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En Tunisie, le beurre est plus cher que la viande

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Par Maya Bouallégui

    Le beurre atteint désormais des niveaux de prix qui frôlent l’absurde dans certaines grandes surfaces tunisiennes. Le paquet de 200 grammes est proposé jusqu’à 8,200 dinars, comme en atteste ce ticket de caisse largement partagé sur les réseaux sociaux.

    Un simple calcul suffit : 8,200 dinars pour 200 grammes équivalent à 41 dinars le kilogramme. Un niveau de prix qui place ce produit du quotidien dans une catégorie totalement inattendue.

    Car, dans le même temps, les prix de la viande affichés ce matin mardi 28 avril 2026 sur le site de Carrefour Tunisie racontent une tout autre réalité. La « habra de bœuf » est proposée à 39,500 dinars le kilo, tandis que le steak haché assaisonné est affiché à 38 dinars le kilo. Le blanc de poulet est 15,900 dinars le kilo, alors que la habra de dinde est à 22,350 dinars.

    Prix affichés chez Carrefour

    Le constat est donc sans appel : le beurre est désormais plus cher que la viande qu’elle soit rouge ou blanche.

    Certes, tous les points de vente ne pratiquent pas les mêmes tarifs. Chez Ben Yaghlane, les prix semblent particulièrement élevés, alors que d’autres enseignes comme Monoprix ou Carrefour affichent des niveaux légèrement inférieurs. Mais même en tenant compte de ces écarts, la tendance reste préoccupante.

    Car ce qui choque, ce n’est pas seulement le prix en soi, c’est la hiérarchie des prix. Comment expliquer, dans une économie qui se veut rationnelle, qu’un produit aussi basique que le beurre en vienne à coûter plus cher que la viande ? Comment justifier qu’un dérivé laitier transformé dépasse en valeur un produit brut, nécessitant élevage, alimentation animale, abattage et logistique lourde ?

    Prix affichés chez Monoprix

    Ce renversement n’a rien d’anodin. Il traduit un dérèglement profond des mécanismes de marché. Soit les coûts de production et de distribution du beurre ont été laissés dériver sans contrôle ni régulation, soit les marges pratiquées à certains niveaux de la chaîne sont devenues excessives. Dans les deux cas, c’est le consommateur qui paie la facture, sans explication claire.

    Un État social introuvable

    Et c’est ici que le discours officiel se heurte brutalement à la réalité. À longueur de journées, le président de la République rappelle le rôle social de l’État, promet la justice, l’équité et la protection du citoyen face aux dérives du marché. Mais face à un produit de première nécessité qui atteint de tels niveaux de prix, où est cet État social ?

    Car un État social ne se mesure pas aux discours. Il se mesure à la capacité réelle de réguler, de contrôler et d’empêcher que des produits du quotidien deviennent inaccessibles. Il se mesure à sa présence concrète dans les circuits de distribution, dans la formation des prix, dans la protection du pouvoir d’achat.

    Or, ce que montre ce beurre à 41 dinars le kilo face à une viande autour de 38 à 39 dinars, c’est exactement l’inverse. C’est un État absent, ou impuissant. Un État qui proclame sa vocation sociale, mais qui laisse les mécanismes du marché produire des aberrations économiques sans correction visible.

    Plus inquiétant encore, cette flambée s’installe dans une forme de banalisation. Quelques publications sur les réseaux sociaux, quelques réactions indignées, puis le silence. Comme si ces anomalies de prix devenaient progressivement la norme.

    Or, il ne s’agit pas d’un produit de luxe. Le beurre fait partie du quotidien. Le voir dépasser le prix de la viande n’est pas un simple fait-divers économique. C’est un signal d’alerte.

    Un signal clair que quelque chose, dans cette économie, ne tourne plus rond.

    M.B.

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    2 commentaires

    1. Citoyen_H

      Répondre
      28 avril 2026 | 17h50

      RE-HAHAHAHAHA, RE-HAHAHAHAHA, RE-RE-RE-HAHAHAHAHA.

      Vous aviez meuglé tels des bisons en rut, cavalant dans les hautes plaines, « khobz ou Mè et ZABA lè ».
      Vous y êtes, les filles !
      TERMINUS, tout le monde descend !
      Ili ché7, yilbiss.
      Mè 7mid’touch Rabi, à l’époque.
      Ce sera de mal en pis, je vous le garantis, bandes de charognards affamés, sans foi ni loi.
      Prenez-en de la graine, les tammé3a et les jou3é3a et surtout, méfiez-vous des traitres qui sont en train de vous conduire à votre perte, ceux qui occupent artificiellement les gros titres, ceux qui veulent qu’on les prenne pour des Gandhi ou des Mandela, alors qu’ils ne représentent rien, absolument rien. !
      Méfiez-vous de tous ceux qui nous font tout un cinéma, uniquement pour accéder à leurs fins et non à votre bienêtre.
      Reprenez-vous, pendant qu’il est encore temps, si vous avez un peu d’amour pour votre patrie et pour vos enfants.
      Occupez-vous plutôt de ceux qui vous avaient plongé vos têtes de bourricots dans le purin, les khwémjiya qui vous avaient promis pour vous laisser tomber par la suite, une fois leur but atteint, tels que le Marzoukiki, le Ghannouchi, la Zoghlémi qui a complètement disparu de la circulation, la SBS, les Abbou et tout le reste des saltimbanques consanguins de la chaotique terka.
      Par pitié, cessez de vous plaindre et assumez ce que vous aviez contribué à se produire, bandes de rkhass, de vendus et de traitres.

    2. zaghouan2040

      Répondre
      28 avril 2026 | 17h38

      Certains mécanismes essentiels de régulation économique sont indiscutablement hors de contrôle
      Quant au soi-disant rôle de garant social auquel aspire cet État………

    Répondre

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