Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

500 crèches et jardins d’enfants ferment : la petite enfance au bord de l’effondrement

Article réservé aux abonnés

Écouter cet article

0:00 0:00

Par Nadya Jennene

    Le secteur des jardins d’enfants et des crèches en Tunisie est en train de vaciller. Entre fermetures en série, pression financière croissante et prolifération de structures non autorisées, les professionnels tirent la sonnette d’alarme. Réunis en conférence de presse vendredi 24 avril 2026, ils décrivent une situation critique et appellent à une intervention urgente de l’État pour éviter un effondrement d’un secteur pourtant central dans la prise en charge de la petite enfance.

    Les chiffres avancés donnent le ton : près de 500 jardins d’enfants ont mis la clé sous la porte ces dernières années. Le nombre total d’établissements est ainsi passé de 6 020 en 2024 à environ 5 520 aujourd’hui. Une tendance préoccupante qui, selon les acteurs du secteur, devrait encore s’aggraver sous l’effet combiné de la baisse de la demande et de l’alourdissement des charges.

    Un secteur qui se vide… et un vide qui se remplit autrement

    Pour Nabiha Kamoun Tlili, présidente de la chambre nationale, le constat est sans appel : le secteur a atteint un seuil critique. Dans une déclaration à Mosaïque FM, elle affirme que près de 50,5% des enfants en Tunisie ne disposent pas de structures d’accueil clairement identifiées.

    Un vide qui favorise l’essor de structures non autorisées, qualifiées « d’anarchiques ». Ces espaces, souvent hors de tout contrôle, se multiplient rapidement, échappant aux normes pédagogiques et aux exigences de sécurité.

    La responsable rappelle qu’entre le début de l’année 2025 et le mois d’octobre, le ministère de la Famille et des Affaires sociales a procédé à la fermeture de 133 structures illégales. Un chiffre révélateur de l’ampleur du phénomène, mais aussi des limites des mécanismes de contrôle actuels.

    Des professionnels à bout, un appel pressant à l’État

    Face à cette dégradation continue, les professionnels réclament des mesures concrètes et immédiates. Ils plaident notamment pour l’application effective des mécanismes de subvention dédiés à la petite enfance, ainsi que pour la mise en place d’une aide spécifique en faveur des enfants atteints de troubles du spectre autistique.

    Le secteur exige également un renforcement du contrôle. La chambre syndicale appelle le ministère de l’Éducation à assumer pleinement son rôle en intensifiant les inspections dans les écoles privées, notamment en ce qui concerne l’accueil des enfants de quatre ans, une pratique jugée illégale lorsqu’elle ne respecte pas des conditions strictes. Elle insiste aussi sur la nécessité d’harmoniser les critères d’inscription des enfants de cinq ans dans les établissements scolaires.

    Ces revendications s’inscrivent dans un climat de tension déjà ancien. Le 30 octobre 2025, les professionnels étaient descendus dans la rue, devant l’Assemblée des représentants du peuple, pour dénoncer la dégradation de leurs conditions d’exercice. Six mois plus tard, le constat reste le même — mais l’urgence, elle, s’est encore aggravée.

    N.J

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Contenus Sponsorisés

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *