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Récolte céréalière 2026 : 70% des cultures sont très bonnes, « une véritable réussite nationale » en matière de sécurité alimentaire

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Par Nadya Jennene

    À l’approche du lancement de la saison des moissons, l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche affiche un optimisme rare après plusieurs années marquées par la sécheresse et les difficultés climatiques. Invité sur Express FM lundi 11 mai 2026, le membre du bureau exécutif de l’organisation, Hamadi Boubakri, a estimé que la campagne céréalière actuelle pourrait figurer parmi les meilleures de ces dernières années, grâce à une pluviométrie abondante et bien répartie sur l’ensemble de la saison agricole.

    Selon lui, les superficies emblavées atteignent cette année environ 834.000 hectares dans le nord du pays et 157.000 hectares dans le centre. Citant les dernières statistiques du ministère de l’Agriculture, il a indiqué que 70% des cultures céréalières seraient très bonnes, 25% moyennes et seulement 5% inférieures à la moyenne.

    Hamadi Boubakri a affirmé que l’ensemble des acteurs du secteur se préparaient activement au démarrage de la récolte. « Nous espérons une saison prometteuse », a-t-il déclaré, soulignant qu’une bonne campagne céréalière permettrait à la fois de soulager les agriculteurs et de réduire la dépendance de la Tunisie aux importations de céréales. « Chaque quintal produit localement allège la charge pesant sur les finances publiques », a-t-il insisté.

    Le responsable agricole a rappelé que les agriculteurs ont fourni d’importants efforts tout au long de la saison malgré plusieurs difficultés, notamment les perturbations enregistrées au début de la campagne concernant l’approvisionnement en engrais chimiques. Il a toutefois estimé que les précipitations abondantes avaient largement compensé ces difficultés et favorisé une croissance satisfaisante des cultures.

    Selon les estimations avancées par le ministère de l’Agriculture, la récolte pourrait atteindre près de 20 millions de quintaux. Hamadi Boubakri a même exprimé l’espoir de dépasser ce seuil, estimant qu’un tel résultat constituerait « une véritable réussite nationale » en matière de sécurité alimentaire.

    Le membre du bureau exécutif de l’Utap a également mis en avant la mobilisation des structures régionales et nationales pour assurer le bon déroulement de la saison des moissons. Il a évoqué le travail des commissions régionales supervisées par les gouverneurs, les délégations agricoles, les centres de collecte ainsi que les efforts de la Banque nationale agricole pour accélérer les paiements destinés aux producteurs.

    Comme chaque année, la question du stockage demeure toutefois une préoccupation majeure. Hamadi Boubakri a indiqué avoir reçu des assurances selon lesquelles l’Office des céréales serait pleinement prêt à collecter, stocker et transférer les récoltes entre les différents centres. Il a notamment évoqué l’acquisition de nouveaux entrepôts destinés au stockage des céréales.

    Le responsable agricole a également insisté sur l’importance stratégique de la production céréalière dans un contexte international instable, marqué notamment par les répercussions de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, deux acteurs majeurs du marché mondial des céréales.

    Interrogé sur la capacité de la Tunisie à réduire ses importations, Hamadi Boubakri a expliqué que le pays pourrait atteindre l’autosuffisance en blé dur si les prévisions actuelles se confirment. Selon lui, la Tunisie a besoin de 12 à 15 millions de quintaux de blé dur pour couvrir ses besoins annuels. En revanche, il a reconnu que la dépendance aux importations resterait forte pour le blé tendre destiné à la farine et au pain.

    Il a néanmoins souligné une progression notable des superficies consacrées au blé tendre, passées de 23.000 hectares l’an dernier à près de 49.000 hectares cette saison. Une évolution qu’il considère encourageante après plusieurs années de sécheresse ayant fortement affecté les semences et la production.

    Hamadi Boubakri a par ailleurs insisté sur la hausse importante des coûts de production agricole. Il a évoqué l’augmentation des prix des produits phytosanitaires et des traitements contre les maladies fongiques et les mauvaises herbes, précisant que certains pesticides atteignent désormais entre 250 et 270 dinars le litre. Selon lui, plusieurs agriculteurs ont dû multiplier les traitements cette année en raison des fortes pluies et du développement important des herbes parasites.

    Face à cette hausse des charges, l’Utap réclame une révision à la hausse des prix d’achat des céréales afin de préserver la rentabilité des exploitations agricoles. « Lorsque l’agriculteur gagne sa vie, il continue à produire. Et lorsqu’il produit, c’est toute l’économie nationale qui en bénéficie », a-t-il déclaré.

    Le responsable a également alerté sur l’état dégradé des pistes agricoles, particulièrement affectées par les pluies abondantes. Il a appelé les autorités régionales à accélérer les travaux d’aménagement des routes rurales afin de faciliter le transport des récoltes vers les centres de collecte. « Ces pistes sont les véritables artères de la production agricole », a-t-il insisté.

    Hamadi Boubakri a en outre évoqué la nécessité de renforcer les cultures irriguées afin d’assurer un meilleur approvisionnement du marché local en légumes et produits agricoles. Il a estimé que la flambée récente des prix de certains produits, notamment les piments et les tomates, résultait directement de l’insuffisance des superficies irriguées exploitées.

    N.J

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