L’Organisation internationale pour la protection des enfants de la Méditerranée a appelé, lundi 4 mai 2026, à un renforcement du contrôle des établissements scolaires étrangers, à la suite de la diffusion d’un texte pédagogique évoquant un couple homosexuel dans une école française à Sfax, notant avoir sollicité des éclaircissements auprès de l’ambassade de France concernant cet incident.
Dans un communiqué accompagné de la publication du texte incriminé sur sa page Facebook, l’organisation a exprimé sa vive inquiétude quant aux contenus proposés aux élèves. Précisant que le document en question — intitulé « Entre la violence et la lumière » et destiné à des élèves de septième année de l’enseignement de base — aborde notamment la thématique d’un couple de même sexe, l’ONG s’est interrogé sur l’adéquation de certains supports pédagogiques avec les référents culturels et sociaux de la société tunisienne.
Un contenu pédagogique qui ravive les inquiétudes sur le contrôle des écoles étrangères
L’organisation a pointé ce qu’elle décrit comme un relâchement du contrôle administratif et pédagogique exercé sur les écoles étrangères opérant en Tunisie, estimant que ces établissements, longtemps considérés comme des pôles d’excellence ayant contribué à la formation de nombreuses générations de cadres, tendraient, pour certains, à évoluer en marge des cadres éducatifs nationaux.
L’ONG a insisté notamment sur le fait que ces institutions fonctionnent selon leurs propres programmes, sans intégration suffisante, même partielle, des curricula tunisiens. Une situation qui, selon elle, pourrait créer un décalage entre les contenus enseignés et les spécificités culturelles locales, tout en limitant la visibilité des autorités sur ce qui est effectivement transmis en classe.
Dans ce contexte, l’organisation a appelé à une série de mesures visant à renforcer la régulation du secteur. Elle a plaidé pour l’instauration de contrôles pédagogiques et administratifs plus stricts et systématiques, ainsi que pour l’organisation d’inspections régulières, y compris inopinées, afin de vérifier la nature des enseignements dispensés.
Elle a recommandé également d’imposer à ces établissements l’intégration d’une partie des programmes éducatifs nationaux, dans le but de garantir un socle commun et de préserver une certaine cohérence au sein du système éducatif. Par ailleurs, l’organisation a souligné la nécessité d’assurer aux parents un droit d’accès aux contenus pédagogiques et aux activités proposées, afin de renforcer la transparence.
L’ONG a appelé en outre à l’élaboration d’un cadre juridique clair définissant les limites de la liberté pédagogique des écoles étrangères, de manière à concilier ouverture internationale et respect des valeurs de la société tunisienne.
Entre souveraineté éducative et liberté de choix des familles, un débat loin d’être tranché
Cette position relance toutefois un débat récurrent : celui du rapport entre choix éducatif et attentes sociétales. Car si l’organisation pointe un possible décalage culturel, il n’en demeure pas moins que les établissements étrangers fonctionnent, par définition, selon des programmes spécifiques, généralement clairement affichés et connus des parents au moment de l’inscription. Le choix d’y scolariser ses enfants n’est, en ce sens, ni anodin ni contraint : il s’inscrit le plus souvent dans une démarche réfléchie, motivée par la recherche d’une ouverture linguistique, pédagogique et culturelle différente de celle proposée par le système national.
Ces écoles revendiquent d’ailleurs cette singularité, qui constitue l’un de leurs principaux attraits. Elles offrent des approches éducatives inspirées d’autres contextes, avec des contenus, des méthodes et parfois des thématiques qui peuvent diverger des normes locales. Dès lors, la confrontation à des sujets de société variés, y compris ceux susceptibles de susciter débat, fait partie intégrante de ces référentiels. C’est précisément cette exposition à d’autres grilles de lecture du monde qui est souvent recherchée par les familles.
Par ailleurs, la question ne se limite pas uniquement à ce qui est enseigné ailleurs, mais renvoie également à ce qui fait défaut au niveau local. Si de nombreuses familles se tournent vers les écoles étrangères, c’est aussi en raison d’un manque de confiance dans l’école publique, souvent critiquée pour la dégradation de ses infrastructures, les perturbations répétées du calendrier scolaire, ou encore des méthodes pédagogiques jugées peu adaptées aux exigences contemporaines. Le recours à un enseignement étranger apparaît donc pour certains parents comme une alternative, voire une nécessité, afin d’offrir à leurs enfants de meilleures perspectives académiques et professionnelles.

N.J










