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Les avocats décrètent la grève générale sur fond de crise du système judiciaire

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Par Sarra Hlaoui

    La tension monte d’un cran entre la profession d’avocat et les autorités. Réunis en assemblée générale extraordinaire ce 1er mai 2026, à l’appel du Conseil de l’Ordre national des avocats de Tunisie, les avocats ont décidé d’observer une grève générale et de boycotter les chambres judiciaires accusées de violations des procédures et d’atteintes aux droits de la défense.

    Une décision de rupture

    Cette mobilisation marque un tournant. Elle intervient après plusieurs mois de tensions croissantes autour du fonctionnement de la justice et des conditions d’exercice de la profession.

    Les avocats dénoncent une dégradation continue du service public de la justice, évoquant des dysfonctionnements répétés dans les procédures, des atteintes aux garanties du procès équitable et des entraves à l’exercice du droit de la défense.

    Le dialogue rompu avec les autorités

    Au cœur de la crise : l’absence de dialogue avec les pouvoirs publics. Depuis l’installation de la nouvelle instance représentative de la profession, aucune concertation réelle n’aurait été engagée, malgré la transmission d’une plateforme de revendications détaillée au ministère de la Justice en début d’année.

    Ce blocage institutionnel, conjugué à un sentiment d’ignorance des revendications professionnelles, a progressivement nourri la colère au sein du barreau.

    Une justice sous pression

    Au-delà des revendications corporatistes, les avocats alertent sur une situation plus globale touchant au fonctionnement même de l’appareil judiciaire. Sont notamment pointés :

    • des décisions judiciaires contestées sur le plan procédural,
    • des pratiques jugées contraires aux garanties fondamentales,
    • une insécurité croissante dans l’exercice quotidien de la profession.

    Dans ce contexte, la question des libertés publiques et du respect des droits des justiciables est explicitement posée, les avocats estimant que la dégradation du système judiciaire affecte directement l’État de droit.

    Escalade encadrée

    Face à ce qu’ils considèrent comme une impasse, les avocats ont choisi d’activer les mécanismes de mobilisation prévus par leur cadre professionnel. La grève générale et le boycott ciblé des juridictions sont présentés comme des moyens de pression pour imposer l’ouverture de négociations et obtenir des réformes structurelles.

    Un bras de fer aux implications politiques

    Cette décision ouvre une nouvelle phase de confrontation entre la profession et l’exécutif. Elle intervient dans un climat déjà marqué par des tensions autour de l’indépendance de la justice et du fonctionnement des institutions.

    Au-delà du conflit sectoriel, c’est désormais la question de la gouvernance judiciaire qui se trouve au centre du débat, avec en filigrane les équilibres entre pouvoir exécutif, institutions judiciaires et corps intermédiaires.

    Reste à savoir si cette mobilisation permettra de relancer le dialogue ou si elle accentuera davantage la crispation autour d’un secteur clé pour la stabilité institutionnelle du pays.

    S.H

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