L’avocat Samir Dilou a publié sur les réseaux sociaux le contenu des déclarations de son client, le journaliste Zied El-Heni, lors de son audition tenue vendredi 24 avril 2026, soit deux jours avant l’émission d’un mandat de dépôt à son encontre.
Selon Me Dilou, l’échange avec le représentant du ministère public intervient en fin d’audition, autour d’une question classique : « Avez-vous quelque chose à ajouter ? ». C’est dans ce cadre que le journaliste a livré une déclaration structurée, mêlant défense de principe et critique explicite des poursuites engagées contre lui.
« Le ministère public me poursuit pour une opinion que j’ai exprimée dans un travail journalistique. Tout en respectant les institutions de l’État, je refuse les procès d’opinion et de débattre de mes idées et positions devant des juridictions que j’assimile à des tribunaux d’inquisition. À partir de cet instant, je choisis de garder le silence, afin de ne conférer aucune légitimité à cette procédure que je considère comme malveillante et dirigée contre moi.
Cela ne constitue en rien une tentative d’échapper à mes responsabilités quant à mes propos, mais relève d’une défense de l’honneur de la parole.
… Je suis, à l’image du vieux marin Santiago dans le roman de Hemingway, un symbole de défi, attaché à la mer et à la liberté. Il est de mon devoir de donner l’exemple à mes consœurs et confrères en restant fidèle à mes principes et en refusant de céder à l’intimidation et aux menaces. »
À travers ces propos, Zied El-Heni revendique clairement un positionnement de principe : celui de ne pas reconnaître la légitimité de poursuites qu’il considère liées à l’expression d’une opinion journalistique, tout en assumant pleinement ses prises de position.
Me Dilou précise par ailleurs que la dernière partie de cette déclaration, notamment la référence littéraire au personnage de Santiago dans l’œuvre d’Ernest Hemingway, n’a pas été consignée dans le procès-verbal officiel d’audition.
Ces éléments interviennent dans un contexte judiciaire marqué par l’émission, dimanche 26 avril 2026, d’un mandat de dépôt à l’encontre du journaliste, en attendant sa comparution devant la justice. L’affaire, qui porte sur des faits liés à l’expression via les réseaux de communication, continue de susciter réactions et interrogations au sein du paysage médiatique et politique.

S.H











7 commentaires
Citoyen_H
TI CHKOUNÉK INE’TI ?
Redescends sur terre ya rajel avant que tu ne te reçoives une balayette mémorable, qui, à terme, te conduira à un simulacre de grève de la faim.
Ya Ziyed, fok a3lik él machékil.
Tu n’as aucune aura et tu es à des années lumières de son ombre, et encore pire, ce n’est pas en te conduisant de cette manière, que tu comptes l’acquérir.
Commence par te calmer et affronte ce que tu as provoqué, malgré les multiples mises en garde.
Personne ne t’a pris en traitre.
Tout le monde connait les règles en cours et les lignes rouges, à ne pas franchir, à moins d’être m’rémedi.
zaghouan2040
Vous avez absolu tort vous défendez l’indéfendable
Mr Heni est quelqu’un de remarquable et surtout d’irreprochable moralement
Vous ne le connaissez pas
Citoyen_H
JUSTEMENT,
c’est vous qui ne le connaissez pas.
C’est un would 7oumti !!!!!!
zaghouan2040
Je n’ai.jamais eu le courage d’un Résistant comme Zied Heni
Je n’aurais jamais ce courage
Mais les « responsables » qui ont inculpé Mr Heni de manière aussi infâme ne pourront pas regarder leurs enfants et petits enfants dans les yeux
Salah tataouine
Zied El-Heni n’est pas Santiago, et son analogie avec le vieux pêcheur d’Hemingway tient plus de l’affirmation de soi que d’une véritable correspondance littéraire. Santiago ne voit pas la mer comme un ennemi, mais comme la mar, un terme affectueux pour désigner une femme aimée ; il traite les créatures marines, y compris le marlin, comme des frères, tout en respectant leur puissance. Son combat est naturel et métaphysique – fatigue, douleur, requins –, jamais judiciaire ou politique. Le journaliste tunisien, lui, est poursuivi sur la base du décret-loi n°54 ou du Code des télécommunications. Devant le procureur, il refuse ce qu’il appelle des « procès d’opinion », assimile la juridiction à des « tribunaux d’inquisition » et choisit le silence pour ne pas légitimer une procédure qu’il juge malveillante. Et pour se donner une stature héroïque, il s’identifie à Santiago, symbole de défi attaché à la mer et à la liberté. Or, c’est là que l’erreur éclate : Santiago accepte les règles de son monde – les courants, la ligne, l’échec possible – et va au bout de son combat sans jamais refuser la légitimité de l’arène où il se trouve. Zied El-Heni, au contraire, refuse d’entrer dans le prétoire parce qu’il en conteste d’avance le bien-fondé. Son silence n’est pas celui du pêcheur solitaire face à l’océan, mais un acte politique de contestation procédurale. Cette affaire n’a donc rien à voir avec la liberté de la presse comparée à une épopée maritime : elle porte sur l’obéissance à la loi, sur la qualification pénale d’opinions et sur la posture choisie face au juge. Santiago se bat dans le monde cruel mais cohérent qui est le sien ; Zied El-Heni choisit de se placer hors du cadre judiciaire en le disqualifiant par avance. Ce n’est pas Santiago qui veut, c’est un prévenu qui convoque maladroitement un mythe littéraire pour échapper à la dureté, non de la mer, mais de la loi.
