La campagne oléicole 2025-2026 touche à sa fin avec des indicateurs globalement positifs à l’export, mais des inquiétudes persistent quant à la prochaine saison, notamment en raison du stress hydrique et de la baisse des ressources.
Intervenant mardi 28 avril 2026 sur Jawhara FM, le président du Syndicat des oléiculteurs de Sahline, Abdallah Sahraoui, a indiqué que les prix de l’huile d’olive sur le marché local oscillent actuellement entre douze et treize dinars le litre. Sur le marché international, le kilo s’échange autour de 4,73 euros, avec des variations selon la qualité.
Des exportations solides
Jusqu’à fin mars, la Tunisie a exporté près de 184,3 mille tonnes d’huile d’olive, générant des recettes dépassant 2.263 milliards de dinars. « La demande mondiale reste forte », a affirmé Abdallah Sahraoui, évoquant un besoin estimé à environ 500 mille tonnes sur les marchés internationaux.
Sur le plan des prix à l’export, le kilo d’huile d’olive tunisienne se négocie entre neuf et 11,5 dinars, pouvant atteindre 12,5 dinars pour l’extra vierge.
Une saison prochaine incertaine
Malgré ces performances, l’intervenant a mis en garde contre une saison à venir « difficile ». En cause, le caractère alternant de la production dans les cultures pluviales, mais aussi et surtout le manque d’eau.
Il a souligné que les cultures irriguées, plus régulières, restent fortement dépendantes de ressources hydriques aujourd’hui sous tension, dans un contexte marqué par plusieurs années de sécheresse.
Le manque d’eau pèse sur l’agriculture
Abdallah Sahraoui a insisté sur l’impact direct du déficit hydrique sur l’ensemble du secteur agricole. Il a pris l’exemple du gouvernorat de Monastir, qui assure environ 41 % de la production nationale de primeurs sous serres.
Selon lui, la baisse drastique du niveau du barrage Nebhana a fortement affecté les capacités de production. Autrefois alimentée par des volumes d’eau importants, la région fait désormais face à une situation critique, après plusieurs années de sécheresse.
Cette contraction de l’offre contribue, d’après lui, à la hausse des prix observée sur certains produits, notamment la tomate.
Mouton de l’Aïd : des prix tirés par les intermédiaires
À l’approche de l’Aïd, Abdallah Sahraoui a également évoqué le marché du bétail, pointant une forte hausse des prix liée notamment au rôle des intermédiaires.
Selon ses déclarations, un mouton d’environ 30 kg est vendu par l’éleveur autour de 1.300 dinars, mais peut atteindre 1.600 dinars chez le consommateur final. « Les marges réalisées par certains intermédiaires sont importantes », a-t-il dénoncé.
Un cheptel en recul
L’intervenant a par ailleurs signalé une baisse du cheptel estimée à près de 50%, dans un contexte de hausse des coûts de l’alimentation animale et de sécheresse prolongée.
Alors que la demande à l’occasion de l’Aïd peut atteindre un million de têtes, l’offre actuelle reste insuffisante. Pour y remédier, il a plaidé en faveur de l’importation de brebis sur plusieurs années, afin de reconstituer progressivement le cheptel national.
Des prix agricoles encore élevés
Enfin, Abdallah Sahraoui a évoqué les produits agricoles de saison, indiquant que les fruits d’été commencent à arriver sur les marchés. Toutefois, certains prix demeurent élevés, notamment en raison d’une maturation encore incomplète des récoltes.
M.B.Z










