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« Ils ont besoin d’Ormuz bien plus que nous » : Washington hausse le ton contre les Européens

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Par Myriam Ben Zineb

    Le ton franchit un nouveau palier entre Washington et ses alliés européens. Le secrétaire américain à la Guerre, Pete Hegseth, a affiché, vendredi 24 avril 2026, une exaspération assumée face au manque d’engagement de plusieurs pays européens dans la sécurisation du détroit d’Ormuz, au cœur des tensions avec l’Iran.

    Lors d’un point de presse, il a estimé que les États-Unis ne pouvaient plus assumer seuls la charge des opérations dans cette zone stratégique, soulignant que les Européens « ont besoin du détroit d’Ormuz bien plus que nous ». Dans la même veine, il les a appelés à « parler moins » et à s’impliquer concrètement, notamment sur le plan militaire et naval.

    Washington hausse le ton

    Derrière cette sortie, le message est sans ambiguïté : l’administration américaine veut désormais un engagement tangible de ses alliés. Selon des informations rapportées par Reuters, des discussions internes au Pentagone évoquent même des mesures à l’encontre de certains pays de l’Otan jugés insuffisamment coopératifs dans les opérations liées à l’Iran.

    Ces options incluraient des pressions diplomatiques accrues, mais aussi des décisions plus lourdes sur le plan politique, dans un contexte où Washington entend redéfinir les règles du « partage du fardeau » au sein de l’alliance.

    L’Espagne dans le viseur

    Parmi les pays explicitement pointés, l’Espagne apparaît en première ligne. Madrid a refusé d’autoriser l’utilisation de ses bases militaires ainsi que le survol de son territoire par des appareils américains engagés dans les opérations contre l’Iran.

    Ce refus concerne notamment des installations stratégiques comme la base navale de Rota et la base aérienne de Morón, habituellement considérées comme des points d’appui essentiels pour les opérations américaines en Méditerranée.

    Selon Reuters, un document interne du Pentagone évoque même, parmi les scénarios étudiés, la possibilité de mesures de rétorsion visant directement l’Espagne, y compris des options inédites au sein de l’Otan. Une hypothèse qui illustre le niveau de crispation atteint.

    De son côté, le gouvernement espagnol a défendu sa position, affirmant agir dans le respect du droit international et maintenir son statut d’allié fiable, tout en refusant de s’engager dans une escalade militaire.

    Le détroit d’Ormuz, ligne de fracture

    Au centre de ces tensions, le détroit d’Ormuz reste un point névralgique du commerce énergétique mondial. Une part significative du pétrole transporté par voie maritime y transite, faisant de sa sécurisation un enjeu stratégique majeur, en particulier pour les économies européennes.

    Le détroit d’Ormuz est donc au cœur d’un blocage de fait, résultant d’un affrontement direct entre Téhéran et Washington. L’Iran a multiplié les actions pour en contrôler l’accès, allant jusqu’à saisir des navires, poser des mines et restreindre le passage aux bâtiments « hostiles », tandis que les États-Unis maintiennent en parallèle un blocus de ports iraniens. Ce face-à-face a provoqué un effondrement du trafic maritime : à peine quelques navires ont traversé le détroit en 24 heures, contre plus d’une centaine en temps normal, les armateurs préférant suspendre leurs opérations face aux risques.

    Une alliance sous tension

    Au-delà du seul dossier du détroit d’Ormuz, cette séquence met en lumière un isolement croissant de Washington sur la scène internationale.

    L’offensive contre l’Iran, engagée sans véritable consensus au sein de ses alliés, a creusé des lignes de fracture au sein de l’Otan et au-delà. Plusieurs capitales européennes refusent désormais de s’aligner sur une stratégie qu’elles n’ont ni initiée ni validée, privilégiant une posture de retenue face au risque d’escalade régionale.

    Dans ce contexte, les injonctions américaines à un engagement accru peinent à convaincre et accentuent, au contraire, les tensions avec leurs partenaires traditionnels.

    M.B.Z  

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