Les accidents de la route continuent de faire des ravages en Tunisie où 14 accidents mortels sont enregistrés chaque jour. Invitée samedi 9 mai 2026 sur la Radio nationale, Afef Ben Ghnia a tiré la sonnette d’alarme face à l’ampleur d’un phénomène qu’elle qualifie de « catastrophe quotidienne ».
Selon elle, depuis le début de l’année 2026, le pays a déjà dépassé la barre des 400 décès sur les routes, malgré une baisse relative du nombre global d’accidents et de blessés. « Nous parlons de trois à quatre morts par jour. Derrière chaque victime, il y a une famille détruite », a-t-elle déclaré avec émotion, évoquant également les lourdes conséquences sociales, psychologiques et économiques de ces drames.
La présidente de l’association a particulièrement insisté sur la vulnérabilité des jeunes, affirmant qu’environ 50% des victimes des accidents de la route en Tunisie appartiennent à cette catégorie d’âge.
Au-delà des chiffres, Afef Ben Ghnia a dénoncé surtout la banalisation des comportements dangereux sur les routes tunisiennes. Excès de vitesse, usage du téléphone au volant, non-port de la ceinture de sécurité, dépassements dangereux ou encore non-respect des feux de signalisation sont, selon elle, devenus des pratiques courantes.
Elle a décrit des scènes quotidiennes de conduite « irresponsable » sur les grands axes du pays, notamment sur les autoroutes reliant Tunis, Sousse et Sfax, où certains automobilistes roulent à des vitesses excessives et effectuent des manœuvres périlleuses mettant en danger les autres usagers.
Les piétons ne sont pas épargnés par cette critique. La responsable associative a avancé qu’une partie du problème réside également dans le non-respect des règles de circulation par les citoyens eux-mêmes, évoquant des traversées dangereuses malgré les feux rouges ou la non-utilisation des passages piétons.
Face à cette situation, elle a indiqué que les campagnes de sensibilisation, bien qu’importantes, ne suffisent plus. Elle a appelé à une « véritable volonté politique » et à une application plus stricte de la loi. Parmi les solutions avancées figurent le renforcement des contrôles automatisés par caméras, l’alourdissement des sanctions contre les infractions graves et un meilleur aménagement des infrastructures routières.
Selon elle, certaines routes tunisiennes ne sont pas adaptées aux vitesses pratiquées par les conducteurs. Dans plusieurs régions de l’intérieur du pays, l’état dégradé des routes combiné aux excès de vitesse favorise des accidents particulièrement meurtriers.
Afef Ben Ghnia a conclu en lançant un appel aux autorités pour transformer les recommandations en mesures concrètes. « Ce n’est plus un simple problème de circulation. C’est une urgence nationale », a-t-elle averti, estimant qu’en l’absence de décisions fermes, le bilan humain continuera de s’alourdir sur les routes tunisiennes.
N.J










