Au lendemain d’une offensive d’ampleur menée par des groupes djihadistes affiliés au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), en alliance avec des factions indépendantistes du Nord, ayant visé plusieurs villes maliennes — dont la capitale Bamako — et coûté la vie à Sadio Camara, numéro deux de la junte, les regards se tournent vers les implications régionales de cette nouvelle escalade. Invité sur Jawhara FM lundi 27 avril 2026, l’universitaire Alaya Allani a livré une analyse approfondie, inscrivant ces événements dans une continuité historique et géopolitique complexe.
Le chercheur spécialiste des groupes islamistes a tenu à relativiser le caractère inédit de la situation, évoquant un « phénomène ancien renouvelé ». Selon lui, le Mali est engagé depuis les années 1990 dans un cycle d’instabilité marqué par l’implantation de groupes extrémistes, dont certains liés à Al-Qaïda. L’intervention militaire française en 2012, censée éradiquer cette menace, n’a pas produit les résultats escomptés. « La présence étrangère n’a pas permis de mettre fin au terrorisme, contrairement aux justifications avancées à l’époque », a-t-il rappelé.
Le tournant majeur est venu avec le coup d’État de 2020, qui a profondément redéfini les alliances dans la région. Ce basculement a favorisé l’émergence et la recomposition de groupes armés, notamment le GSIM, affilié à Al-Qaïda, ainsi que des éléments relevant de l’État islamique (Daech). Toutefois, Allani a insisté sur la prééminence du GSIM, qu’il considère comme la force dominante sur le terrain malien, avec une implantation territoriale et des réseaux locaux plus solides que ceux de l’État islamique.
L’universitaire a mis également en lumière les déterminants internes de la crise, notamment les fractures ethniques et les rivalités locales, ainsi que l’immensité du territoire malien — plus de 1,2 million de km² pour une population relativement faible — qui complique considérablement le contrôle des frontières. À cela s’ajoute, selon lui, un enjeu stratégique majeur : les ressources naturelles du pays, en particulier l’or, l’uranium et de potentielles réserves pétrolières, qui alimentent les convoitises et les ingérences étrangères.
Dans cette configuration, Alaya Allani a évoqué aussi des interactions croissantes entre les dynamiques locales et les rivalités internationales. Il a souligné notamment que la présence russe au Mali — conjuguée au contexte de guerre en Ukraine — ouvrait la voie à des interférences indirectes, certains acteurs cherchant à affaiblir l’influence de Moscou dans la région sahélienne.
S’agissant des répercussions sur le Maghreb, le chercheur a adopté une posture mesurée. Il estime que, à ce stade, les développements récents ne constituent pas une rupture majeure, mais s’inscrivent dans une logique de « guerre d’usure » faite d’attaques ponctuelles et de replis stratégiques, similaires à celles observées ces dernières années, notamment entre 2023 et 2025.
Cependant, il a appelé à une vigilance accrue, en particulier pour la Tunisie. Sans évoquer de menace directe immédiate, il a mis en garde contre les effets indirects, notamment via les flux migratoires irréguliers, qui pourraient être exploités par certains éléments extrémistes pour rejoindre d’autres zones, notamment en Europe. Il a souligné néanmoins que l’absence de frontières communes avec le Mali et le rôle sécuritaire renforcé de pays comme l’Algérie constituaient des facteurs limitants.
Rassurant quant à la capacité des autorités maliennes à contenir la situation à court terme, Alaya Allani a notamment évoqué des opérations d’arrestation récentes visant des éléments insurgés, preuve, selon lui, que l’appareil sécuritaire conserve une certaine maîtrise du terrain, malgré la persistance des attaques.
N.J











Commentaire
Gg
Pas d’accord.
La France avait été appelée par le pouvoir récemment élu, alors que les daesh@Co étaient en passe de s’emparer de la capitale sous 48h.
Et ça avait marché, contrairement à ce que vous dites.
Puis nouveau changement de régime les français sont renvoyés, et normalement Wagner devait assurer le remplacement.
Echec, et voilà la situation aujourd’hui.