À une semaine de l’Aïd El Kebir, la question des prix et de la disponibilité des moutons continue d’alimenter les débats en Tunisie. Invité mardi 19 mai 2026 sur Jawhara FM, Anis Zaïem, chargé de la gestion de l’Office de l’élevage et des pâturages, a tenu à répondre aux critiques formulées autour des points de vente organisés « du producteur au consommateur », notamment celui de Essaïda.
Réagissant aux déclarations du président de l’Organisation tunisienne pour informer le consommateur, qui avait affirmé que seulement une cinquantaine de moutons avaient été proposés à la vente lundi sur le site en question, Anis Zaïem a contesté ces chiffres. Selon lui, près de 200 têtes ovines ont été commercialisées sur ce point de vente au cours de la journée de lundi, grâce à une coordination entre l’Office de l’élevage, des unités coopératives agricoles et plusieurs éleveurs.
Le responsable a toutefois reconnu un décalage entre l’offre et la forte demande enregistrée ces derniers jours. « La demande dépasse actuellement les capacités disponibles », a-t-il admis, tout en assurant qu’un renforcement progressif de l’approvisionnement est en cours. Ainsi, environ 300 moutons devraient être injectés dans le circuit de vente dès mardi.
Au cours de son intervention, Anis Zaïem a insisté sur la philosophie de ces espaces de vente directe, qui reposent sur un système de commercialisation au poids, destiné à garantir davantage de transparence au consommateur. Il a rappelé que cette méthode avait été progressivement instaurée depuis plusieurs années par le Groupement interprofessionnel des viandes rouges et du lait, en collaboration avec les autorités agricoles.
Les prix pratiqués varient selon le poids de l’animal. Les moutons de moins de 45 kilogrammes sont proposés à 27 dinars le kilo, ceux compris entre 45 et 65 kilogrammes à 25,8 dinars, tandis que les bêtes dépassant 65 kilogrammes sont vendues à 23,8 dinars le kilo. Selon Anis Zaïem, ces tarifs restent nettement inférieurs aux prix observés sur le marché parallèle, ce qui expliquerait la forte affluence enregistrée dans les points de vente organisés.
Le responsable a également tenu à réfuter les accusations de spéculation ou de revente illicite. Il a expliqué que l’ensemble du processus était encadré par les services de l’État : présence des services vétérinaires, contrôle des balances par les agents du ministère du Commerce, sécurisation des lieux par les forces de l’ordre et vente conditionnée par la présentation d’une carte d’identité nationale. Chaque transaction donne lieu à un reçu et à un bon de pesée permettant d’assurer la traçabilité des opérations.
« L’objectif principal est que le citoyen sache exactement ce qu’il achète, à quel prix et selon quel poids », a-t-il déclaré, affirmant que ces mécanismes visent précisément à empêcher les intermédiaires et les spéculateurs de détourner les moutons pour les revendre plus cher ailleurs.
Anis Zaïem a par ailleurs lancé un appel aux éleveurs de toutes les régions du pays afin qu’ils rejoignent ces circuits de vente encadrés. Il a souligné que les participants bénéficient gratuitement de plusieurs services logistiques, notamment des espaces de vente sécurisés, de la surveillance, ainsi que de l’alimentation animale pendant toute la durée de leur présence sur les sites.
Plusieurs points de vente similaires devraient ainsi être ouverts dans différentes régions, notamment à Sousse, dans le cadre d’une coordination entre les structures agricoles régionales, les unités de production et les autorités publiques.
N.J










