Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Municipales 2026 : l’Isie se dit prête, mais en attente du feu vert politique

Article réservé aux abonnés

Écouter cet article

0:00 0:00

Par Nadya Jennene

    L’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie) est prête à organiser les municipales d’ici fin 2026. C’est ce qu’a annoncé, son porte-parole, Mohamed Tlili Mansri, jeudi 30 avril 2026, sur les ondes de Diwan FM. Mais entre vide juridique, attente d’une décision politique et recomposition de la gouvernance locale, le retour aux urnes reste suspendu à plusieurs inconnues.

    Intervenant dans l’émission Houna Toues, Mohamed Tlili Mansri a assuré que l’Isie disposait des ressources nécessaires pour organiser ces élections dans un délai de trois mois après la publication du décret de convocation des électeurs. Une affirmation qui contraste avec l’incertitude persistante entourant les municipales, absentes du calendrier depuis la dissolution des conseils élus. 

    Car au-delà de la préparation technique, la tenue du scrutin reste conditionnée à deux préalables majeurs. D’une part, une décision politique formelle fixant la date du vote. D’autre part, l’adoption d’un nouveau cadre juridique. L’actuel dispositif régissant les collectivités locales est en effet jugé caduc, notamment après les transformations introduites par le décret-loi n°8 de mars 2023. Dans ce contexte, l’adoption d’une nouvelle loi organique des municipalités apparaît comme un passage obligé.

    Le porte-parole de l’Isie a par ailleurs rejeté toute remise en cause de l’existence des conseils municipaux, rappelant qu’ils sont garantis par la Constitution, notamment à travers son article 133. Une mise au point qui intervient alors que certaines voix appellent à repenser, voire à remplacer, ces structures dans leur forme actuelle.

    Ces déclarations s’inscrivent dans une séquence de recomposition plus large du pouvoir local. Quelques jours auparavant, le ministre de l’Intérieur, Khaled Nouri, avait présenté les orientations d’un futur texte visant à refonder le fonctionnement des municipalités. L’objectif affiché : renforcer les mécanismes de reddition des comptes et évaluer l’action municipale à l’aune des réalisations concrètes.

    Cette approche marque un tournant. Elle tend à privilégier une logique de performance et de gestion, au risque d’éclipser la dimension politique et représentative du pouvoir local. Une évolution qui prolonge la rupture intervenue en 2023, lorsque les conseils municipaux ont été dissous. 

    Le décret-loi n° 2023-9 du 8 mars 2023 a, rappelons-le, entériné la dissolution de l’ensemble des conseils municipaux en Tunisie, issus des élections de 2018. Cette mesure, décidée dans le cadre d’une refonte du pouvoir local, a conduit à leur remplacement par des délégations spéciales — ou, dans certains cas, par des secrétaires généraux — chargés d’assurer la gestion courante des municipalités.

    Initialement présentée comme transitoire, cette configuration s’est installée dans la durée, créant un vide électoral inédit. Plus de deux ans après, les municipalités continuent d’évoluer dans un cadre provisoire, avec des marges de manœuvre limitées, notamment sur le plan budgétaire.

    Sur le terrain, les blocages s’accumulent. L’initiative récente du conseil local de Tunis Ville, qui a saisi la présidence de la République et le ministère public au sujet de projets à l’arrêt depuis 2024, illustre les dysfonctionnements actuels. Ce recours direct au sommet de l’État témoigne d’un contournement des circuits institutionnels classiques, révélateur d’une gouvernance en tension.

    N.J

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *