La réforme du régime des chèques continue de produire des effets collatéraux sur le système financier tunisien. Selon l’économiste Ridha Chkoundali, le durcissement des dispositions légales et des sanctions a contribué à une augmentation significative du recours au paiement en espèces.
Dans une déclaration accordée à la Radio Nationale ce vendredi 1er mai 2026, il explique que de nombreux commerçants et citoyens ont progressivement délaissé l’usage des chèques au profit du cash, notamment après la suppression du plafond de 5.000 dinars.
Une circulation accrue de liquidités hors circuit bancaire
Cette évolution se traduit, selon lui, par une sortie croissante de liquidités du système bancaire, au profit d’une circulation directe dans l’économie informelle ou parallèle. Une tendance qui, d’après l’économiste, s’est accentuée avec l’introduction de la facturation électronique dans le cadre de la loi de finances 2026.
Le phénomène alimente ainsi un déséquilibre préoccupant, en réduisant la traçabilité des transactions et en affaiblissant le rôle des circuits financiers formels.
Appel à une révision du cadre légal
Face à cette situation, Ridha Chkoundali plaide pour une révision des textes encadrant à la fois les chèques et la facturation électronique. Il appelle également à repenser la question du plafonnement des paiements en espèces, estimant que les mesures actuelles produisent des effets contraires aux objectifs recherchés.
En filigrane, c’est toute la problématique de la confiance dans les instruments de paiement et de la régulation des flux financiers qui se trouve posée, dans un contexte où l’économie tunisienne reste fortement dépendante du cash.
S.H










