L’activiste Ghassen Boughdiri a été condamné à sept mois de prison et est actuellement détenu à la prison civile de Mornaguia. Son nom figure parmi les militants liés à la coordination tunisienne de la Flottille Soumoud, visée ces dernières semaines par une série d’arrestations et de poursuites judiciaires.
Dans une lettre rendue publique mercredi 6 mai 2026 par la coordination, l’activiste est revenu sur les circonstances de son procès, dénonçant une procédure qu’il juge inéquitable et menée dans des conditions portant atteinte à ses droits fondamentaux.
Ces dernières semaines, plusieurs figures de la Flottille Soumoud ont été arrêtées, parmi lesquelles Wael Naouar, Nabil Chennoufi, Mohamed Amine Bennour, Ghassen Henchiri et Jawaher Channa. Ces interpellations ont été suivies de mandats de dépôt dans le cadre d’une enquête menée par le pôle judiciaire financier. Aucun détail officiel concernant les chefs d’inculpation n’a toutefois été communiqué.
Face à cette vague d’arrestations, la Coordination tunisienne de la Flottille Soumoud avait annoncé, en mars dernier, sa transformation en cadre civil et politique indépendant, dénonçant ce qu’elle considère comme une tentative de criminalisation du militantisme pro-palestinien.
Dans sa lettre, Ghassen Boughdiri affirme avoir été informé au milieu de la nuit de lundi de sa comparution devant la chambre correctionnelle de Tunis 1, dans une affaire dont il dit n’avoir pris connaissance qu’au dernier moment. Il évoque également une dégradation de son état de santé depuis plusieurs jours, marquée par de fortes douleurs rénales et l’apparition d’une importante éruption cutanée.
L’activiste assure avoir été transféré devant le tribunal malgré son état de santé et sans avoir pu contacter un avocat avant l’audience. Il estime que cette situation constitue une atteinte directe aux garanties d’un procès équitable.
Une affaire liée à une manifestation devant Maersk
Selon les explications fournies dans sa lettre, les faits qui lui sont reprochés remontent au 18 mars 2025 et seraient liés à une manifestation organisée devant les locaux de la société Maersk. Des militants pro-palestiniens accusent l’entreprise de contribuer indirectement à l’effort de guerre israélien en acheminant des équipements destinés à Israël dans le contexte de la guerre à Gaza.
Ghassen Boughdiri affirme s’être défendu seul devant le tribunal, sans assistance juridique, et avoir rejeté les accusations « d’agression violente » retenues contre lui. Il dénonce des « charges infondées » et conteste la qualification des faits adoptée par la justice.
Le tribunal a finalement prononcé une peine de sept mois de prison à son encontre. Une condamnation que l’activiste interprète comme une sanction politique visant, selon lui, à freiner les mobilisations de soutien à la cause palestinienne en Tunisie.
Appels à sa libération
La publication de cette lettre a suscité plusieurs réactions de soutien, notamment de la part de la Coordination tunisienne de la Flottille Soumoud. Dans un communiqué, l’organisation a réaffirmé son « soutien total et inconditionnel » à l’activiste détenu.
La coordination estime que Ghassen Boughdiri fait l’objet d’un « harcèlement multiforme » destiné à ébranler son engagement militant. Elle a également réclamé une prise en charge médicale immédiate, tenant les autorités pour responsables de son état de santé physique et psychologique.
L’organisation a enfin exigé sa libération immédiate et sans condition ainsi que celle de l’ensemble des personnes arrêtées dans les dossiers liés à la Flottille Soumoud.
N.J












