Une publication alarmante largement relayée sur les réseaux sociaux affirme que l’Organisation mondiale de la santé aurait « confirmé 149 nouveaux cas de hantavirus », en soulignant que ce virus présenterait un taux de mortalité de 40 %, contre seulement 1 % pour la Covid-19. Diffusé sous le ton de l’urgence, le message a rapidement suscité la peur parmi les internautes, certains redoutant le retour d’un scénario similaire à celui de la pandémie de Covid-19, avec de possibles confinements et une nouvelle crise sanitaire mondiale.
La publication a provoqué une vague de réactions inquiètes, notamment parce qu’elle est apparue dans un contexte déjà marqué par une forte médiatisation du hantavirus. Plusieurs informations ont circulé concernant des décès signalés à bord d’un bateau de croisière, alimentant les spéculations autour d’une possible propagation inquiétante du virus. L’annonce par la France d’un premier cas de hantavirus a également renforcé les craintes de nombreux internautes, favorisant la diffusion de contenus alarmistes et souvent trompeurs.


Face à cette situation, nous avons vérifié les déclarations officielles de l’Organisation mondiale de la santé ainsi que les informations communiquées lors de sa conférence de presse tenue vendredi dernier.
Nos recherches montrent que l’affirmation selon laquelle l’Organisation mondiale de la santé aurait confirmé « 149 nouveaux cas » de hantavirus est fausse. Aucun communiqué officiel de l’organisation ne mentionne un tel chiffre ni ne parle d’une flambée mondiale comparable à celle de la Covid-19. Plusieurs plateformes spécialisées dans la vérification des rumeurs ont également démenti cette publication, estimant qu’elle contribue à diffuser la peur et la panique sans preuves.
Lors de sa conférence de presse vendredi 8 mai 2026, l’Organisation mondiale de la santé a au contraire cherché à rassurer le public sur le niveau réel du risque sanitaire. Le porte-parole de l’organisation, Christian Lindmeier, a déclaré que le risque de propagation mondiale du hantavirus restait « très faible ». Il a précisé qu’il s’agit certes d’un virus potentiellement grave pour les personnes infectées, mais que le danger pour la population générale demeure limité.
Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, avait lui aussi affirmé auparavant qu’il ne considérait pas la situation actuelle comme comparable aux débuts de la pandémie de Covid-19. Selon lui, le risque pour le reste du monde reste faible à ce stade.
Les informations publiées par l’Organisation mondiale de la santé rappellent également que le hantavirus n’est pas un nouveau virus apparu récemment. Il s’agit d’une famille de virus transportés principalement par certains rongeurs infectés. La contamination humaine survient généralement après l’inhalation de particules provenant de l’urine, des excréments ou de la salive de rongeurs contaminés.
L’organisation explique que les hantavirus peuvent provoquer différentes formes de maladies selon les régions du monde. Dans les Amériques, certaines souches peuvent entraîner un syndrome cardio-pulmonaire sévère pouvant présenter un taux de mortalité élevé. En Europe et en Asie, les infections provoquent principalement une fièvre hémorragique touchant les reins et les vaisseaux sanguins.
Toutefois, l’Organisation mondiale de la santé souligne également que les infections humaines restent relativement rares à l’échelle mondiale. Des milliers de cas sont recensés chaque année principalement en Asie et en Europe, tandis que les Amériques enregistrent seulement quelques centaines de cas annuels.
Contrairement à la Covid-19, la transmission entre êtres humains demeure extrêmement limitée. L’Organisation mondiale de la santé indique qu’une transmission interhumaine n’a été documentée que pour une souche particulière appelée « virus Andes », observée en Amérique du Sud dans des situations de contacts étroits et prolongés. Dans la majorité des cas, le virus se transmet uniquement à partir des rongeurs infectés.
Ainsi, les affirmations virales relayées sur les réseaux sociaux déforment les déclarations officielles de l’Organisation mondiale de la santé. Aucun organisme international n’a annoncé l’existence de « 149 nouveaux cas mondiaux » ni évoqué une situation comparable au début de la pandémie de Covid-19.
R.A.












