Le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), Fethi Zouhair Nouri, a annoncé, mercredi 6 mai 2026, la mise en place d’un groupe de travail chargé d’élaborer une feuille de route opérationnelle dans un délai ne dépassant pas un mois. Cette initiative s’inscrit dans une volonté de redynamiser le rôle du secteur bancaire dans le financement de l’économie réelle.
Une mobilisation du secteur bancaire autour d’engagements concrets
Placée sous l’égide du Conseil bancaire et financier, cette instance aura pour mission de définir des engagements clairs pour les banques, visant notamment à renforcer le financement de l’économie, soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) et impulser une nouvelle phase de développement du secteur.
L’annonce a été faite à l’issue d’une réunion ayant rassemblé les dirigeants des banques, consacrée à l’examen du rôle du secteur dans le financement de l’économie nationale et aux perspectives d’évolution du système bancaire.
Un rôle central des banques dans la relance économique
Lors de cette rencontre, le gouverneur a rappelé l’importance du rôle des banques dans le financement des entreprises, en particulier des PME, ainsi que dans le soutien à l’investissement productif et aux secteurs à fort potentiel de croissance et de création d’emplois.
Il a souligné que la solidité du secteur bancaire et le respect des équilibres prudentiels doivent aller de pair avec une mobilisation accrue en faveur de l’économie réelle, tout en respectant les règles de bonne gestion des risques.
Vers un repositionnement stratégique du secteur
Dans un contexte marqué par une incertitude persistante, Fethi Zouhair Nouri a appelé à un repositionnement stratégique du secteur bancaire, estimant que la période actuelle constitue un tournant décisif.
« Le secteur bancaire tunisien doit passer d’une phase de prudence à une phase d’engagement, et de la résilience à la croissance », a-t-il déclaré, appelant à un renforcement de la confiance entre les banques, les citoyens et les entreprises.
Cela passe notamment par une amélioration continue de la qualité des services, une plus grande transparence des tarifs, la simplification des procédures et un meilleur accompagnement des clients, en particulier des PME, ainsi qu’une orientation accrue vers les secteurs porteurs.
Transformer l’épargne en investissement productif
Le gouverneur a également insisté sur le principal défi actuel : la capacité à transformer l’épargne en investissement productif au service de la croissance. Il a rappelé que la performance du secteur bancaire reste étroitement liée à celle de l’économie réelle.
Dans cette optique, il a réitéré la nécessité de renforcer l’engagement des banques en faveur du financement de l’investissement productif.
Un accompagnement renforcé de la Banque centrale
La Banque centrale a, par ailleurs, réaffirmé sa volonté d’accompagner cette dynamique en soutenant les initiatives structurées du secteur bancaire. Parmi les priorités figurent l’amélioration de l’accès aux services financiers, le développement des moyens de paiement numériques, la promotion de l’innovation financière et une meilleure transmission des conditions monétaires à l’économie réelle.
En conclusion, la BCT a indiqué qu’elle assurera, en coordination avec les banques, le suivi des principaux projets évoqués lors de cette réunion, dans une logique de concertation et de responsabilité partagée, avec pour objectif un système bancaire plus solide, moderne et pleinement au service de la croissance économique.
S.H










