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Salaires dans le public : l’UGTT critique la méthode et juge les augmentations insuffisantes

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Par Myriam Ben Zineb

    La contestation monte autour des nouvelles augmentations salariales dans le secteur public. Dans un communiqué publié vendredi 8 mai 2026, le département des offices et entreprises publics de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a vivement critiqué les revalorisations prévues pour les années 2026, 2027 et 2028 au profit des agents du secteur public, dénonçant une approche unilatérale et des hausses insuffisantes face à l’érosion continue du pouvoir d’achat.

    Le ton est ferme, et le timing loin d’être anodin. Depuis plusieurs jours déjà, les critiques se multiplient autour de ces augmentations, que beaucoup considèrent davantage comme un affichage social que comme une réponse réelle à la flambée du coût de la vie.

    Mardi, depuis Gafsa, Slaheddine Selmi, secrétaire général adjoint de l’UGTT, avait déjà donné le ton en estimant que les hausses annoncées restaient en deçà des attentes dans un contexte marqué par une inflation persistante. Un constat que le syndicat reprend désormais noir sur blanc : pour de nombreux salariés du public, le salaire ne suit plus la hausse des prix… il la subit.

    Des montants annoncés… mais un impact net largement réduit

    Dans son communiqué, l’organisation syndicale rappelle que les augmentations accordées entre 2023 et 2025 — fixées à 5% par an et intégrées au salaire de base — avaient un effet cumulatif permettant de consolider progressivement les droits et avantages des agents.

    La formule retenue pour 2026, 2027 et 2028 marque, selon elle, une rupture nette. Les hausses prévues prennent désormais la forme de montants fixes, compris entre 90 et 120 dinars, sans être intégrés au salaire de base.

    Pour l’UGTT, ce choix constitue un recul manifeste. Derrière les chiffres affichés, l’effet réel apparaît bien plus limité : une fois les cotisations sociales et l’impôt déduits, le gain net peut tomber autour de 70 dinars seulement, selon plusieurs experts.

    Une somme qui, dans le contexte actuel, fond rapidement sous l’effet de la hausse continue des prix.

    Une architecture qui interroge

    Au-delà du montant, le syndicat remet également en cause la conception même de ces augmentations. En n’étant pas intégrées au salaire de base, ces revalorisations n’impactent ni certaines primes, ni plusieurs avantages annexes, limitant mécaniquement leur portée réelle.

    L’UGTT estime ainsi que les agents des offices et entreprises publics se retrouvent avec un salaire de base figé, des charges qui augmentent et des hausses à l’effet limité.

    « Les salaires ne sont pas de simples chiffres »

    Face à cette situation, l’Union générale tunisienne du travail appelle à un retour à un dialogue social « réel et responsable », estimant qu’aucune solution durable ne pourra émerger sans une révision du salaire de base.

    « Les salaires ne sont pas des chiffres conjoncturels, mais le fondement de la justice sociale et de la stabilité », martèle l’organisation dans son communiqué.

    Reste une réalité que ni les décrets ni les montants affichés ne peuvent masquer : dans un contexte d’inflation persistante et de coût de la vie en hausse continue, ces revalorisations peineront, pour beaucoup de salariés du public, à se traduire par une amélioration concrète du quotidien. Entre retenues sociales, fiscalité et flambée des prix, l’augmentation annoncée risque, une fois arrivée dans le portefeuille, de peser bien moins lourd que prévu.

    M.B.Z

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