Une correspondance adressée par la présidence du gouvernement au Parlement, annonçant l’indisponibilité des ministres durant tout le mois de mai, suscite interrogations et réactions au sein de la classe politique. Si l’exécutif invoque des priorités gouvernementales, notamment liées à la préparation du futur plan de développement, plusieurs députés insistent sur la nécessité de préserver pleinement le rôle de contrôle du pouvoir législatif.
Un mois sans ministres au Parlement
Dans une déclaration médiatique, ce mercredi 6 mai 2026, le député Walid Hajji, membre du bureau de l’Assemblée des représentants du peuple, indique que le Parlement a été officiellement informé que les membres du gouvernement seront mobilisés sur leurs missions exécutives durant le mois de mai.
Cette situation a conduit au report des séances plénières consacrées aux questions orales adressées aux ministres, ainsi qu’au report de leur participation aux travaux des commissions parlementaires.
D’après Walid Hajji, cette mobilisation exceptionnelle pourrait s’expliquer par l’accélération des travaux liés à l’élaboration du plan de développement 2026-2030. L’objectif serait de finaliser rapidement ce document stratégique en vue de sa présentation en Conseil des ministres, avant sa transmission au Parlement et au Conseil des régions et des districts.
Une étape jugée déterminante, nécessitant une concentration accrue de l’exécutif sur les orientations économiques et sociales des prochaines années.
Un Parlement maintenu en activité
Malgré l’absence annoncée des membres du gouvernement, les activités parlementaires se poursuivent. Les commissions continuent leurs travaux, tandis que certaines séances plénières sont maintenues, notamment celle prévue le 12 mai consacrée à l’examen d’une proposition de loi relative au statut de l’artiste et aux métiers artistiques.
Plusieurs voix ont tenu à démentir toute suspension des travaux parlementaires, comme la députée Mejdouline Ouerghi, rappelant qu’aucune disposition constitutionnelle ne permet à l’exécutif d’interrompre le fonctionnement de l’Assemblée.

Des inquiétudes sur le rôle de contrôle
La députée Fatma Mseddi a toutefois exprimé des réserves quant à l’impact de cette absence sur la mission de contrôle du Parlement. Elle s’interroge sur la capacité des députés à exercer pleinement leur rôle en l’absence des membres du gouvernement concernés par les mécanismes de reddition de comptes.
Elle souligne néanmoins que les outils constitutionnels restent disponibles, notamment les questions écrites, qui seront mobilisées pour assurer le suivi de l’action gouvernementale.

Des clarifications face aux “malentendus”
D’autres intervenants, à l’instar de Mohamed Amine Ouerghi, ont dénoncé des interprétations jugées erronées, affirmant que le gouvernement n’a pas suspendu les travaux parlementaires. Selon eux, il s’agit uniquement d’une indisponibilité temporaire des ministres liée à leurs obligations, sans incidence sur la continuité du travail législatif.
Il rappelle également que la cheffe du gouvernement ne dispose d’aucune prérogative constitutionnelle lui permettant de bloquer ou de suspendre les activités de l’Assemblée.

S.H










