Le ministère de la Santé a annoncé, mercredi 29 avril 2026, l’élargissement de la campagne nationale de vaccination contre le virus du papillome humain (HPV) pour inclure désormais les filles âgées de douze à 18 ans, précisant que ce vaccin est entièrement gratuit.
Dans son communiqué, le département souligne que cette vaccination, proposée sur une base volontaire, vise à assurer une protection à long terme contre le cancer du col de l’utérus, l’une des principales menaces pour la santé des femmes.
Afin de faciliter l’accès à ce service préventif, le ministère indique que les vaccins sont disponibles dans les centres de santé de base dédiés à cette campagne, répartis sur l’ensemble du territoire. La liste complète et détaillée des centres agréés peut être consultée via la page officielle du ministère ou directement auprès des structures de santé concernées.
Le ministère de la Santé appelle, enfin, les parents ainsi que les jeunes filles concernées à se rendre dans les centres de santé de base afin de bénéficier de cette vaccination préventive.
Un virus très répandu et à haut risque
Le papillomavirus humain (HPV) est l’un des virus les plus fréquents au monde. Transmis principalement par contact sexuel, il regroupe plusieurs types : certains provoquent des lésions bénignes, tandis que d’autres sont directement à l’origine de cancers, notamment celui du col de l’utérus, mais aussi de l’anus, de la gorge ou encore du pénis.
Des recherches scientifiques majeures ont permis d’établir, dès les années 1970, le lien entre certains types de HPV — notamment les seize et 18 — et le cancer du col de l’utérus. Ces travaux, récompensés par un prix Nobel en 2008, ont ouvert la voie au développement de vaccins préventifs efficaces.
Un vaccin efficace et largement utilisé
Aujourd’hui, plusieurs vaccins sont disponibles, dont certains couvrent les souches les plus dangereuses du virus. Leur efficacité est largement démontrée : ils permettent de réduire de plus de 90 % le risque de cancers liés au HPV dans les pays où ils sont déployés à grande échelle.
L’Organisation mondiale de la santé recommande une vaccination précoce, généralement entre neuf et quatorze ans, avant le début de l’activité sexuelle, afin de garantir une réponse immunitaire optimale et une protection maximale.
Sécurité et fausses informations
Le vaccin contre le HPV est considéré comme sûr et bien toléré. Les effets secondaires observés sont le plus souvent bénins, tels que des douleurs au point d’injection ou une légère fièvre. Les complications graves restent extrêmement rares.
Malgré cela, des informations erronées ont beaucoup circulé à son lancement en 2025 en Tunisie, notamment sur les réseaux sociaux, évoquant des risques d’infertilité ou des théories complotistes. Ces affirmations ne reposent sur aucune preuve scientifique et ont été démenties par de nombreuses études internationales.
Un enjeu de santé publique en Tunisie
En Tunisie, le cancer du col de l’utérus figure parmi les cancers les plus fréquents chez les femmes. La vaccination, associée au dépistage régulier, constitue un levier essentiel pour réduire significativement le nombre de cas et améliorer la prévention.
L’élargissement de cette campagne nationale représente ainsi une opportunité importante pour renforcer la protection des jeunes filles et inscrire durablement la prévention dans la politique de santé publique.
M.B.Z










