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Hantavirus : quels pays sont touchés après la crise sanitaire sur la croisière de l’Atlantique Sud ?

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Par Nadya Jennene

    Le hantavirus, longtemps resté une pathologie relativement méconnue du grand public en dehors de certaines zones endémiques, se retrouve aujourd’hui au cœur d’une nouvelle inquiétude sanitaire internationale, à la suite de la détection de plusieurs cas graves à bord d’une croisière dans l’Atlantique Sud.

    La famille des hantavirus est identifiée depuis les années 1930, tandis que la souche portant ce nom est connue depuis les années 1950. Son appellation provient d’une région située entre les deux Corées, où le virus avait été étudié durant la guerre de Corée.

    Le virus circule principalement en Amérique du Nord, en Amérique du Sud ainsi que dans certaines régions d’Asie. Les principaux vecteurs sont les rongeurs, notamment les rats et les souris sauvages. La transmission à l’être humain se produit généralement par inhalation de particules contaminées provenant des excréments ou des sécrétions de ces animaux.

    Une surveillance structurée depuis les années 1990

    Selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), aux États-Unis, la surveillance des infections à hantavirus a débuté officiellement en 1993, à la suite d’une flambée de cas de syndrome respiratoire sévère dans la région dite des « Four Corners », zone géographique où se rejoignent l’Arizona, le Colorado, le Nouveau-Mexique et l’Utah. Cette apparition soudaine d’une forme grave et jusque-là peu décrite de la maladie conduit les autorités sanitaires américaines à structurer un dispositif de suivi spécifique.

    Deux ans plus tard, en 1995, le syndrome pulmonaire à hantavirus (HPS) est inscrit parmi les maladies à déclaration obligatoire au niveau national.

    Selon les données consolidées, 890 cas d’infection à hantavirus ont été recensés aux États-Unis entre 1993 et la fin de l’année 2023, tous confirmés biologiquement, incluant formes pulmonaires et non pulmonaires.

    Une présence en Europe et en France

    En France, la surveillance est également assurée de manière continue. Selon, le site de l’ANRS, entre janvier et mars 2026, le Centre national de référence (CNR) des hantavirus, rattaché à l’Institut Pasteur de Paris, a recensé 19 cas confirmés d’infection récente. Les autorités sanitaires précisent que ce niveau demeure conforme aux moyennes mensuelles observées habituellement sur le territoire.

    Des foyers spécifiques existent également dans les territoires ultramarins. En Guyane française, où circule notamment le hantavirus Maripa, seuls onze cas de syndrome pulmonaire ont été documentés depuis 2008, dont six se sont révélés mortels.

    Une alerte sanitaire en Atlantique Sud

    Le 2 mai 2026, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) est informé de la survenue d’un cluster de syndromes respiratoires sévères à bord d’un navire de croisière battant pavillon néerlandais, le MV Hondius. Le bateau transportait des passagers et membres d’équipage issus de 23 pays, dont neuf États membres de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen.

    Selon les données consolidées au 7 mai, sept personnes ont développé des symptômes compatibles, notamment de la fièvre, des troubles respiratoires et digestifs. Quatre d’entre elles ont évolué rapidement vers des formes graves, incluant pneumonie sévère, syndrome de détresse respiratoire aiguë et état de choc. Trois décès ont été enregistrés.

    Les analyses virologiques ont identifié le virus « Andes », une souche particulière de hantavirus, connue pour être la seule capable, dans certaines conditions exceptionnelles, d’une transmission entre humains, généralement à la faveur de contacts étroits et prolongés.

    Des mesures de confinement et de limitation des contacts ont été mises en place à bord afin de réduire les risques de propagation parmi les passagers et l’équipage.

    Une chronologie marquée par plusieurs hypothèses d’exposition

    Les premières investigations font remonter le début de la période d’exposition entre le 6 et le 28 avril 2026, avec une progression rapide des symptômes vers des formes graves. Le cas index, considéré comme initial dans la chaîne de transmission, est décédé le 11 avril à bord du navire. Son corps se trouve actuellement à Sainte-Hélène, en attente de rapatriement vers les Pays-Bas.

