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Énergies renouvelables : l’ARP examine les concessions pour les centrales photovoltaïques

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Par Myriam Ben Zineb

    L’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a organisé, mercredi 22 avril 2026, une journée d’étude consacrée aux projets de lois relatifs à l’approbation des concessions de production d’électricité et de leurs annexes pour les centrales photovoltaïques.

    Un cadre législatif au cœur de la transition énergétique

    Dans son allocution d’ouverture, le président de l’ARP, Brahim Bouderbala a souligné l’importance de cette journée d’étude, présentée comme un espace de réflexion sur une question centrale : le développement des énergies renouvelables. Il a insisté sur la nécessité de doter le législateur d’une vision claire afin de permettre des décisions éclairées lors de l’examen et du vote des textes.

    De son côté, le président de la commission de l’industrie, Mohamed Amine Mbarki, a mis en avant l’accélération des mutations énergétiques, aussi bien à l’échelle nationale qu’internationale. Il a rappelé que la transition énergétique constitue désormais un choix stratégique incontournable pour renforcer l’indépendance énergétique de la Tunisie, réduire la dépendance aux énergies fossiles et promouvoir les énergies propres.

    Il a également insisté sur le rôle central de l’énergie solaire, compte tenu des importantes ressources naturelles dont dispose le pays, appelant à la mise en place d’un cadre juridique équilibré, conciliant attractivité de l’investissement, souveraineté nationale et protection de l’intérêt général.

    Un déficit énergétique structurel préoccupant

    Intervenant à son tour, le secrétaire d’État chargé de la transition énergétique, Wael Chouchane, a replacé cette initiative dans le cadre des réformes économiques en cours, évoquant une phase décisive pour le pays. Il a annoncé la mise en service de centrales photovoltaïques dans les gouvernorats de Sidi Bouzid, Kairouan et Tozeur, pour une capacité totale de 200 mégawatts, destinées à alimenter la Société tunisienne de l’électricité et du gaz.

    Le responsable a surtout dressé un constat préoccupant : la Tunisie fait face à un déficit énergétique de l’ordre de 65 %, ce qui l’oblige à recourir massivement aux importations. Ce déséquilibre est notamment lié à l’augmentation de la consommation de gaz naturel et à la hausse de son coût.

    Le déficit énergétique est estimé à 6,3 millions de tonnes équivalent pétrole. Parallèlement, les subventions énergétiques ont fortement augmenté, atteignant 7.112 millions de dinars en 2025, contre 550 millions en 2011.

    Il a également évoqué la baisse des ressources nationales, l’augmentation de la demande et l’aggravation du déficit du bilan énergétique, autant de facteurs qui accentuent la vulnérabilité de l’économie nationale face aux fluctuations des marchés internationaux.

    Des objectifs ambitieux à l’horizon 2035

    Face à ces défis, les autorités misent sur une stratégie visant à améliorer l’indépendance énergétique jusqu’à 67 %, à soutenir la croissance économique à hauteur de 2 % et à réduire l’intensité carbone de 4,6 % par an.

    L’objectif est également de porter la part des énergies renouvelables à au moins 50 % du mix électrique d’ici 2035.

    Dans cette optique, plusieurs réformes sont prévues entre 2026 et 2030, notamment l’accélération des projets d’énergies renouvelables, le renforcement des infrastructures et le développement de partenariats stratégiques à l’échelle régionale et internationale.

    Des retombées économiques attendues et des interrogations

    Le secrétaire d’État a précisé que les projets attribués dans le cadre des concessions représentent un investissement global estimé à 2,4 milliards de dinars. Ils devraient permettre la création d’environ 300 emplois permanents et plus de 4.000 emplois durant la phase de réalisation.

    Sur le plan des coûts, le tarif moyen de production de l’électricité pourrait être réduit à 108 millimes par kilowattheure, contre environ 300 millimes pour une production à partir du gaz naturel importé. Ces projets permettraient également d’économiser près de 400 millions de dinars par an et de réduire les importations d’énergie.

    Lors du débat, plusieurs intervenants ont insisté sur la nécessité de renforcer la sécurité énergétique et de diversifier les sources de production, notamment dans un contexte économique et régional sous pression.

    Certains députés ont toutefois soulevé des interrogations concernant les conditions des concessions, notamment leurs implications sur les finances publiques et sur les équilibres de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz.

    En réponse, Wael Chouchane a assuré que l’attribution de ces projets se fait conformément au cadre légal en vigueur, affirmant que l’État veille à préserver ses intérêts et sa souveraineté sur ses ressources naturelles.

    M.B.Z

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