Les structures syndicales du secteur privé relevant de l’Union régionale du travail de Sfax ont annoncé, dans un communiqué publié samedi 16 mai 2026, le principe d’une grève générale dans le secteur privé dans la région. Réunies au siège de l’Union régionale du travail à Sfax en présence du bureau exécutif régional et du secrétaire général adjoint chargé du secteur privé, Tayeb Bhiri, ainsi que du secrétaire général adjoint chargé de la protection sociale et du secteur non structuré, Bilel Salmi, elles ont dénoncé ce qu’elles qualifient de « décisions unilatérales » du gouvernement concernant les augmentations salariales pour les années 2026, 2027 et 2028.
Selon le communiqué, l’annonce gouvernementale d’une hausse des salaires de 5% pour les années 2026, 2027 et 2028 a été faite sans concertation avec l’UGTT ni avec l’organisation patronale. Les signataires soulignent également qu’aucune augmentation n’a été accordée au titre de l’année 2025, estimant qu’il s’agit d’une atteinte au droit à la négociation collective ainsi qu’aux acquis sociaux consacrés par la Constitution tunisienne et les conventions internationales.
Un climat social jugé tendu
Les structures syndicales considèrent que cette situation intervient dans un contexte national marqué, selon elles, par « le ciblage systématique de l’UGTT », le rétrécissement de l’espace syndical et associatif ainsi que des pressions croissantes sur les composantes de la société civile indépendante.
Le communiqué évoque également une dégradation continue du pouvoir d’achat des salariés du secteur privé, en raison de la hausse des prix, des pénuries répétées de produits alimentaires de base et de l’insuffisance des augmentations salariales annoncées. Les représentants syndicaux estiment que ces augmentations « unilatérales » ne reposent pas sur des indicateurs économiques et financiers réels et ne permettent pas de préserver le pouvoir d’achat des travailleurs.
Reprise des négociations réclamée
Dans ce contexte, les structures syndicales réclament la reprise urgente des négociations sociales dans leurs volets financier et réglementaire pour les années 2025, 2026 et 2027. Elles demandent également l’accélération de la publication des avenants modificatifs relatifs aux conventions sectorielles, tout en insistant sur l’intégration des augmentations dans le salaire de base afin de garantir un impact réel et durable sur les revenus des salariés.
Le communiqué appelle aussi à la levée du gel du Conseil supérieur du dialogue social, qualifié d’acquis majeur du contrat social, ainsi qu’à la réactivation des mécanismes de conciliation et d’arbitrage suspendus depuis août 2025. Les signataires exhortent le ministère des Affaires sociales à accélérer la remise en marche de ces mécanismes afin d’éviter une détérioration du climat social.
Une grève générale en préparation
Face à ce qu’elles qualifient de « politique du fait accompli » et à l’impasse du dialogue, les structures syndicales ont annoncé l’adoption officielle du principe d’une grève générale dans le secteur privé à Sfax. Elles précisent que les fédérations et structures sectorielles fixeront ultérieurement la date et les modalités du mouvement en coordination avec le bureau exécutif régional de l’UGTT.
Les signataires ont également salué les secteurs, régions et syndicats ayant obtenu des augmentations salariales supérieures grâce au dialogue et aux négociations, estimant que le dialogue social reste la meilleure voie pour garantir les droits des travailleurs tout en préservant les intérêts des entreprises.
I.N.











Commentaire
Gg
5% par an pendant 3 ans, sans augmentation de la richesse produite est impossible.
Cela va seulement créer de l’inflation.