Un nouveau drame impliquant un détenu tunisien en Italie a suscité une vive émotion sur les réseaux sociaux et relancé le débat sur les conditions de détention des ressortissants étrangers dans les prisons italiennes. Dans une publication diffusée mardi 13 mai 2026, l’ancien député Majdi Karbai a annoncé le décès d’un prisonnier tunisien âgé de 45 ans à la prison de Casa di Reclusione di Spoleto, située dans la région italienne Ombrie.
Sans préciser les circonstances exactes de la mort du détenu, l’ancien parlementaire a dénoncé ce qu’il qualifie de « nouvelle tragédie dans le silence des prisons italiennes », estimant que chaque décès derrière les barreaux révèle « un système entier de défaillances », marqué selon lui par l’absence d’écoute, la négligence institutionnelle et le manque d’accompagnement humain.
Dans son message, Majdi Karbai s’est appuyé sur des données fournies, selon ses propos, par le ministère italien de la Justice. Il a affirmé qu’environ 2292 détenus tunisiens ainsi que 13 détenues tunisiennes se trouvaient actuellement dans les établissements pénitentiaires italiens. Les Tunisiens figureraient ainsi parmi les principales nationalités étrangères incarcérées en Italie, occupant la deuxième place au sein de la population carcérale étrangère du pays.
Estimant que cette réalité impose une réflexion approfondie sur les conditions sociales, psychologiques et juridiques auxquelles sont confrontés ces détenus, souvent plongés dans une forme d’invisibilité institutionnelle, il a évoqué les difficultés liées à l’isolement linguistique et à l’éloignement familial.
Dans sa publication, il a dressé également un constat sévère de la situation pénitentiaire italienne, évoquant une « crise structurelle » marquée par la surpopulation carcérale, l’insuffisance du suivi psychiatrique, le manque de médiation culturelle et l’absence de véritables mécanismes de réinsertion. Selon lui, ces facteurs contribueraient à accentuer la vulnérabilité des détenus étrangers, en particulier des ressortissants tunisiens.
Dans ce sens, il a pointé également du doigt ce qu’il considère comme un effacement de la diplomatie tunisienne en Italie, notant que l’ambassade de Tunisie en Italie est restée plusieurs mois sans ambassadeur, alors même que l’Italie accueille une importante communauté tunisienne confrontée, selon lui, à des situations de précarité, de marginalisation et parfois de détention.
L’ancien parlementaire a appelé ainsi à une remise en question plus large des politiques de prise en charge des détenus tunisiens à l’étranger et des mécanismes de protection consulaire soulignant que la multiplication des décès et des drames humains dans les prisons ne peuvent être réduits à de simples faits divers isolés, mais doivent conduire à une réflexion de fond sur les responsabilités institutionnelles, tant du côté italien que tunisien.

N.J










