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Cité comme successeur potentiel de Saïed par « Il Foglio » : Kamel Ghribi sort de son silence

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Par Raouf Ben Hédi

    L’homme d’affaires Kamel Ghribi a réagi, ce lundi 4 mai 2026, à la polémique déclenchée par un article du journal italien Il Foglio. Dans une mise au point publiée sur ses réseaux sociaux, il clarifie sa position face aux spéculations qui le désignent comme une alternative politique au régime actuel.

    La sphère politique tunisienne est en ébullition depuis le 1er mai. En cause : une analyse de Luca Gambardella parue dans les colonnes du quotidien italien Il Foglio, proche de la cheffe du gouvernement Giorgia Meloni. L’article, qui dresse un constat sévère de la gouvernance de Kaïs Saïed, a jeté un pavé dans la mare en avançant le nom de Kamel Ghribi comme un possible successeur soutenu par certains cercles européens.

    « Ce n’est pas mon initiative »

    Face à l’ampleur des réactions, entre enthousiasme de certains et accusations de « complot » de la part des partisans du pouvoir, Kamel Ghribi a choisi de s’adresser directement aux Tunisiens. D’emblée, l’homme d’affaires tient à lever toute ambiguïté : « Je tiens à préciser que cette hypothèse n’émane pas de moi et n’est pas le résultat d’une initiative de ma part ou de toute partie me représentant », écrit-il.

    S’exprimant en tant qu’« enfant de la patrie », il dit suivre avec attention le débat suscité par la presse italienne. S’il affirme respecter la divergence d’opinions qu’il juge « saine », il dénonce fermement les tentatives de diffamation et la remise en cause de ses intentions.

    Une main tendue malgré les blocages

    Le patron de GKSD Investment Holding rappelle son parcours et son engagement, notamment lors de la crise du Covid-19 et de la pénurie d’oxygène, précisant que ses actions étaient purement « humanitaires et nationales » et non une quête de positionnement politique.

    Toutefois, le message de Kamel Ghribi contient une nuance de regret quant à ses relations avec l’administration actuelle : « J’ai essayé, à plusieurs reprises, de contribuer à l’élan de développement, que ce soit par l’investissement ou par des initiatives dans le secteur de la santé. J’ai cherché à être un pont entre la Tunisie et le monde, mais malheureusement, je n’ai pas toujours trouvé la réactivité que j’espérais. »

    Un profil de « manager » pour la Tunisie ?

    Bien qu’il affirme ne pas se présenter comme une « alternative à quiconque » et vouloir respecter les cadres institutionnels, le discours de Kamel Ghribi résonne comme un diagnostic de ce qui manque aujourd’hui au pays. Il souligne que la Tunisie a besoin de « compétences », d’une « gestion efficace » et d’une capacité à connecter le local à l’international sans brader la souveraineté.

    L’homme d’affaires conclut en lançant un appel à l’unité entre les Tunisiens de l’intérieur et ceux de l’étranger, affirmant que sa main reste « tendue » pour le bien du pays.

    Si cette mise au point vise à calmer le jeu, elle ne manquera pas d’alimenter les discussions sur l’émergence de nouveaux profils — issus de l’élite économique et de la diaspora — dans un paysage politique tunisien plus verrouillé que jamais.

    R.B.H

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