La grève des avocats observée mardi 19 mai 2026 dans les tribunaux du Grand-Tunis, de Nabeul et de Zaghouan n’a pratiquement pas été relayée par la presse écrite nationale. Pas davantage que le rassemblement ayant réuni des centaines d’avocats devant le palais de justice de Bab Bnet à Tunis.
À la lecture des principaux quotidiens nationaux, publics et privés, seul le quotidien arabophone Al Maghreb a couvert l’événement, en lui consacrant une pleine page et un appel à la une.
Les journaux privés Al Chourouk et Le Quotidien ont choisi de ne pas évoquer le sujet, tout comme les journaux publics La Presse, Assabah et Le Temps. Même pas une brève à l’intérieur des journaux.
Pourtant, la mobilisation était loin d’être anodine. La grève a fortement perturbé le fonctionnement des tribunaux concernés et intervient dans un contexte de tension croissante entre les avocats et le pouvoir autour des arrestations récentes et des poursuites engagées contre plusieurs figures du barreau.
Contrairement à ce qu’a annoncé le ministère de la Justice la veille de la grève, les justiciables n’ont pas réellement « recouvré leurs droits » grâce au fonctionnement normal des tribunaux. Dans plusieurs juridictions, les magistrats ont maintenu les audiences et refusé le report des affaires malgré l’absence des avocats, privant de fait de nombreux justiciables de leur défense.
En tout état de cause, une large partie de la presse nationale a préféré faire l’impasse sur un mouvement touchant l’une des plus importantes corporations du pays.
R.B.H.













