La Tunisie a été appelée à se prononcer sur une opération de concentration économique impliquant deux sociétés actives dans la distribution d’équipements industriels et agricoles en Afrique, un dossier qui illustre la montée en puissance des mécanismes régionaux de contrôle de la concurrence.
Dans un communiqué publié vendredi 15 mai 2026, le ministère du Commerce et du Développement des exportations a annoncé avoir été informé par la Commission de la concurrence et de la protection du consommateur du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (Comesa) d’une opération entre les sociétés Tractafric Equipment International GBL et Bartrac Equipment GBL.
L’opération, notifiée à la Commission du Comesa le 7 mai 2026 sous la référence CCC/MER/04/14/2026, porte sur une prise de contrôle de la société Bartrac Equipment GBL par Tractafric Equipment International GBL.
Ce type de dossier met surtout en lumière les enjeux économiques liés à la consolidation progressive des grands réseaux africains de distribution d’équipements spécialisés.
Un contrôle régional des grandes opérations
Depuis son adhésion au Comesa, la Tunisie participe aux mécanismes régionaux de surveillance de la concurrence lorsqu’une opération concerne plusieurs marchés du bloc africain.
Le principe est qu’une fusion, une acquisition ou une prise de contrôle susceptible d’avoir des effets dans plusieurs pays membres peut être examinée à l’échelle régionale afin d’évaluer ses conséquences sur la concurrence et la protection des consommateurs.
Dans ce cadre, les autorités tunisiennes sont appelées à recueillir les observations des opérateurs locaux susceptibles d’être concernés par cette opération.
Le ministère du Commerce invite ainsi les structures professionnelles, les entreprises et les acteurs économiques à transmettre toute information pouvant aider à mesurer les effets potentiels de cette concentration sur le marché tunisien.
Des secteurs stratégiques concernés
Le dossier revêt un intérêt particulier dans la mesure où les deux groupes opèrent dans des secteurs directement liés à l’investissement et aux grands projets économiques.
Selon le ministère, les entreprises concernées sont notamment actives dans la distribution d’équipements destinés à l’agriculture, à l’industrie, aux mines, à l’électricité ainsi qu’au bâtiment et aux travaux publics, tout en représentant différentes marques internationales.
L’enjeu pour les autorités de concurrence est donc de déterminer si ce rapprochement pourrait réduire la concurrence sur certains segments, renforcer une position dominante ou modifier l’équilibre du marché dans certains pays membres, dont la Tunisie.
Une procédure préventive, pas une sanction
Le ministère souligne toutefois, à travers cette procédure, qu’il ne s’agit ni d’une enquête judiciaire ni d’une sanction.
Cette étape relève plutôt des mécanismes préventifs classiques du droit de la concurrence, à travers lesquels les autorités compétentes consultent les marchés concernés avant d’autoriser une opération de concentration économique.
Les acteurs intéressés ont jusqu’au mardi 19 mai 2026 pour transmettre leurs observations aux services de la Direction générale de la concurrence et des recherches économiques relevant du ministère du Commerce.
I.N.










