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Washington règle ses comptes : retrait de troupes d’Allemagne, l’Espagne et l’Italie dans le viseur

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Par Raouf Ben Hédi

    Le signal est clair, et il est brutal. Les États-Unis amorcent un désengagement partiel de leur présence militaire en Europe, sur fond de tensions croissantes avec leurs alliés. Le Pentagone a annoncé, à l’aube du samedi 2 mai, qu’environ 5.000 soldats américains seront retirés d’Allemagne dans les mois à venir, sur ordre du secrétaire à la Guerre Pete Hegseth.

    Selon le porte-parole du Pentagone, ce retrait devrait être effectif dans un délai de six à douze mois. Il s’inscrit dans le cadre d’une réévaluation globale du déploiement des forces américaines en Europe, prenant en compte les « exigences opérationnelles » et « les réalités du terrain ».

    Pression politique et ressentiment stratégique

    Mais derrière l’argument technique, la décision est éminemment politique. D’après plusieurs médias américains, ce retrait a été impulsé directement par le président Donald Trump, irrité par le manque d’engagement des alliés européens dans la guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran.

    Depuis le déclenchement du conflit, le 28 février, Washington reproche à plusieurs capitales européennes leur refus de participer, même de manière logistique, aux opérations militaires, notamment dans le détroit d’Ormuz. Une attitude que Trump n’a cessé de dénoncer publiquement.

    Dans le Bureau ovale, le président américain a même évoqué la possibilité d’étendre ce désengagement à d’autres pays européens. « Probablement, je le ferai sans doute. Pourquoi pas ? », a-t-il lancé, visant directement l’Italie et l’Espagne. « L’Italie ne nous a apporté aucune aide et l’Espagne a été odieuse, absolument odieuse », a-t-il ajouté, dans un style fidèle à sa diplomatie frontale.

    L’Allemagne en première ligne

    L’Allemagne, principal hub militaire américain en Europe, est la première concernée. Elle accueille environ 39.000 soldats américains, sur les quelque 86.000 stationnés sur le continent à la mi-avril. Héritée de l’après-seconde guerre mondiale et consolidée durant la guerre froide, cette présence constitue un pilier de l’architecture sécuritaire transatlantique.

    Le pays abrite notamment des installations stratégiques majeures, comme la base aérienne de Ramstein Air Base, ainsi que les quartiers généraux des commandements américains pour l’Europe et l’Afrique.

    Mais cette présence a aussi un poids économique non négligeable, notamment dans les régions de Rhénanie-Palatinat, de Bade-Wurtemberg et de Bavière, où des milliers d’emplois dépendent directement ou indirectement des bases américaines.

    Berlin entre lucidité et inquiétude

    À Berlin, la réaction oscille entre pragmatisme et résignation. Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a reconnu que cette décision « n’était pas surprenante ».

    « La présence de soldats américains en Europe, et particulièrement en Allemagne, est dans notre intérêt commun », a-t-il déclaré, tout en soulignant la nécessité pour les Européens de renforcer leur autonomie stratégique.

    Un discours qui s’inscrit dans une tendance de fond : face à un allié américain de plus en plus imprévisible, l’Europe est sommée de prendre en charge sa propre sécurité. « Nous devons assumer davantage de responsabilités », a insisté Pistorius, évoquant l’accélération du réarmement allemand et le renforcement des capacités militaires nationales.

    Vers une recomposition stratégique ?

    Au-delà des chiffres, ce retrait partiel marque peut-être un tournant. Il révèle une fracture grandissante au sein de l’Otan, où les divergences sur les engagements militaires et les priorités stratégiques deviennent de plus en plus visibles.

    En ciblant ouvertement ses alliés, Washington transforme l’outil militaire en levier politique. Reste à savoir si cette stratégie de pression produira l’effet escompté ou si elle accélérera, au contraire, le désengagement européen d’une alliance déjà fragilisée.

    Une chose est sûre : le lien transatlantique, longtemps considéré comme indéfectible, s’enlise dans une zone de turbulences.

