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Violences au travail : le gouvernement prépare une révision du Code du travail

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Par Myriam Ben Zineb

    La Tunisie veut adapter son arsenal social aux réalités d’un monde du travail en pleine mutation. Entre digitalisation, nouvelles formes d’emploi et montée des risques psychosociaux, le gouvernement a annoncé l’ouverture d’un chantier de révision de plusieurs dispositions du Code du travail, avec en ligne de mire une meilleure protection des travailleurs et des espaces professionnels exempts de violence et de harcèlement.

    C’est ce qu’a annoncé jeudi 14 mai 2026 le ministre des Affaires sociales, Issam Lahmar, à l’ouverture de l’atelier « Pour un espace de travail sans violence ni harcèlement », organisé les 13 et 14 mai par le ministère en partenariat avec UN Women, dans le cadre du projet « Dialogue social responsable et inclusif pour une cohésion sociale durable en Tunisie ».

    Un monde du travail qui change… et une loi appelée à suivre

    Dans son intervention, le ministre a reconnu que les lieux de travail n’ont plus grand-chose à voir avec ceux d’il y a vingt ou trente ans. Numérisation, nouvelles méthodes de production, pression économique croissante, essor du travail digital et multiplication des formes d’emploi atypiques ont profondément transformé les rapports professionnels.

    Face à ces bouleversements, a-t-il expliqué, la Tunisie a engagé une révision de plusieurs articles du Code du travail afin de mieux accompagner ces mutations et de consolider davantage les principes du travail décent.

    Mais derrière les opportunités offertes par ces transformations, de nouveaux déséquilibres ont aussi émergé : précarité, pression psychologique, fragilisation des relations professionnelles ou encore exposition accrue à différentes formes de violence et de harcèlement.

    « La dignité au travail n’est pas négociable »

    Pour Issam Lahmar, protéger la dignité humaine au sein des espaces professionnels n’est pas une option, mais un choix national.

    Le ministre a insisté sur le fait que le lieu de travail est l’espace où chacun passe une grande partie de sa vie, ce qui impose de penser l’entreprise et l’administration non seulement comme des espaces de production, mais aussi comme des environnements où doivent prévaloir sécurité, respect et équilibre.

    Il a également défendu une approche plus moderne de la protection des salariés, fondée non plus uniquement sur la sanction après les faits, mais sur la prévention, l’anticipation et la gestion des risques psychosociaux en amont.

    La convention 190 comme référence

    Le ministre a aussi rappelé l’importance de la convention 190 de l’OIT, adoptée en 2019, première convention internationale reconnaissant à chaque personne le droit d’évoluer dans un environnement professionnel exempt de violence et de harcèlement.

    Florence Basty, représentante du bureau Tunisie-Libye de UN Women, a pour sa part salué la volonté commune de protéger la dignité des travailleurs et de lutter contre toutes les formes de violence et de harcèlement dans les espaces professionnels.

    Des ateliers pour passer de la théorie à l’action

    Les travaux portent notamment sur la convention 190, les concepts et définitions qu’elle introduit, l’évaluation du dispositif tunisien, l’étude d’expériences comparées ainsi que la prévention et la gestion institutionnelle des risques psychosociaux.

    Ce programme est soutenu par le Fonds des Nations unies pour la consolidation de la paix, en partenariat avec l’Organisation internationale du travail et UN Women.

    M.B.Z

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