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Aïd : alerte aux moutons « instagrammables » vendus sur Facebook et Instagram

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Par Myriam Ben Zineb

    À quelques jours de l’Aïd el Kebir , le président du Syndicat des agriculteurs de Tunisie (Synagri), Midani Dhaoui, a lancé un appel à la vigilance face à la multiplication des ventes de moutons via les réseaux sociaux. Lors de son intervention lundi 18 mai 2026 sur Mosaïque FM, il a exhorté les consommateurs à privilégier les circuits traditionnels et à éviter les achats impulsifs dictés par l’apparence des bêtes ou par des offres trop alléchantes publiées sur Facebook ou Instagram.

    Dès le début de son intervention, Midani Dhaoui a été catégorique : « N’achetez pas votre mouton sur Facebook ». Selon lui, les plateformes sociales sont devenues un terrain propice aux abus, avec des annonces affichant des photos attractives et des prix parfois trompeurs, susceptibles de piéger des consommateurs déjà fragilisés par la baisse du pouvoir d’achat.

    « Le vrai repère, ce sont les marchés hebdomadaires »

    Pour le responsable syndical, le seul cadre permettant une transaction équitable reste les marchés hebdomadaires, présents dans l’ensemble des gouvernorats. « C’est là que le marché fixe réellement les prix », a-t-il insisté, expliquant que ces espaces permettent au consommateur de comparer, négocier et acheter sur la base de critères objectifs, loin des transactions individuelles où l’acheteur peut facilement être influencé.

    Midani Dhaoui a notamment dénoncé certaines pratiques observées sur les circuits parallèles, où des vendeurs peuvent, selon lui, proposer des moutons à des prix largement supérieurs à leur valeur réelle, allant parfois jusqu’à facturer le kilo à 100, voire 120 dinars.

    Un prix de référence autour de 60 dinars le kilo

    Le président du Synagri a rappelé que le prix de référence du kilo de viande sur pied tourne actuellement autour de 55 à 60 dinars. « Même le boucher achète à ce prix pour pouvoir ensuite réaliser sa marge », a-t-il expliqué, estimant qu’un dépassement de quelques dinars peut se justifier selon certains critères, mais que les prix excessifs observés sur certains circuits relèvent d’une mauvaise pratique commerciale.

    « Un mouton ne grossit pas avec de l’herbe »

    Au-delà des prix, Midani Dhaoui a également tenu à déconstruire certaines idées reçues sur l’élevage ovin. Il a rappelé qu’un mouton destiné à l’Aïd représente plusieurs mois de travail et d’investissement pour l’éleveur, entre la gestation, l’élevage et la phase d’engraissement.

    « Un mouton de viande ne grossit pas avec de l’herbe ou des légumes, mais avec des aliments composés et des céréales », a-t-il expliqué, soulignant que la hausse du coût des intrants pèse directement sur les éleveurs.

    Acheter avec raison, pas avec émotion

    Enfin, Midani Dhaoui a appelé les familles tunisiennes à ne pas se laisser séduire uniquement par l’apparence de l’animal, qu’il s’agisse de ses cornes, de sa laine ou de son allure générale. Selon lui, le véritable critère reste le poids et le rendement en viande.

    « Il faut acheter avec raison, pas avec émotion », a-t-il martelé, assurant que l’offre existe cette année et qu’aucune pénurie n’est à craindre, à condition que les achats se fassent dans des circuits organisés et transparents.

    M.B.Z

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