Des journalistes ont fermement condamné, dans un communiqué publié jeudi 30 avril 2026, la suspension des activités de la Ligue tunisienne de défense des droits de l’Homme (LTDH), estimant qu’il s’agit d’une mesure arbitraire dépourvue de fondement juridique et moral.
Exprimant leur vive indignation, les signataires ont noté que cette décision était une atteinte aux principes de l’État de droit et aux fondements de la justice, la qualifiant d’attaque manifeste contre les libertés publiques.
La LTDH a annoncé, dimanche la suspension de ses activités pour une durée d’un mois, expirant son rejet « catégorique » de cette décision de justice. L’organisation a dénoncé une mesure « arbitraire » et annoncé son intention de contester cette décision par les voies légales, tout en appelant à la mobilisation pour défendre la liberté associative.
Cette suspension s’inscrit dans un contexte plus large de restrictions croissantes visant les organisations de la société civile en Tunisie. Le collectif de journalistes a d’ailleurs évoqué un « processus préoccupant » de pression sur les voix indépendantes et les structures de défense des droits humains.
Dans leur déclaration, les signataires ont affirmé leur « solidarité totale et inconditionnelle » avec la Ligue tunisienne de défense des droits de l’Homme, considérant que les mesures prises à son encontre dépassent le cadre de l’institution pour toucher, plus largement, l’ensemble des acteurs engagés dans la défense des libertés et dans le travail de dénonciation et de contrôle.
Le communiqué met également en garde contre les conséquences d’un durcissement de la situation des libertés publiques, estimant que la poursuite de telles décisions pourrait fragiliser davantage l’espace civique et les acquis en matière de droits fondamentaux.
Les signataires ont appelé également à l’annulation immédiate de la décision de suspension exhortant les autorités à mettre fin à toute forme de pression ou d’intimidation à l’encontre des organisations de la société civile et des médias.
Ils ont, par ailleurs, réaffirmé leur attachement au rôle de la LTDH, institution historique du paysage associatif tunisien.
La veille, l’Association des magistrats tunisiens (AMT) s’est également exprimé sur le sujet affirmant sa solidarité avec la LTDH. L’AMT a dénoncé la mesure de suspension de l’organisation prise « sans motif valable », évoquant également un recul préoccupant des libertés d’expression, de réunion et d’association.
Plus tôt, le lundi 27 avril, l’Ordre national des avocats de Tunisie a exprimé sa « vive inquiétude » après la décision de suspendre les activités de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme, dénonçant une multiplication des mesures visant des associations, qu’elle considère comme une atteinte aux libertés fondamentales.
Il a réaffirmé son soutien à la LTDH, à ses responsables et à ses militants, saluant son rôle historique dans la défense des droits humains et la promotion des valeurs de citoyenneté, d’égalité et de justice.
L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a, de son côté, exprimé sa « vive préoccupation » estimant que cette mesure porte atteinte à la liberté d’action associative et constitue un précédent jugé préoccupant. Selon son bureau exécutif national, une telle décision risque d’affaiblir l’un des acquis essentiels des Tunisiens en matière de défense des droits et des libertés.


N.J