    R.B.H

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    4 commentaires

    1. LOL

      Répondre
      2 mai 2026 | 19h26

      Je voulais dire quitter l’OTAN, pas les Nations unies… enfin, quoique.

    2. LOL

      Répondre
      2 mai 2026 | 19h23

      Non, ce n’est pas à cause d’un prétendu « manque d’engagement des alliés européens dans la guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran », comme vous l’affirmez, bien que les comportements des dirigeants européens démontrent leur lâcheté et leur trahison de l’Amérique.
      La décision s’explique plutôt par les déclarations désobligeantes du chancelier allemand du 27 avril 2026. Merz a vivement critiqué l’approche américaine dans le conflit avec l’Iran, affirmant que les États-Unis étaient « humiliés » par la stratégie de négociation de Téhéran et a soutenu que l’Iran prenait l’avantage et que Washington manquait d’une stratégie claire. De grandes paroles en l’air, pour un pays qui perd toutes ses guerres et qui est entièrement envahi par des étrangers ! Comme tous ces dirigeants, ce chancelier tient de tels propos par peur d’agiter les extrémistes déjà sur leur sol. La soumission totale aux terroristes, et il parle « d’humiliation », LOL !!!
      Ces propos ont suscité une réaction immédiate de Donald Trump, qui a accusé le chancelier allemand de ne pas comprendre la situation et retire maintenant ses troupes. Il a entièrement raison, et l’Amérique finira par quitter les Nations unies, qui ne font que profiter financièrement et militairement de l’Amérique depuis des décennies. Bien fait pour eux, on verra où ils seront dans 20 ans !

    3. EL OUAFI

      Répondre
      2 mai 2026 | 18h58

      (Depuis le déclenchement du conflit, le 28 février, Washington reproche à plusieurs capitales européennes leur refus de participer, même de manière logistique, aux opérations militaires, notamment dans le détroit d’Ormuz)

      Washington reproche à ses allies et pour cause ? S’engager aux côtés des États-Unis même si ces derniers ont pris la décision d’envahir ou de déclarer la guerre à un État souverain (IRAN). Que dit la charte des Nations unies ?

      Washington et son allié ISRAËL ont pris une décision unilatérale sans mandat de l’ONU. En ont-ils le droit ?

      Les Européens sont -ils devenus les vassaux des États-Unis même si ces derniers sont en tort !

      L’hégémonie américaine devenue envahissante hors la loi !

      Comment rétablir l’équité et la justice si parmi ces nations riches par leur arrogance ne donne pas l’exemple !

    4. Gg

      Répondre
      2 mai 2026 | 18h27

      Depuis le début de son mandat, Trump a une attitude étrange avec les pays européens.
      Ses premiers actes ont consisté à injurier tout ie monde. Puis il a joué aux quilles avec les droits de douane, ce qui déstabilise fortement les complexes équilibres commerciaux.
      Il a revendiqué le Groenland, ce qui a donné aux européens une occasion rare de s’opposer d’une seule voix.
      Ensuite, il a engagé la guerre contre l’Iran. Pour la bonne raison qu’il fallait casser les velléités nucléaires des barbus et protéger Israël dans sa guerre contre les proxys.
      Mais il l’a fait sans aucune concertation avec les alliés historiques, reprochant même à l’OTAN de ne pas le suivre.
      Personne ne connaît sa stratégie, ni même s’il y en a une.
      Il ne comprend pas que l’OTAN et les pays européens ne sont pas ses vassaux, que la concertation est indispensable.
      Alors personne ne le suit dans ce qu’il faut bien qualifier d’aventure.
      L’Allemagne prête ses bases, la France participe avec prudence, avec les Britanniques c’est le clash, mais aucun pays ne se met sous les ordres de Trump.
      Et l’inquiétude règne, car son mandat ne dure encore que deux ans et demi, contrairement aux barbus qui sont là depuis 50 ans. Trump n’aide même pas les opposants, qui pourtant y ont cru avant qu’il ne change change d’avis.
      Où va t-on ainsi? Crash économique mondial? Guerre mondiale, et nucléaire ?
      Nul ne sait…

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