Des couffins vides brandis au-dessus de la foule, des slogans scandés d’une seule voix et une colère qui mêle urgence sociale et défense des libertés. Ce samedi 16 mai 2026, plusieurs dizaines de jeunes ont investi les rues du centre de Tunis pour une manifestation citoyenne organisée sous un thème aussi percutant que politique : « Le peuple a faim et les prisons sont repues. »
Derrière cette formule, un double message. D’un côté, la dénonciation d’un quotidien devenu de plus en plus lourd pour de nombreux Tunisiens, entre flambée des prix, érosion du pouvoir d’achat et précarité grandissante. De l’autre, une allusion assumée à la situation politique actuelle, marquée par l’emprisonnement de plusieurs figures de l’opposition, de militants des droits humains, d’avocats, de journalistes et de personnalités de la société civile.
Au fil de la marche, les slogans fusent et se répandent dans les rues de la capitale : « La pauvreté augmente, la faim augmente, le peuple est opprimé », « Emploi, liberté, dignité », ou encore « Le peuple veut vivre dignement ». Entre coups de sifflet, applaudissements et chants repris en chœur, l’ambiance oscille entre colère sociale et détermination politique.
Les couffins vides, portés à bout de bras par plusieurs manifestants, deviennent rapidement l’image la plus forte de la mobilisation. Un symbole simple mais puissant, destiné à illustrer, selon les participants, un panier du citoyen qui se vide à mesure que le coût de la vie s’alourdit.
D’autres pancartes rappellent que les revendications dépassent la seule question économique. Certaines réclament la liberté d’expression, une presse libre, le respect des droits et un avenir digne pour la jeunesse, dans un climat où les questions liées aux libertés publiques occupent une place croissante dans le débat national.
Sur place, les organisateurs insistent toutefois sur un point : aucune bannière partisane, aucun mot d’ordre dicté par une formation politique. Les jeunes présents revendiquent une initiative citoyenne, indépendante et sans affiliation politique, portée, disent-ils, par un malaise partagé face à la dégradation des conditions de vie et aux inquiétudes croissantes autour des libertés.
Étudiants, jeunes actifs, diplômés sans emploi, militants associatifs et simples citoyens avancent ainsi côte à côte, sans drapeaux ni couleurs partisanes. Au fil de cette marche, les jeunes présents ont voulu porter un message clair : en Tunisie, la bataille pour la dignité passe aujourd’hui autant par le droit de vivre décemment que par le droit de s’exprimer librement.
M.B.Z










