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Clips de ceinture : des dispositifs de contournement mortels, désormais interdits en Tunisie

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Par Imen Nouira

    Derrière un gadget en apparence anodin se cache un risque majeur. Vendus comme de simples accessoires, les clips de ceinture de sécurité peuvent neutraliser un dispositif vital. Face à la multiplication de ces produits permettant de contourner les systèmes de sécurité des véhicules, l’Observatoire national de la sécurité routière (ONSR) rappelle qu’ils sont désormais interdits en Tunisie, une décision jugée indispensable au regard des risques encourus.

    L’observatoire a confirmé, mercredi 29 avril 2026, l’interdiction de production, d’importation et de commercialisation des dispositifs dits « clips », « boucle ceinture » ou « verrous fictifs » de ceinture de sécurité, dénonçant une pratique en nette progression et jugée extrêmement dangereuse pour les usagers de la route.

    Un détournement des dispositifs de sécurité

    Dans son communiqué, l’ONSR met en garde contre l’usage de ces accessoires, conçus pour être insérés dans le mécanisme de la ceinture afin de tromper les systèmes électroniques des véhicules. Leur utilisation permet de désactiver les alertes sonores signalant l’absence de ceinture, voire, dans certains véhicules récents, de permettre le démarrage sans attache effective.

    Pour l’organisme, ce comportement revient à neutraliser un dispositif de sécurité essentiel, installé par les constructeurs pour réduire les conséquences des accidents.

    Un risque vital clairement établi

    L’observatoire rappelle que le port de la ceinture de sécurité demeure l’un des moyens les plus efficaces pour limiter la gravité des accidents. Selon les données citées, il permet de réduire jusqu’à 65% le risque de décès pour les passagers à l’avant.

    Dès lors, le recours à ces « clips » est qualifié de comportement à haut risque, susceptible d’avoir des conséquences dramatiques en cas de collision. L’ONSR insiste sur le fait qu’un simple geste visant à éviter une gêne sonore peut mettre directement en danger la vie du conducteur et de ses passagers.

    Une décision officielle déjà actée au Jort

    Cette alerte s’appuie sur un cadre réglementaire déjà en vigueur. Un avis publié au Journal officiel de la République tunisienne (Jort) n°35 du 3 avril 2026, signé par les ministres du Commerce, de la Santé, de l’Intérieur, du Transport et des Finances, interdit formellement toute activité liée à ces produits.

    Le texte précise que sont prohibés la fabrication, l’importation, le stockage, la mise en vente ou la distribution — gratuite ou payante — de tout produit susceptible de désactiver les systèmes de sécurité des véhicules.

    Un encadrement juridique strict

    L’avis ministériel s’appuie sur plusieurs textes législatifs, notamment la loi n°117 de 1992 relative à la protection du consommateur, le Code de la route (loi n°71 de 1999) ainsi que le décret n°147 de 2000 fixant les règles techniques d’équipement des véhicules.

    Il justifie cette interdiction par la prolifération du « verrou fictif de ceinture de sécurité », un produit permettant de faire croire au système électronique que la ceinture est attachée, ainsi que par son impact négatif direct sur le comportement des conducteurs et sur les dispositifs de sécurité embarqués.

    Saisie, retrait et sanctions

    Le dispositif réglementaire prévoit également des mesures coercitives. Les produits concernés doivent être saisis et détruits aux frais des contrevenants, conformément à la législation sur la protection du consommateur.

    Par ailleurs, les fabricants, importateurs et distributeurs sont tenus de retirer ces produits de tous les circuits de distribution, en assumant les coûts liés à cette opération. Tout manquement expose les contrevenants à des poursuites et à des sanctions prévues par les textes en vigueur.

    Un appel à la vigilance

    À travers cette communication, l’ONSR appelle à une prise de conscience collective face à un phénomène en expansion. L’organisme insiste sur la nécessité de respecter les dispositifs de sécurité et de ne pas recourir à des pratiques qui compromettent directement la protection des usagers.

    Dans un contexte où les accidents de la route continuent de peser lourdement sur le bilan humain et économique en Tunisie, cette interdiction vise à renforcer la prévention et à rappeler que le port de la ceinture de sécurité reste une obligation vitale.

    I.N.

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