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Affaire des passeports, Ennahdha dénonce une justice instrumentalisée

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Par Myriam Ben Zineb

    Au lendemain de la condamnation de plusieurs figures liées au mouvement Ennahdha dans l’affaire dite des passeports et des certificats de nationalité accordés à des étrangers, le parti islamiste est sorti de son silence avec un communiqué offensif, dénonçant des « jugements injustes » et un « parcours judiciaire dépourvu d’indépendance ».

    Mercredi 6 mai 2026, la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près le tribunal de première instance de Tunis avait prononcé de lourdes peines dans ce dossier sensible, ouvert sur fond de soupçons d’octroi de documents officiels à des ressortissants étrangers présentés comme liés à des affaires de terrorisme.

    Au cœur de l’affaire, Noureddine Bhiri, ancien ministre de la Justice et dirigeant d’Ennahdha, a été condamné à vingt ans de prison. Une peine identique a été infligée à Fathi Beldi. D’autres accusés ont écopé de onze ans de prison, tandis que des peines de trente ans avec exécution immédiate ont été prononcées contre plusieurs prévenus en fuite, dont Mouadh Ghannouchi.

    La juridiction a, en revanche, accédé à une demande de la défense concernant Hamadi Jebali, dont le nom a été provisoirement retiré de la procédure dans l’attente de la décision de la Cour de cassation.

    Un dossier qui remonte à plus de dix ans

    L’affaire trouve son origine dans des faits remontant à 2013, dans un contexte de fortes tensions sécuritaires en Tunisie, marqué notamment par la montée de la menace jihadiste.

    Les soupçons portent sur l’octroi de certificats de nationalité tunisienne et de documents officiels à des ressortissants étrangers impliqués, selon l’accusation, dans des dossiers liés au terrorisme international.

    En décembre 2023, un mandat de dépôt avait été émis contre Noureddine Bhiri, avant une accélération du dossier en février 2025, lorsque la chambre d’accusation spécialisée avait ordonné le renvoi de onze accusés devant la chambre criminelle.

    Ennahdha parle d’un « dossier fabriqué »

    Dans son communiqué publié jeudi 7 mai, Ennahdha soutient que l’affaire est avant tout politique.

    Le mouvement affirme que le dossier remonte, selon lui, à l’interpellation de Noureddine Bhiri fin décembre 2021, suivie de son placement en résidence surveillée et d’une grève de la faim de 67 jours.

    Le parti affirme également que l’équipe de défense aurait établi que le dossier est « fabriqué » et dit avoir déposé plusieurs plaintes pour falsification, qui n’auraient toujours pas été examinées.

    Ennahdha avance aussi que certaines personnes accusées d’avoir obtenu des certificats de nationalité tunisienne l’auraient fait en 1982 et 1983, soit bien avant l’arrivée de Noureddine Bhiri au ministère de la Justice.

    Le mouvement affirme enfin que plusieurs personnes présentées dans le dossier comme terroristes ne figureraient sur aucune liste tunisienne officielle, tout en dénonçant le maintien de la qualification terroriste.

    Dans son communiqué, Ennahdha appelle à la libération de Noureddine Bhiri ainsi que des « détenus politiques », accusant le pouvoir de recourir à des procès destinés à éliminer ses opposants.

    M.B.Z

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