Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Tunisie : croissance à 2,6%, encourageant, mais encore insuffisant, prévient Moez Hadidane

Article réservé aux abonnés

Écouter cet article

0:00 0:00

Par Myriam Ben Zineb

    Au lendemain de la publication des nouveaux indicateurs de croissance et d’emploi par l’Institut national de la statistique, l’analyste financier Moez Hadidane a livré, vendredi 15 mai 2026, sur Express FM, une lecture détaillée de ces chiffres, saluant des résultats « globalement positifs », tout en appelant à la prudence face à une reprise qu’il juge encore vulnérable.

    Selon les données publiées par l’INS, l’économie tunisienne a enregistré une croissance de 2,6% au premier trimestre 2026 en comparaison avec la même période de 2025. Un résultat supérieur à celui observé un an plus tôt, mais encore inférieur à l’objectif de 3,2% retenu dans la Loi de finances.

    « Les 2,6% constituent un niveau moyen, encourageant certes, mais qui reste en dessous de l’hypothèse budgétaire pour l’ensemble de l’année », a expliqué Moez Hadidane.

    Si la comparaison annuelle demeure positive, les chiffres révèlent toutefois un essoufflement en rythme trimestriel : corrigé des variations saisonnières, le produit intérieur brut a reculé de 0,3% par rapport au quatrième trimestre 2025, après une hausse de 1% en fin d’année dernière.

    L’agriculture confirme son retour comme moteur de croissance

    Pour l’analyste, la principale locomotive reste le secteur agricole, dont la valeur ajoutée a progressé de 6,8%.

    Selon lui, il s’agit même d’une performance rare : pour la troisième année consécutive, le secteur affiche une croissance supérieure à 5%.

    « Aujourd’hui, l’agriculture n’est plus simplement un secteur conjoncturel. Elle est devenue un véritable moteur de croissance », a-t-il souligné.

    À elle seule, l’agriculture a contribué à hauteur de 0,61 point à la croissance globale du PIB.

    Industrie et services soutiennent l’activité

    L’industrie a, elle aussi, affiché des signaux encourageants, avec une progression globale de 2,6%.

    Les industries manufacturières ont enregistré une hausse de 3,1%, portées notamment par l’agroalimentaire (+15,1%) et les industries mécaniques et électriques (+4,3%).

    « Pour la première fois, l’agroalimentaire apparaît comme l’un des principaux moteurs industriels, directement soutenu par la bonne campagne agricole », a relevé Moez Hadidane.

    Le secteur des services demeure toutefois le premier contributeur à la croissance, avec un apport de 1,38 point.

    L’hôtellerie, la restauration et les cafés ont progressé de 4%, les technologies de l’information et de la communication de 4,1%, tandis que le transport a enregistré une hausse de 1,7%.

    Le bâtiment reste le principal point noir

    À l’inverse, le bâtiment continue de décrocher.

    Selon l’INS, la valeur ajoutée du secteur a chuté de 7,1% au premier trimestre.

    « C’est un signal préoccupant. Après avoir retrouvé une légère croissance en 2025, le secteur replonge fortement », a commenté l’analyste.

    Une demande intérieure solide, mais des déséquilibres extérieurs persistants

    Les chiffres de l’INS montrent également que la demande intérieure a progressé de 5,2%, contribuant positivement à hauteur de 5,64 points à la croissance.

    En revanche, les échanges extérieurs continuent de peser lourdement sur l’activité, avec une contribution négative de 3,08 points.

    Les exportations ont progressé de 4,2%, contre une hausse de 9,3% des importations.

    « Cela montre que la croissance tunisienne reste encore dépendante des achats extérieurs et que les déséquilibres persistent », a estimé Moez Hadidane.

    Chômage : une légère amélioration, mais des fragilités demeurent

    Sur le front de l’emploi, le taux de chômage a légèrement reculé, passant de 15,2% à 15%.

    Selon Moez Hadidane, cette amélioration s’explique par la création nette de 16.500 emplois et une baisse de 3.500 du nombre de demandeurs d’emploi.

    Mais derrière cette amélioration globale, plusieurs fragilités persistent.

    Le chômage des jeunes de 15 à 24 ans reste élevé à 37,5%, tandis que celui des diplômés de l’enseignement supérieur continue de progresser, passant de 22,5% à 24,2%.

    « C’est probablement le signal le plus préoccupant de cette publication », a conclu l’analyste.

    M.B.Z

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Contenus Sponsorisés

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *