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Hantavirus : Rafik Boujdaria appelle à la vigilance sans céder à la panique

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Par Nadya Jennene

    Alors que l’affaire du navire de croisière immobilisé au large du Cap-Vert continue d’alimenter les inquiétudes sanitaires internationales, le médecin Rafik Boujdaria a tenu à rassurer l’opinion publique sur les ondes de Jawhara FM. Selon lui, le hantavirus, au cœur des préoccupations actuelles, est un virus ancien et connu des scientifiques, loin du caractère inédit qu’avait présenté le Covid-19 lors de son apparition.

    Dans son intervention vendredi 8 mai 2026, le spécialiste est revenu sur le contexte ayant ravivé l’attention autour de cette maladie. L’alerte a émergé après plusieurs décès enregistrés à bord d’un navire de croisière en provenance d’une zone australe d’Argentine et se dirigeant vers le Cap-Vert. D’après les informations évoquées lors de l’entretien radiophonique, plusieurs passagers ont été contaminés et des cas mortels ont été signalés parmi des voyageurs issus d’une douzaine de pays.

    Rafik Boujdaria a toutefois précisé qu’aucun ressortissant tunisien ne figure parmi les passagers concernés. Il a également insisté sur le fait qu’aucune menace directe ne pèse actuellement sur la Tunisie, malgré l’émotion suscitée par cette affaire à l’échelle internationale.

    Un virus connu depuis plusieurs décennies

    Le médecin a rappelé que le hantavirus n’est pas un nouveau pathogène. La famille des hantavirus est identifiée depuis les années 1930, tandis que la souche portant ce nom est connue depuis les années 1950. Son appellation provient d’une région située entre les deux Corées, où le virus avait été étudié durant la guerre de Corée.

    Selon le spécialiste, le virus circule principalement en Amérique du Nord, en Amérique du Sud ainsi que dans certaines régions d’Asie. Les principaux vecteurs sont les rongeurs, notamment les rats et les souris sauvages. La transmission à l’être humain se produit généralement par inhalation de particules contaminées provenant des excréments ou des sécrétions de ces animaux.

    Le professeur a souligné que la transmission entre humains demeure rare. Toutefois, une variante spécifique, appelée « Andes », est capable de se transmettre d’une personne à une autre, ce qui expliquerait les préoccupations actuelles autour du navire placé sous surveillance sanitaire.

    Une maladie pouvant provoquer des formes graves

    Rafik Boujdaria a expliqué que les symptômes initiaux peuvent ressembler à ceux d’une grippe classique : fièvre, fatigue et douleurs générales. Mais dans certains cas, le virus peut évoluer vers des complications sévères.

    En Amérique, certaines formes provoquent un syndrome respiratoire aigu pouvant nécessiter une assistance respiratoire lourde. Le médecin a évoqué un taux de mortalité pouvant atteindre près de 38% dans les cas les plus graves. En Asie, d’autres variantes entraînent davantage des syndromes hémorragiques et des atteintes rénales sévères.

    Le professeur a néanmoins appelé à replacer ces chiffres dans leur contexte scientifique, rappelant que la majorité des contaminations ne débouchent pas sur des formes critiques.

    Pas d’inquiétude particulière pour les croisières arrivant en Tunisie

    Interrogé sur les navires de croisière accostant régulièrement dans les ports tunisiens, notamment à La Goulette ou à Sousse, Rafik Boujdaria a estimé qu’il n’existe pas de raison particulière de s’alarmer.

    Il a insisté sur le fait que les croisières en provenance d’Europe méditerranéenne, notamment d’Espagne ou d’Italie, ne représentent pas un facteur de risque spécifique lié au hantavirus. Selon lui, le danger dépend avant tout de la présence géographique du virus et des conditions d’exposition aux rongeurs porteurs.

    Une surveillance sanitaire renforcée

    Le médecin a également évoqué les mesures prises par plusieurs pays à l’égard des passagers du navire concerné. Certains voyageurs ont été transférés directement vers les aéroports afin d’éviter les contacts avec les populations locales, avant d’être placés sous surveillance ou en quarantaine dans leurs pays respectifs.

    Les autorités sanitaires internationales cherchent désormais à déterminer précisément la souche impliquée grâce à des analyses génétiques approfondies. L’objectif est de savoir s’il s’agit d’une variante déjà connue ou d’une évolution nécessitant une vigilance accrue.

    Rafik Boujdaria a enfin rappelé que les navires de croisière constituent souvent des « laboratoires grandeur nature » pour l’étude de nouvelles maladies infectieuses, établissant un parallèle avec les débuts de la pandémie de Covid-19. Malgré cela, il a appelé à éviter toute psychose collective.

    Trois décès à bord du MV Hondius

    À bord du MV Hondius, un navire néerlandais parti d’Argentine pour un voyage de 46 jours entre l’Antarctique, les îles Malouines, Sainte-Hélène et les Canaries, trois personnes sont décédées et plusieurs autres ont été contaminées, poussant les autorités sanitaires de plusieurs pays à lancer des opérations de traçage des contacts.

    Le premier décès enregistré est celui de Leo Schilperoord, un biologiste néerlandais de 69 ans, décédé le 11 avril après avoir développé des symptômes tels que fièvre, douleurs musculaires et difficultés respiratoires. Son épouse, Mirjam Schilperoord, évacuée vers un hôpital de Johannesburg, est morte le 26 avril. Une troisième victime, dont l’identité n’a pas été révélée, a également succombé à la maladie.

    Parmi les cas encore suivis figure un Britannique de 69 ans hospitalisé en soins intensifs en Afrique du Sud. Deux membres d’équipage présentant des symptômes suspects demeurent à bord du navire, actuellement placé sous surveillance sanitaire au large du Cap-Vert.

    Les autorités internationales s’inquiètent particulièrement d’une possible présence de la souche « Andes » de l’hantavirus, seule variante connue capable de se transmettre entre humains. Des analyses menées sous la supervision de spécialistes de l’Institut Pasteur de Dakar doivent confirmer cette hypothèse.

    L’OMS, l’Afrique du Sud et plusieurs pays européens ont engagé une vaste enquête épidémiologique pour identifier les personnes exposées au virus. En France, un ressortissant français a notamment été identifié parmi les passagers d’un vol emprunté par une personne infectée avant son hospitalisation.

    N.J

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