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Lotfi Bouchnak saisit la justice après une vague de désinformation et d’attaques personnelles

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Par Nadya Jennene

    Le nom du grand artiste tunisien Lotfi Bouchnak se trouve, depuis plusieurs jours, au centre d’une vive controverse alimentée par les réseaux sociaux. En cause : la résurgence d’une ancienne chanson, intitulée « Ahlan Tounes », produite en 2021 dans le cadre d’une initiative menée avec le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, et aujourd’hui largement détournée de son contexte initial.

    Diffusée à l’époque pour promouvoir les valeurs d’accueil et de solidarité à l’occasion d’une campagne de sensibilisation aux droits des réfugiés, cette œuvre refait surface cinq ans plus tard dans un climat profondément différent. Relayée massivement en ligne, elle est désormais accompagnée de commentaires accusatoires, certains internautes allant jusqu’à reprocher à l’artiste de soutenir des politiques d’« installation durable d’étrangers » ou de porter atteinte à « l’identité nationale ».

    La polémique a rapidement pris une ampleur considérable, nourrie par des discours virulents qui dépassent largement le cadre de la critique artistique. Dans de nombreuses publications, des organisations de défense des droits humains, telles que la Ligue tunisienne des droits de l’homme ou encore l’Institut arabe des droits de l’homme, sont également prises pour cible.

    Plus préoccupant encore, certains contenus véhiculent des propos ouvertement xénophobes, voire racistes, visant à la fois les migrants, les réfugiés et l’artiste lui-même. Des attaques ad hominem, portant notamment sur ses origines familiales, participent à nourrir une rhétorique d’exclusion qui accentue la polarisation du débat.

    Dans ce contexte, l’avocat de l’artiste, Ahmed Ben Hassana, est intervenu mardi 28 avril 2026 sur les ondes de Jawhara FM pour apporter des éclaircissements. Il a fermement dénoncé une « opération de manipulation » visant à dénaturer le sens de l’œuvre.

    Selon lui, la chanson incriminée n’a aucun lien avec les débats actuels sur la migration. Elle s’inscrivait, lors de sa sortie en 2021, dans une démarche strictement humanitaire, en phase avec les engagements internationaux de la Tunisie en matière de droits humains.

    Me Ben Hassana a évoqué également des manipulations techniques, affirmant que certaines versions de la vidéo circulant en ligne avaient été modifiées par l’ajout d’images étrangères à l’œuvre originale, dans le but d’induire le public en erreur.

    Face à l’ampleur de la polémique, le Syndicat tunisien des professions musicales et professions apparentées a mandaté Me Ben Hassana pour engager une action en justice. Fait notable, Lotfi Bouchnak a décidé, pour la première fois selon son avocat, d’engager lui-même des poursuites, parallèlement à l’initiative du syndicat. 

    La plainte visera « toute personne que l’enquête permettra d’identifier », avec une attention particulière portée aux instigateurs de cette campagne, accusés d’avoir orchestré la diffusion et la transformation du contenu.

    Aucune prise de parole publique directe de l’artiste n’a été enregistrée, mais la voie judiciaire semble désormais privilégiée pour répondre à ce qu’il considère, par la voix de son avocat, comme une atteinte grave à son image et à son engagement artistique.

    N.J

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