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De Zied El-Heni à Khalifa Guesmi : Mohamed Abbou dénonce les dérives de la justice tunisienne

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Par Sarra Hlaoui

    Partant de l’affaire Zied El-Heni, l’ancien ministre Mohamed Abbou établit un parallèle avec le dossier Khalifa Guesmi pour pointer ce qu’il considère comme des dysfonctionnements profonds de la justice.

    L’ancien ministre et avocat Mohamed Abbou a vivement critiqué l’état de la justice en Tunisie, en s’appuyant sur deux affaires récentes qu’il relie dans une même lecture : celle du journaliste Zied El-Heni et celle de Khalifa Guesmi.

    Dans une publication sur les réseaux sociaux, Mohamed Abbou commence par évoquer les révélations de Zied El-Heni, qui a mis en lumière une affaire ayant conduit au décès d’un officier de la Garde nationale, tout en dénonçant l’état qu’il qualifie de « catastrophique » de la justice tunisienne.

    Un enchaînement révélateur selon Abbou

    Dans la continuité, Abbou revient en détail sur l’affaire Khalifa Guesmi, qu’il présente comme une illustration concrète des dérives évoquées. Le journaliste et un officier de la Garde nationale avaient été poursuivis pour divulgation d’informations liées à une opération sécuritaire, avant d’être condamnés en première instance puis en appel.

    Après un pourvoi en cassation, la décision a été annulée et l’affaire renvoyée. La juridiction d’appel saisie a finalement conclu à l’absence d’un élément constitutif essentiel de l’infraction, à savoir la preuve de l’existence d’une « opération spéciale » dûment encadrée par une autorisation judiciaire.

    Elle a ainsi prononcé un non-lieu en faveur du journaliste, tandis que l’action publique s’est éteinte à l’égard de l’officier, décédé entre-temps en détention.

    Une critique globale du fonctionnement judiciaire

    Pour Mohamed Abbou, la succession de ces décisions, après plus de trois années de détention pour le journaliste et la mort de l’officier, met en évidence une défaillance majeure du système judiciaire.

    Il s’interroge sur la responsabilité des différentes instances impliquées — parquet, juge d’instruction et formations de jugement — qui n’auraient pas relevé, selon lui, l’absence d’un des éléments constitutifs de l’infraction.

    Au-delà du cas particulier, l’ancien ministre inscrit cette affaire dans un contexte plus large, marqué par ce qu’il décrit comme des pressions exercées sur les magistrats, évoquant notamment les révocations et mutations de juges ainsi que le démantèlement des instances de gouvernance judiciaire.

    Indépendance de la justice en question

    Mohamed Abbou estime que ces éléments alimentent une perte de confiance généralisée dans l’indépendance de la justice, s’interrogeant sur la crédibilité de l’institution dans les affaires sensibles, qu’elles soient politiques ou non.

    S’il souligne l’existence de magistrats « intègres », il distingue également ceux qui auraient cédé, selon lui, à des pressions, appelant à ce que les responsabilités soient établies à l’avenir.

    Enfin, il met en garde contre ce qu’il qualifie d’« inversion des valeurs » et appelle à ne pas banaliser ce type d’affaires, estimant qu’elles traduisent un malaise profond au sein de la société tunisienne.

    S.H

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