P.S. – J’avais déjà commenté cette affaire ailleurs, et je le redis : il faut savoir que le téléphone et les réseaux sociaux donnent l’illusion d’être à l’abri, mais la loi est là. Le décret-loi n°54 punit d’un à deux ans de prison et de cent à mille dinars d’amende quiconque nuit sciemment aux tiers ou perturbe leur quiétude à travers les réseaux publics des télécommunications. Un outil n’est jamais bon ni mauvais en soi – un couteau sert à couper la viande, un téléphone à dire « allo, pronto, comment ça va ? » – mais ils peuvent tous servir à l’interdit. Je suis passé par là, dans un dossier de divorce où les ex conjoints s’insultaient à distance et les tribunaux se remplissaient, et cela m’a fatigué. Alors oui, jetez vos téléphones, servez-vous-en uniquement pour l’essentiel, et souvenez-vous de la nostalgie de la lettre, du timbre et de la carte postale. Comme dit mon autre cousin : « Tissanjer, fasbinbouk satwap » – ils sont fatiguants.
le sans bac un dimanche apres midi et comme on dit (ahad hadd ma chaff hadd…dimanche, on se repose)
zaghouan2040
A la sortie Sud sur la route de Borj El Khadra se trouvent quelques champs d’oliviers qui offrent une ombre rafraîchissante et empêchent étourdissements et délires invonlontaires suite aux cznicules précoces
Salah tataouine
Remede ?? …quand 44 $ milliards de dette ,un seul rayon avait traversé « mthalti »=les medecins disent:plus d espoir(canicule indetectable)
je delirais deja
Salah tataouine
Répondre
20 mars 2026 | 11h07
Je me souviens d’un cauchemar en mai 2011. Des Tunisiens en 2050 qui continuaient à payer la dette. Je voyais la note : 1 milliard de dollars par ici (Banque africaine, sous-officine de la Banque mondiale), 500 millions d’euros par là, du Qatar indexé au Libor – une arnaque que seul le sans bac de Tataouine avait expliquée à l’époque, avec ses doigts sales de poussière et sa tête pleine de maths vraies, celles qui ne mentent pas. J’ai crié dans la nuit, mes enfants se sont réveillés : « Tu t’es encore shooté avec la dette tunisienne ? » J’ai répondu en rigolant : « Soyez tranquilles, c’est pas à moi de payer, je suis plus proche de Aljallaz ! »
Le cauchemar s’est dissipé au réveil. Mais le fond, lui, est resté.
Aujourd’hui, Business News publie un titre qui ne dit rien : « L’or flambe, le marché meurt. » Comme si c’était une fatalité météo. L’or flambe à plus de 3 000 dollars l’once, signe que le monde entier a peur. Le marché tunisien meurt, étranglé par la fiscalité, la bureaucratie, la fuite des capitaux, l’absence de vision.
Entre les deux, il y a un lien. L’or flambe parce qu’on imprime des monnaies sans compter, parce que les dettes s’accumulent partout, parce que plus personne ne croit aux promesses des États. Et le marché tunisien meurt parce qu’on a choisi, depuis 2011, d’honorer les créanciers plutôt que de construire des hôpitaux, de rembourser des intérêts plutôt que d’investir dans les régions intérieures, de faire semblant plutôt que de dire la vérité.
La dette publique est passée d’environ 40 % du PIB en 2011 à près de 80 % aujourd’hui. Les emprunts présentés comme des bouées de sauvetage post-révolution sont devenus des chaînes. Les générations futures paient ce qu’elles n’ont pas contracté.
Je ne veux pas être Aljallaz aujourd’hui. Je veux crier, pour de vrai. La dette tunisienne n’est pas une fatalité, c’est une injustice qu’on nous a vendue comme une nécessité. L’or flambe parce que le monde a peur. Le marché meurt parce qu’on a préféré rembourser les banques plutôt que les vivants.
Alors je dis : arrêtons de faire semblant. Renégocions la dette odieuse, celle qui n’a pas profité au peuple. Taxons là où est l’argent, pas là où est la sueur. Construisons avec nos propres forces, pas avec ce qu’on nous prête.
Et pensons aux enfants de 2011, devenus adultes aujourd’hui, qui continuent de payer pour des rêves qu’ils n’ont pas faits.