L’organisation Avocats sans frontières (ASF) en Tunisie a annoncé, mercredi 20 mai 2026, la reprise officielle de ses activités, après avoir été informée du retrait des mesures de suspension qui la visaient.
Dans un communiqué publié mercredi, l’ONG indique avoir reçu une notification du chargé général du contentieux de l’État l’informant du retour sur la décision de suspension de son activité. Elle précise que cette reprise prend effet à compter du 20 mai.
Retour sur une suspension vivement dénoncée
Le 5 mai 2026, ASF avait annoncé avoir reçu une décision de suspension de ses activités, dénonçant une mesure qu’elle considérait comme une atteinte injustifiée à la liberté d’action de la société civile.
L’organisation avait alors estimé que cette décision ciblait les espaces indépendants œuvrant pour l’intérêt général, notamment dans les domaines de la justice, de la solidarité et de l’État de droit. Elle avait également regretté l’absence de transparence dans le processus ayant conduit à cette suspension, tout en annonçant son intention d’engager les recours légaux et judiciaires nécessaires.
Une reprise sous le signe de la continuité
À l’annonce de la levée de cette mesure, Avocats sans frontières a adressé ses remerciements à l’ensemble de ses soutiens, estimant que cet élan de solidarité a illustré la vitalité de la société civile et sa capacité de mobilisation face aux tentatives de restriction de l’action associative.
ASF a également confirmé la reprise de ses activités, notamment celles liées à l’assistance juridique en faveur des personnes les plus vulnérables. Elle réaffirme, dans ce cadre, son attachement à la défense d’un espace civique indépendant ainsi qu’au renforcement des droits humains, de la justice sociale et de l’État de droit.
Un « dégel » dans un climat toujours tendu
La reprise des activités d’Avocats sans frontières intervient au lendemain d’une autre décision similaire ayant suscité de nombreuses réactions dans la société civile. Mardi 19 mai 2026, l’Organisation tunisienne des jeunes médecins (OTJM) a, elle aussi, annoncé la reprise de ses activités après la levée de la suspension d’un mois qui la visait.
Pour autant, ce « dégel » reste très relatif. De nombreuses associations demeurent toujours sous le coup de mesures de suspension, d’enquêtes ou de poursuites judiciaires. C’est notamment le cas de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH), organisation historique du paysage associatif tunisien et figure emblématique de la défense des libertés publiques, qui reste à ce jour frappée par une décision de gel.
Dans ce contexte, plusieurs acteurs associatifs continuent d’alerter sur un rétrécissement de l’espace civique et sur la pression croissante exercée contre les organisations indépendantes actives dans les domaines des droits humains, de la justice sociale et des libertés fondamentales.
M.B.Z













