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Flottille Soumoud : Jawaher Channa remise en liberté

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Par Raouf Ben Hédi

    Selon des sources judiciaires, le juge d’instruction en charge du dossier de la flottille Soumoud a décidé, jeudi 23 avril 2026, de remettre en liberté l’activiste Jawaher Channa. Une décision qui intervient dans une affaire toujours marquée par de nombreuses zones d’ombre et des tensions persistantes entre autorités et société civile.

    Cette remise en liberté s’inscrit dans la continuité de celle de Sana M’hidli Msahli, libérée le 17 avril 2026 après son audition au pôle judiciaire économique et financier. D’autres figures du dossier, dont son époux Wael Naouar, restent toutefois en détention.

    Une affaire judiciaire au parcours chaotique

    L’affaire remonte au 6 mars 2026, date à laquelle plusieurs membres de la coordination tunisienne de la flottille Soumoud ont été interpellés, parmi lesquels Jawaher Channa, Wael Naouar, Nabil Chennoufi ou encore Mohamed Amine Bennour.

    Ces arrestations s’inscrivaient dans le cadre d’une enquête ouverte par le pôle judiciaire économique et financier, portant sur des soupçons de malversations financières, notamment de blanchiment d’argent et de gestion opaque de fonds destinés à financer une initiative maritime de solidarité avec Gaza.

    Le 16 mars, un cap supplémentaire était franchi avec l’émission de mandats de dépôt visant au total sept membres de la coordination, sans que ces derniers n’aient été auditionnés au préalable, une procédure qui avait suscité de vives critiques.

    Entre flou judiciaire et accusations politiques

    Depuis le début de l’affaire, le manque d’informations précises sur les charges retenues et l’évolution de l’enquête alimente les interrogations. Aucun détail officiel n’a été fourni sur les éléments à charge, ni sur le calendrier judiciaire.

    Ce silence a contribué à renforcer les critiques émanant de plusieurs organisations de la société civile, qui dénoncent des poursuites à caractère politique. Pour les membres de la coordination, ces arrestations s’inscrivent dans une logique de pression visant à freiner les initiatives de soutien à la cause palestinienne.

    La flottille Soumoud, qui ambitionne de briser le blocus de Gaza, avait initialement bénéficié d’un large soutien populaire avant de se retrouver au cœur d’une procédure judiciaire controversée.

    Une mobilisation qui ne faiblit pas

    Face à l’escalade judiciaire, la coordination tunisienne de la flottille s’est structurée en cadre civil et politique, affichant sa volonté de défendre les activistes poursuivis et de contrer ce qu’elle qualifie de criminalisation du militantisme.

    Des appels à la mobilisation ont été lancés ces dernières semaines, notamment à travers des marches et rassemblements, alors que les soutiens des détenus continuent de réclamer leur libération.

    La remise en liberté de Jawaher Channa pourrait marquer un infléchissement dans la gestion du dossier. Mais à ce stade, l’affaire Soumoud reste ouverte, et continue de cristalliser un débat plus large sur les frontières entre justice, engagement militant et enjeux politiques en Tunisie.

    R.B.H

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