mohamed Salah Ayari tire la sonnette d’alarme

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Par Myriam Ben Zineb

    La flambée des prix de l’énergie et les tensions internationales pourraient lourdement peser sur l’économie tunisienne en 2026. Invité mercredi 22 avril 2026 sur la Radio nationale, l’enseignant universitaire et conseiller fiscal, Mohamed Salah Ayari, a dressé un état des lieux préoccupant, tout en avançant plusieurs pistes pour limiter l’impact.

    Revenant sur les réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, tenues à Washington du 13 au 18 avril, il a souligné que l’économie mondiale traverse une phase de fortes turbulences.

    Les perturbations liées notamment aux tensions au Moyen-Orient ont provoqué une baisse des flux énergétiques et une forte volatilité des prix. Le baril de pétrole, qui oscillait autour de soixante dollars avant la crise, a dépassé les cent dollars avant de se stabiliser aux environs de 94 dollars, un niveau toujours élevé et pénalisant pour les économies importatrices.

    Autre signal d’alerte : l’aggravation de l’insécurité alimentaire. Le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde pourrait augmenter de 45 millions, pour atteindre près de 360 millions. Parallèlement, la demande de financements auprès du FMI devrait fortement progresser, avec des besoins estimés entre vingt et cinquante milliards de dollars.

    Une croissance revue à la baisse

    Pour la Tunisie, les répercussions sont directes. Mohamed Salah Ayari a mis en évidence un écart significatif entre les prévisions officielles et celles du FMI. Alors que la loi de finances 2026 table sur une croissance de 3,2 %, l’institution internationale l’estime plutôt à 2,1 %, soit un différentiel de 1,2 point.

    Mais c’est surtout la question énergétique qui inquiète. Le budget de l’État a été construit sur une hypothèse de 63,3 dollars le baril, très loin des niveaux actuels proches de 95 dollars.

    Chaque dollar supplémentaire représente, selon lui, un coût additionnel d’environ 160 millions de dinars pour les finances publiques. À ce rythme, l’impact pourrait atteindre 5,1 milliards de dinars si les prix se maintiennent. Même dans un scénario plus favorable avec un baril à 75 dollars, le surcoût resterait élevé, autour de 1,9 milliard de dinars.

    Ces tensions pourraient également compromettre les recettes fiscales, élaborées sur des hypothèses de prix nettement inférieures.

    Accélérer les réformes et miser sur les ressources nationales

    Face à cette situation, Mohamed Salah Ayari appelle à une accélération des réformes structurelles. Il insiste notamment sur l’urgence de la transition énergétique, avec l’objectif d’augmenter la part des énergies renouvelables dans le mix national.

    Il plaide également pour l’adoption rapide d’un nouveau code de l’investissement, la finalisation de la réforme du code des changes, ainsi que la levée des obstacles entravant la production de phosphate, un secteur clé pour les recettes en devises.

    Le secteur agricole figure aussi parmi les leviers identifiés, en particulier l’huile d’olive, dont les revenus pourraient dépasser les cinq milliards de dinars. Il recommande, en parallèle, de renforcer la production céréalière afin de réduire la dépendance aux importations.

    Malgré un environnement international incertain, l’expert estime que la Tunisie dispose de marges d’action, à condition d’engager rapidement les réformes nécessaires et de mieux valoriser ses ressources.

    M.B.Z

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    Commentaire

    1. Malo

      Répondre
      22 avril 2026 | 11h38

      L’analyse de M. Ayari est inquiétante, mais la réalité pour le Tunisien sera encore plus grave. Ce n’est pas juste une simple baisse de la croissance, c’est une crise qui menace directement notre quotidien. L’écart du prix du pétrole va créer un trou de 5,1 milliards de dinars, soit plus de 1,6 milliard de dollars. Ce coût énorme va vider nos réserves en devises à la Banque Centrale. Le résultat direct de cette hémorragie financière est que le nombre de jours d’importation va chuter dangereusement, ce qui menace sérieusement l’achat de produits vitaux pour le pays, comme les médicaments ou le blé.

      Cette situation va rapidement bloquer nos secteurs vitaux et écraser le pouvoir d’achat. L’électricité produite par la STEG dépendant fortement du gaz, l’entreprise publique risque de perdre beaucoup d’argent, ce qui pourrait faire exploser nos factures. De plus, le prix du carburant va augmenter, pénalisant les transports et ruinant nos usines face à la concurrence étrangère. Par conséquent, cette flambée va se faire sentir au marché : l’agriculture et les camions ayant besoin d’énergie, le couffin du citoyen va coûter encore plus cher. En parallèle, pour payer ce pétrole, l’État aura moins d’argent pour entretenir les hôpitaux, les routes et les écoles.

      Face à ce constat, la vraie solution n’est pas d’aller chercher l’argent dans la poche du citoyen avec de nouveaux impôts. La solution, c’est l’optimisation. Chaque ministre, chaque entreprise publique et chaque secteur de l’État doit impérativement faire le ménage chez lui : arrêter le gaspillage, bloquer les fuites d’argent et mieux gérer les ressources. L’effort doit d’abord venir d’en haut. En conclusion, si les grandes réformes sont utiles pour l’avenir, le gouvernement doit aujourd’hui instaurer une gestion de crise stricte où chaque dinar public est protégé pour éviter un effondrement social.

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