    L’épisode implique plusieurs zones géographiques et étapes de navigation. Selon les autorités sanitaires et les organisations internationales, le navire a quitté Ushuaïa, en Argentine, autour du 20 mars, avec un itinéraire passant par le sud de l’Atlantique et des escales prévues notamment vers le Cap-Vert et les îles Canaries.

    L’ampleur du cas a mobilisé plusieurs institutions internationales. L’Africa CDC suit de près la situation, le navire ayant été signalé dans les eaux de l’Atlantique Sud, avec des passagers provenant de nombreux pays. Au 4 mai, les autorités sanitaires africaines ont recensé déjà sept cas, dont deux confirmés et cinq suspects.

    Une coordination internationale sous haute tension

    Plusieurs pays sont directement concernés par la gestion des cas ou des passagers exposés.

    Selon Time Magazine, l’Argentine apparaît comme un point de départ probable de l’exposition, le navire ayant quitté Ushuaïa et transporté un passager de nationalité argentine. Le pays connaît par ailleurs une augmentation des cas, avec 101 infections recensées entre juin 2025 et 2026.

    Le Canada est également concerné, avec plusieurs ressortissants ayant débarqué ou transité via des escales. Deux passagers originaires de l’Ontario ayant voyagé à bord du MV Hondius, ont été placés en isolement, en plus d’un ressortissant québécois, ayant emprunté un vol dans lequel se trouvait un cas confirmé. 

    Le Danemark a signalé un ressortissant revenu sur son territoire sans symptômes. Quant à l’Allemagne, plusieurs ressortissants ont été signalés à bord. Le virus a fait un décès et une autre personne serait en évacuation sanitaire vers Düsseldorf pour examens complémentaires.

    Les Pays-Bas jouent un rôle central en tant que pays du pavillon du navire et comptent plusieurs ressortissants impliqués, dont deux décès confirmés. Trois autres tests ont été conduits entre le 7 et le 8 mai. Les résultats sont négatifs, selon les données de l’Institut national de la santé publique et de l’environnement, relevant du ministère néerlandais de la Santé, des Affaires sociales et des Sports. 

    Un cas en Israël

    Les Philippines sont représentées au sein de l’équipage, sans cas symptomatique à ce stade. Singapour a isolé deux de ses ressortissants ayant séjourné à bord, en attente de résultats de tests.

    L’Afrique du Sud est impliquée dans la prise en charge d’un cas grave et dans la gestion des contacts identifiés.

    Le Cap-Vert a refusé l’accès du navire à ses ports, obligeant celui-ci à rester au mouillage plusieurs jours au large. Il est attendu au large de Ténérife, dans la matinée de dimanche. Selon les autorités espagnoles, le débarquement sera effectué dans une zone totalement isolée et sécurisée. L’Espagne compte en effet plusieurs passagers et membres d’équipage à bord. 

    En Israël, un premier cas d’hantavirus a été recensé, le 7 mai, chez un patient ayant récemment séjourné en Europe de l’Est. Cependant, à selon les médias locaux, à la différence de l’épisode épidémique lié à la souche « Andes » d’origine sud-américaine, l’infection identifiée chez ce patient est attribuée à une souche européenne du virus.

    Prudence accrue, sans inquiétude excessive

    Alors que les investigations se poursuivent afin de déterminer avec précision l’origine de la contamination et d’éventuelles chaînes de transmission, les autorités sanitaires appellent à la vigilance, tout en exhortant à éviter toute forme de panique. Après avoir fait état de huit cas suspects, dont cinq confirmés, l’Organisation mondiale de la santé a également invité à la mesure, soulignant que l’incident survenu à bord du MV Hondius reste sans commune mesure avec l’ampleur de la menace sanitaire représentée par la pandémie de Covid-19.

    S’exprimant à Genève, un porte-parole de l’OMS, Christian Lindmeier, a précisé dans la matinée de vendredi 8 mai 2026 que la maladie ne se propage pas comme d’autres hautement contagieuses, notant qu’il ne s’agit pas « d’un nouveau Covid ». 

    N.J

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