La cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, a reçu jeudi 30 avril 2026 au Palais de la Kasbah le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Fethi Zouhair Nouri, venu lui remettre les états financiers de l’institution pour l’exercice 2025 ainsi que le rapport des commissaires aux comptes.
Lors de cette rencontre, la cheffe du gouvernement a mis en avant les orientations économiques de l’État, fondées, selon elle, sur des choix nationaux et l’indépendance vis-à-vis des pressions extérieures. Elle a estimé que cette approche a permis d’enregistrer des indicateurs jugés positifs, malgré un contexte international marqué par des incertitudes économiques et géopolitiques.
Elle a, dans ce cadre, salué le rôle de la Banque centrale dans la conduite de la politique monétaire, évoquant notamment la maîtrise de l’inflation, la stabilisation du taux de change, le maintien des réserves en devises et la baisse du taux directeur. Autant d’éléments présentés comme des facteurs de résilience de l’économie tunisienne.
La responsable gouvernementale a toutefois appelé à davantage de vigilance face aux chocs externes, insistant sur la nécessité pour les structures publiques de renforcer leurs efforts afin d’atténuer l’impact des crises internationales, en particulier sur le pouvoir d’achat des ménages.
Elle a également relié ces orientations à la publication, le même jour au Journal officiel, des décrets portant augmentation des salaires dans les secteurs public et privé. Une mesure présentée comme un levier central pour soutenir le pouvoir d’achat et répondre aux attentes sociales, dans un contexte de pressions économiques persistantes.
De son côté, le gouverneur de la Banque centrale a réaffirmé l’engagement de l’institution à accompagner la politique économique de l’État, en soutien aux équilibres macroéconomiques et aux choix stratégiques du pays.
S.H











Commentaire
Salah tataouine
L’Analyse du Désert, absente de la Kasbah
Face à la satisfaction affichée par la cheffe du gouvernement, le Trappeur sans Bac aurait posé son regard aiguisé sur les faits, armé de sa seule logique et de quinze ans d’archives. Un dialogue aurait pu s’engager, opposant aux certitudes officielles les réalités du terrain.
Sur les indicateurs « jugés positifs » : « Madame la Cheffe du gouvernement, vous parlez d’indicateurs positifs. Mais permettez-moi de vous rappeler que le ‘POC’ , le juste prix de notre économie, se lit au sous-sol. La masse monétaire a bondi de 19%, la planche à billets tourne plus vite que le cœur de l’économie, et mes chameaux savent qu’un billet de 100 dinars aurait dû être imprimé depuis longtemps. »
Sur la baisse du taux directeur et l’inflation : « Vous saluez la maîtrise de l’inflation. Mais moi, j’ai vu la BCT faire le grand écart depuis 2013 : freiner d’un côté et arroser de l’autre. Une contradiction que vos prédécesseurs n’ont jamais pu m’expliquer. La ‘correction’ , ce n’est pas un chiffre dans un rapport, c’est une boucle de remise en cause que le marché, lui, pratique tous les jours. »
Sur l’augmentation des salaires : « Vous augmentez les salaires pour soutenir le pouvoir d’achat. C’est noble. Mais si cette augmentation est financée par la planche à billets, c’est une drogue douce. Le prix, ce n’est pas la valeur. Vous donnez un peu de prix aux ménages, mais vous ne créez pas de valeur. La valeur, elle est dans le désert : dans l’huile d’olive et les figues de Barbarie, dans la ‘souveraineté’ alimentaire et énergétique. Le reste est un mirage. »
Sur l’indépendance vis-à-vis des pressions extérieures : « Vous revendiquez votre indépendance face aux pressions extérieures. Mais le pétrodollar est le vrai maître du jeu. Je vous aurais parlé du détroit d’Ormuz, du cours du WTI, et comment nos 44 milliards de dette sont des œufs dans le panier du FMI. C’est cela, la vraie géopolitique, Madame la Cheffe. »
Le Constat du Désert
Voilà ce qu’ils ont manqué. Non pas un opposant, mais un œil qui voit ce que les tableaux Excel ne montrent pas. Un homme qui a appris à lire les excès du marché et qui aurait pu leur apprendre à lire les excès de l’État.
Salah Tataouine
Fils du désert, veilleur de la mère patrie.
Docteur Honoris Causa, Trappeur sans Bac.
Celui qui corrige, parce qu’il aime.